vendredi 21 décembre 2012

La renaissance du Boogie de la Mansarde


Une vieille application Flash dont le lien avait fini par s'évanouir dans les arborescences spirales et touffues d'un serveur de mon fournisseur d'accès internet. Billet rapide, histoire de la ressusciter.

Programmation en Flash et effets graphiques : Pierre TOSI
Musique : T-REX - I Love To Boggie
Billy Elliot extrait : You Tube

N.B : à l'intention de Caroline, le fichier son est incorporé dans l'application plus lente à afficher car de poids relativement élevé. L'intérêt est d'éviter une mauvaise synchronisation du son due à des connexions lentes ou des serveurs encombrés quand il est appelé en externe.

mardi 4 décembre 2012

The Tree Of Life



Terrence Malick est un réalisateur américain atypique. Il tourne très peu. Cinq longs métrages en une quarantaine d'années. Ses films témoignent d'une ambition manifeste pour le style ample, d’un goût prononcé pour les images métaphysiques, épiques, contemplatives ou picturales, proches de la nature. Ses films sont souvent considérés comme des œuvres majeures du cinéma américain.

Mon avis:

Si vous souhaitez regarder un film d’action "adrénaliné", bourré de rebondissements, où le méchant finit par douiller dans un épilogue riche en cascades spectaculaires et effets spéciaux vous fusillant la rétine. Si vous aimez qu'un film vous explique tout de A à Z et vous laisse sans la moindre question au défilé du générique pour aller engloutir tranquillement votre Big Mac sauce ketchup: " Évitez à tout prix « The Tree of Life »."

Si vous souhaitez vous installer confortablement dans un fauteuil, sinon avec à vos cotés un bon bagage cinématographique gonflant votre attaché-case, tout du moins avec le goût de découvrir un film de cinéma d’auteur qui s’affranchit des codes et vous invite au voyage spatio-temporel, à l’onirisme, au questionnement sur le sens de la vie et de la mort, à l'irruption d'instants magiques : « Allez-y. ».

Même sans cette ambition, si vous aimez la nature, les images somptueuses et croyez vaguement aux instants de grâce: "Profitez sans état d’âme du spectacle, des émotions et des impressions troublantes qui risquent de vous envahir à bien des détours d’un voyage sans linéarité."
Ce film n’a pas la volonté de vous fourrer dans le crâne un message transcendantal insidieux ou prosélyte. Les questions que posent les personnages sont celles de l'époque et du milieu auxquels ils appartiennent. Quant à savoir si elles sont proches de celles du réalisateur, c'est une tout autre affaire.

Alors, je répète - je tiens à être parfaitement clair - si vous voulez mater de la fesse, vous vautrer dans du glamour scintillant, régler vos comptes avec les prestations calamiteuses de votre équipe de foot favorite en vous projetant dans un personnage héroïque et triomphant, de grâce: "Faites l’impasse, et allez voir le dernier James Bond, qui n’est d’ailleurs pas si mauvais que cela, m'a-t-on dit, pour combler quelques envies évoquées ici et plus avant."

Enfin, que ceux qui s’acharneraient à vouloir faire un parallèle rigoureux entre ce film et « 2001, l’odyssée de l’espace » de Kubrick, s’abstiennent. Les similitudes sont ténues. A la clef, de probables débats d’exégètes pointilleux, et des interprétations métaphysiques conflictuelles possibles entre défenseurs et persifleurs. Seul ce point saurait les rapprocher. Concernant le film de Kubrick, souvenirs de fin de repas arrosés opposant des jouteurs aux partis pris pugilistiques amenant des éclats verbaux.  Question piège immanquable des anti au décours du pugilat: "Explique-moi tout, alors, si tu as compris !".

J’aime encore mieux que l'on me demande d’expliquer comment se calculent les impôts locaux, même si on jouxte ici aussi, par endroits, le domaine de la métaphysique…



samedi 17 novembre 2012

Trois ans... mine de rien

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Animation Flash conçue en collaboration avec La Porte dans la Pendule et publication conjointe. 

Nous remercions au passage Rosalie pour sa participation gracieuse en invitée vedette aux cotés du héros du jour, Gabriel : " Joyeux Anniversaire au lutin ! ". So, in fact, their names are: Gabriel and Rosalie. "Nobody" can ignore it, now.

Note: un codec (pour encodeur/décodeur) est un algorithme de compression décompression d'une source (analogique à un moment de la chaîne), audio ou vidéo (la plupart du temps), cherchant à réduire la taille des fichiers sources tout en restant le plus proche possible de la qualité de départ. Les buts: faciliter les transferts en flux continu (streaming) sur Internet; limiter la taille des fichiers pour profiter au maximum des capacités d'unités de stockages limitées (disques durs, serveurs, baladeurs, smartphones, etc). Plus le taux d'échantillonnage (en kb/s) augmente, plus la taille du fichier encodé croît, ainsi que sa qualité en lecture. La méthode de base: obtenir le meilleur rapport qualité/poids en supprimant les données du signal source estimées superflues ou inutiles car inaudibles ou invisibles par l'oreille ou l’œil humains. Opus est open source et gratuit, contrairement au MP3 qui n'est pas libre de droits et qu'on paye indirectement sans que le consommateur le sache vraiment. C'est ainsi que j'ai compris en tout cas la chose...

Firefox 16 permet désormais la lecture du codec opus offrant des performances supérieures à celle du MP3 et pouvant le détrôner dans un futur proche. Chrome devrait rapidement accepter aussi ce codec. Donc, pas de bug du lecteur ci-dessous si vous consultez ce billet avec le dernier navigateur cité. J'ai mis un exemple en .ogg pour vous éviter la frustration en pareil cas...

Paper Lights by Ehren Starks, encodé à 96 kb/s

Le principe de mise en place sur site ou blog est le même que pour un fichier en Ogg Vorbis

vendredi 2 novembre 2012

No country for old men


Sailing to Byzantium

That is no country for old men. The young
In one another’s arms, birds in the trees
– Those dying generations – at their song,
The salmon‐falls, the mackerel‐crowded seas,
Fish, flesh, or fowl, commend all summer long
Whatever is begotten, born, and dies.
Caught in that sensual music all neglect
Monuments of unageing intellect.

An aged man is but a paltry thing,
A tattered coat upon a stick, unless
Soul clap its hands and sing, and louder sing
For every tatter in its mortal dress,
Nor is there singing school but studying
Monuments of its own magnificence;
And therefore I have sailed the seas and come
To the holy city of Byzantium.

O sages standing in God’s holy fire
As in the gold mosaic of a wall,
Come from the holy fire, perne in a gyre,
And be the singing‐masters of my soul.
Consume my heart away; sick with desire
And fastened to a dying animal
It knows not what it is; and gather me
Into the artifice of eternity.

Once out of nature I shall never take
My bodily form from any natural thing,
But such a form as Grecian goldsmiths make
Of hammered gold and gold enamelling
To keep a drowsy Emperor awake;
Or set upon a golden bough to sing
To lords and ladies of Byzantium
Of what is past, or passing, or to come.

William Butler Yeats



En bateau pour Byzance

Ce pays-là n’est pas pour les vieillards. Les garçons
Et les filles enlacés, les oiseaux dans les arbres
- Ces générations qui meurent – tout à leur chant,
Les saumons des chutes, les mers peuplées de maquereaux,
Poisson, viande, volaille, font l’éloge l’été durant
De tout ce qui a été engendré, naît et meurt.
Ravis par cette musique sensuelle, tous négligent
Les monuments de l’intellect sans âge.

Un homme âgé n’est qu’une misérable chose,
Un manteau loqueteux sur un bâton, à moins
Que l’âme ne batte des mains et ne chante, et ne chante plus fort
A chaque nouvelle déchirure qui troue son habit mortel,
Mais il n’est qu’une seule école de chant, celle de l’étude
Des monuments de sa propre magnificence ;
Et c’est pourquoi j’ai traversé les mers pour m’en venir
Jusqu’à la cité sainte de Byzance.

Ô vous, sages dressés dans les saintes flammes de Dieu
Comme dans l’or d’une mosaïque murale,
Sortez des flammes saintes, venez dans la gyre qui tournoie
Et soyez les maîtres de chant de mon âme.
Réduisez en cendres mon cœur ; malade de désir,
Ligoté à un animal qui se meurt,
Il ignore ce qu’il est ; et recueillez-moi
Dans l’artifice de l’éternité.

Une fois hors de la nature, je n’emprunterai plus
Ma forme corporelle à nulle chose naturelle, mais
A ces formes que les orfèvres de Grèce
Façonnent d’or battu ou couvrent de feuilles d’or
Pour tenir en éveil un Empereur somnolent ;
Ou qu’ils posent sur un rameau d’or pour qu’elles chantent
Aux seigneurs et aux dames de Byzance
Ce qui fut, ce qui est, ce qui est à venir.


Note: les frères Coen ont donc lu Yeats. Leur adaptation cinématographique du poème s'éloigne cependant légèrement du sujet... La traduction prête à caution mais est plus fidèle que l'adaptation en question. Vive la cigale qui se cultive durant la Grande Traversée...

jeudi 11 octobre 2012

SALIX ALBA ou Saule blanc




Synonymes français : Osier blanc, Aubier

Famille : Salicacéees

Description : Arbre de 10 à 15 m, atteignant au maximum 25 m. Rameaux très souples, élancés, légèrement pubescents. Cime arrondie. Feuilles brièvement pétiolées, alternes, lancéolées (10 cm de long), finement dentelées, blanc argenté dessous. Espèce dioïque à inflorescences mâles jaunes et femelles vertes. Fleurs mâles à deux étamines. Rameaux grisâtres, devenant brun jaunâtre, souples. Branches devenant cassantes.

Biologie et acclimatation : Espèce rustique du bord des eaux et des endroits humides. Longévité de 70 à 120 ans. Multiplication par boutures.

Intérêt : Essence employée en vannerie. Bois légèrement rougeâtre employé en sculpture. L’écorce à des propriétés toniques et vermifuges, mais aussi fébrifuges et antalgiques.


De Salix à l’acide acétylsalicylique (aspirine), via l'acide salicylique

L'écorce de saule est connue au moins depuis l'Antiquité pour ses vertus curatives. On a retrouvé la mention de décoctions de feuilles de saule sur des tablettes sumériennes de 5000 av. J.-C. et dans un papyrus égyptien des 1550 av. J.-C (papyrus Ebers). Le médecin grec Hippocrate (460–377 av. J.-C.) conseillait déjà une préparation à partir de l'écorce du saule blanc pour soulager les douleurs et les fièvres. Les Romains connaissaient aussi ses propriétés.

En 1763, le pasteur Edward Stone présente un mémoire devant la Royal Medicine Society sur l'utilisation thérapeutique de décoctions de l'écorce du saule blanc contre la fièvre. En 1829, Pierre-Joseph Leroux, un pharmacien français, tente, après avoir fait bouillir de la poudre d'écorce de saule blanc dans de l'eau, de concentrer sa préparation ; il en résulte des cristaux solubles qu'il dénomme salicyline (de salix). Puis, des scientifiques allemands purifient cette substance active, appelée d'abord salicyline, puis acide salicylique.

En 1877, Germain Sée propose le salicylate de soude comme antipyrétique. Marceli Nencki prépare à partir de 1880 un dérivé de l'acide salicylique et du phénol appelé Salol, qui, sans présenter de propriétés pharmacologiques supérieures aux médicaments alors existants, a toutefois un goût plus agréable. Ce produit fait l'objet d'un grand engouement populaire.

En 1835, Karl Löwig montre que l'acide spirique, extrait de la reine-des-prés, est chimiquement identique à l'acide salicylique. À partir des extraits naturels, on isole le salicylate de sodium, qui devient alors le médicament couramment employé contre la douleur et l'inflammation. Cette préparation permet de faire tomber la fièvre et de soulager les douleurs et les rhumatismes articulaires, mais provoque de graves brûlures d'estomac. On parvient à la fin du XIXe siècle à la produire industriellement en Allemagne.

En 1853, le chimiste strasbourgeois Charles Frédéric Gerhardt effectue la synthèse de l'acide acétylsalicylique, qu'il nomme acide acétosalicylique et dépose un brevet. Cependant son composé est impur et thermolabile. Le savant meurt trois ans plus tard et ses travaux tombent dans l'oubli.

En 1859, Kolbe réussit la synthèse chimique de l'acide salicylique, utilisé alors pour ses propriétés antiseptiques, mais c'est Felix Hoffmann, chimiste allemand entré au service des laboratoires Bayer en 1894, qui, en octobre 1897, reprenant les travaux antérieurs de Gerhardt, trouve le moyen d'obtenir de l'acide acétylsalicylique pur. Il transmet ses résultats à son patron Heinrich Dreser. Ce dernier teste le produit sur le cœur de grenouille, son animal de laboratoire favori, et n'obtient aucun résultat probant. Hoffmann, persuadé de l'intérêt de la molécule (il s'en sert d'ailleurs pour soigner son père, qui souffrait de rhumatisme chronique et prenait jusque-là du salicylate de sodium), donne le médicament à des amis médecins et dentistes, qui le testent avec succès sur leurs patients pendant deux ans (effet antalgique et moins toxique pour l'estomac que le salicylate de sodium). Commence alors la production industrielle du médicament. Finalement, le brevet et la marque de l'aspirine sont déposés par la société Bayer en 1899 sous la dénomination d'Aspirin. La préparation arrive en France en 1908 et est commercialisée par la Société chimique des usines du Rhône. Cependant, après la Première Guerre mondiale, le Traité de Versailles stipule que la marque et le procédé de fabrication tombent dans le domaine public dans un certain nombre de pays (France, États-Unis, etc.) mais pas dans d'autres (comme le Canada).

En 1949, le supérieur hiérarchique direct d'Hoffmann, Arthur Eichengrün publie un article revendiquant la paternité de la découverte. Cette revendication est ignorée par les historiens des sciences jusqu'en 1999, date à laquelle les recherches de Walter Sneader de l'université de Strathclyde, à Glasgow, concluent que c'est bien Eichengrün qui a eu l'idée de synthétiser l'acide acétylsalicylique. Bayer, dans un communiqué de presse, réfute cette théorie, mais la controverse reste ouverte.

L'acide salicylique n'est désormais plus utilisé que pour son action apaisante (analgésique) et on le retrouve dans de nombreux produits en dermatologie en complément d'un autre principe actif. Il est par exemple utilisé dans le traitement de l'acné, des verrues ou de l'hyperhidrose (sueur excessive).

Source de l'annexe : Wikipédia


mardi 11 septembre 2012

Louise Attaque, Louis Clichy répond du tac au tac.


Bigrement doué cet animateur qui ne tient pas en place...

Production: ChezEddy
Label: Barclay
Producteur: Nicolas de Rosanbo
Réalisation : Louis Clichy
Direction de production : Davy Koskas
Animation / Compositing : Antoine Ettori - Sébastien Rouxel - Matthieu Gaillard -Mathias Lachal - Ludovic Versace - Thibaud Gayral - Alice Bissonnet
Rotoscopie : Olivier Guedj - Alexandre Bain
Etalonnage : Jean-Michel Petit
Remerciements: Robin Feix, Arnaud Le Guilcher

Dans un autre style, j'adore aussi : si... si, toute la série Kaeloo ouh... ouh !

Et enfin ce vidéoclip récompensé au Festival d'Annecy en 2012


Réalisation : Przemyslaw ADAMSKI, Katarzyna KIJEK
Pays : Pologne
Année de production : 2011

Note pour en pondre une : Le Aïfone faïve ne sortira en France que le 21 septembre. Merde ! va encore falloir attendre pour se payer un téléphone portable avec toutes les guignoleries incluses de communications virtuelles en temps réel qui n’apportent rien de révolutionnaire (à part de vous faire tomber laï tune à fond) depuis l’invention de Graham Bell ou un bon ordinateur portable de quelques années à la papa. Je vais devoir garder mes nerfs d’acier pour ne pas investir dans ce must-aïve…

vendredi 31 août 2012

Les passions sont les vents qui enflent les voiles du navire

Ivan AIVAZOVSKI (1817-1900) - Ships in a Storm - 1860

"Les passions sont les vents qui enflent les voiles du navire ; elles le submergent quelquefois, mais sans elles il ne pourrait voguer."
Voltaire (François Marie Arouet, dit), Zadig ou la destinée.



La philosophie que je cultive n'est pas si barbare ni si farouche qu'elle rejette l'usage des passions; au contraire, c'est en lui seul que je mets toute la douceur et la félicité de cette vie.
Descartes (René), Correspondance, à l'abbé Picot, 28 février 1648.

Nous voyons [... que les passions] sont toutes bonnes de leur nature, et que nous n'avons rien à éviter que leurs mauvais usages ou leurs excès.
Descartes (René), Les Passions de l'âme.

Les hommes que les passions peuvent le plus émouvoir sont capables de goûter le plus de douceur en cette vie.
Descartes (René), Extrait du Traité des passions.

Les passions détruisent plus de préjugés que la philosophie.
Diderot (Denis), Discours sur la poésie dramatique.

Rien n'est plus dangereux que les passions dont la raison conduit l'emportement.
Helvétius (Claude Adrien), Notes, maximes et pensées.

Les passions des jeunes gens sont des vices dans la vieillesse.
Joubert (Joseph), Pensées.

Les passions sont les seuls orateurs qui persuadent toujours.
La Rochefoucauld (François), Maximes.

L'absence diminue les médiocres passions, et augmente les grandes, comme le vent éteint les bougies, et allume le feu.
La Rochefoucauld (François), Extrait des Sentences et maximes morales.

Si nous résistons à nos passions, c'est plus par leur faiblesse que par notre force.
La Rochefoucauld (François), Maximes.

Il est difficile de vaincre ses passions, et impossible de les satisfaire.
La Sablière, Pensées chrétiennes.

Il n'y a que le malheur qui soit vieux; il n'y a que la passion qui soit raisonnable.
Lespinasse (Julie de), Lettres, à M. de Guibert.

Tout ce qui n'est pas passion est sur un fond d'ennui.
Montherlant (Henry Millon de), Aux fontaines du désir.

Ce sont nos passions qui esquissent nos livres, le repos d'intervalle qui les écrit.
Proust (Marcel), À la recherche du temps perdu, le Temps retrouvé.

Nos passions sont les principaux instruments de notre conservation ; c'est donc une entreprise aussi vaine que ridicule de vouloir les détruire.
Rousseau (Jean-Jacques), Emile ou de l’éducation.

Les plus belles passions ne sont que la rencontre de deux égoïsmes.
Soucy (Jean-Yves),  Parc La Fontaine.

Qui veut détruire les passions, au lieu de les régler, veut faire l'ange.
Voltaire (François Marie Arouet, dit), Lettres philosophiques, XXV.

 Ce n'est pas l'amour qu'il fallait peindre aveugle, c'est l'amour-propre.
 Voltaire, Extrait d’une Lettre - 11 Mai 1764


Note: parmi ces citations autour du thème de la passion que j'ai recueillies à la volée, Marcel Proust montre , une fois de plus, sa finesse d'observation.

Les thèmes d'inspiration d'Ivan Avazovski et sa manière de les traiter l'inscrivent au cœur du courant romantique du XIXe siècle. Ce romantisme s'affirmera tout au long de sa carrière en atteignant son apogée dans ses œuvres des années 1850, avec, notamment: La neuvième vague (1850), Clair de lune (1849) et Tempête (1854). L'originalité de l'œuvre d'Avazovski s'explique en partie par son attachement à  la culture arménienne pour laquelle l'idée de la lumière créatrice, lumière de la connaissance, est ancrée dans la tradition ; la représentation qu'il fit des hommes luttant contre la mer en furie traduirait également la volonté de survie associée à cette culture.


Aivazovski - Bateau dans la tempête 1887

lundi 13 août 2012

jeudi 19 juillet 2012

Le format GIF


Le Graphics Interchange Format, qu’on peut traduire par « format d'échange d'images », plus connu sous l'acronyme GIF, est un format d'image numérique couramment utilisé sur Internet. GIF a été mis au point par CompuServe en 1987 pour permettre le téléchargement d'images en couleur. Ce format utilise l'algorithme de compression sans perte LZW, nettement plus efficace que l'algorithme RLE utilisé par la plupart des formats alors disponibles (PCX, ILBM puis BMP). Ce qui est intéressant à propos de ce format, c'est la possibilité de créer ou d'éditer des animations, comme par exemple les cinemagraphs. Il existe une multitude de logiciels, dont plusieurs sont gratuits, permettant de sauvegarder en format GIF. Les logiciels d'animations permettent surtout de modifier la vitesse de défilement des images. Quelques uns permettent de les éditer ou de les créer de toute pièce.

GIF permet de spécifier qu'une entrée de la palette est transparente. C'est notamment utile lorsqu'une image non rectangulaire est intégrée à un document comme une page web : on voit le document à travers les pixels transparents. GIF propose un mode entrelacé permettant de commencer par transmettre quelques lignes d'une image, puis les lignes placées entre elles. Ce mode permet de donner plus rapidement un aperçu de l'image lorsque la transmission est lente. Le principe de compression est en fait de simplifier le code des parties de rangées de pixels de même couleur. C'est pour cela que ce format est utilisé sur les images comportant un nombre plutôt limité de couleur et sans dégradés, avec de préférences des grandes zones de couleur unies.

En 1989, le format GIF a été étendu (format GIF89a au lieu de GIF87a) pour permettre le stockage de plusieurs images dans un fichier. Ceci permet de créer des diaporamas, voire des animations si les images sont affichées à un rythme suffisamment soutenu indiqué par le concepteur. La palette de couleurs proposée est plus restreinte que celle du format PNG assez comparable dans sa capacité de proposer un fond transparent.

Source: Wikipédia


Quelques exemples de cinemagraphs de belle facture, mais de tailles respectables, piochés sur ce site.

A vous de reconnaître les films qui sont à la base de ces GIF animés:






IMMORTEL, AD VITAM - Enki Bilal - 2004 - Ajout d' effets optiques

jeudi 5 juillet 2012

Le boson de Buffalo Higgs est CERNé



Yeah ! Ils l'ont trouvé plus rapidement que prévu  : PLUS DE DETAILS

Note : un commentaire à l'article proposé en lien quitte le domaine de la physique des particules pour s'aventurer vers celui de la Philosophie. Je le mentionne pour illustrer en quoi la Science a  souvent perturbé la pensée religieuse et ses dogmes: "Vous dites: 'L'esprit est de la matière il n'est pas produit par, il est de la matière.' Très juste! En effet, la pensée est matérielle. Comme disait Cabanis: "Le cerveau sécrète la pensée comme le foie sécrète la bile...". Les mots, qui sont le support de la pensée, sont des "objets" produits par des processus physico-chimiques. Ce que je voulais simplement dire, c'est que la matière est la mère, non la fille de l'esprit. Sans cerveau (et nos cinq sens), pas de pensée possible. De même, la masse-énergie de l'Univers est apparue avant l'esprit. L'Univers, à la différence d'une maison, se construit seul, sans architecte, sans plan... En fait, la matière s'auto-organise. Comme l'Evolution, elle procède par tâtonnements, par essais et erreurs. D'où beaucoup de gâchis! Beaucoup pensent que les choses obéissent à des lois (tombées du ?) alors que ce sont les lois qui découlent des choses (de leurs propriétés). Parce que l'esprit est le produit de la matière, et non l'inverse! Si tout n'est pas expliqué, tout est explicable. Et un jour, après bien d'autres découvertes semblables à celle de ce fameux boson, la science donnera l'explication de l'origine naturelle de tout ce qui existe.

Le dire fait rire... le faire fera taire."


J’ajouterai qu’au niveau poussé d’organisation de la matière que constitue un organisme humain, la Nature se fout plus que possiblement du dernier clash dans « Secret Story », mais reste, avant tout, butée comme pas possible sur une de ses lubies remontant à plusieurs milliards d’années : la transmission d’individu à individu des codes ARN ou ADN, probablement "inventés" par les cyanobactéries et peaufinés en commun avec leurs squatteurs virus. Lire aussi : les humains sont apparentés aux virus

mardi 26 juin 2012

Les émotifs anonymes



Être timide incite soit à la discrétion soit, au contraire, à l'excès pour mettre à distance ses propres peurs. Dans les deux cas, le point d'équilibre est difficile à saisir. Un équilibre que le réalisateur Jean-Pierre Améris (Mauvaises fréquentations, C'est la vie...) parvient justement à trouver avec cette love story entre deux hyperémotifs. Mieux, il joue habilement de ce rapport de forces. Si les deux protagonistes ont choisi l'effacement au plus profond de leur être, leur alliance possible passe inévitablement par un surplus d'émotions, donc de situations burlesques (en cela, la séquence du dîner est un chef-d’œuvre de rythme, d'écriture et de jeu). Isabelle Carré et Benoît Poelvoorde - déjà couple dans "Entre ses mains", d'Anne Fontaine, en 2005 - composent leurs personnages avec une connivence d'autant plus savoureuse que le scénario les oblige à avancer sur un même terrain psychologique. L'un étant en quelque sorte le miroir de l'autre. Enfin, le choix assumé de la théâtralité, avec notamment ce décor de chocolaterie tout droit sorti d'une comédie musicale désuète, donne à ce joli spectacle des sentiments une force et une modestie singulières qui tranche avec la plupart de nos comédies nationales, trop sûres d'elles.  

Thomas Baurez – L’Express

Mon avis :

En 2010, Jean-Pierre Améris, nous gratifie d’un film drôle et original. Il est émaillé de nombreuses références au cinéma de ses prédécesseurs : traitement des couleurs « à la Tim Burton », références aux anciens films musicaux américains - clin d’œil en particulier à « La mélodie du bonheur » - scènes burlesques rythmées profitant de la qualité du jeu d’acteurs bien choisis. Le final fait penser à celui du film de Chaplin, « Les temps modernes »



Le thème : l’hyperémotivité. Le seul méchant du film est l’accès d’angoisse. Le réalisateur le constate après coup lors d’interviews.

A se demander alors si la timidité est un réel handicap. Elle semblerait plutôt l’atout du créatif et source de la bienveillance de l’observateur attentif, discret au point qu’il confirmerait à lui seul un dialogue célèbre de Michel Audiard : « Les cons ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît. »



mercredi 30 mai 2012

Le 30 mai ? Cette date me dit quelque chose...

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A partir d'un fichier Photoshop, tombé hier dans ma boîte aux lettres, adressé par Mademoiselle Myosotis de La Porte dans la Pendule. Je tiens tout de même à lui signaler qu'une "deadline = moment de réception + 6 heures", c'est un peu juste pour créer le genre d'animation Flash demandée et présentée ci-dessus...

J'ai une tête de fou au moment du post !

Le challenge : fichier au format .TXT

Le 06/06/12 : version finale 2.0 de l'application au script simplifié.

Notes:
1 - Clin d'oeil musical en début d'animation à Shufflepuck Cafe qui a eu raison de nos vénérables souris à la fin des années 90 (dont celle du personnage évoqué à l'occasion de son anniversaire), et lien You Tube présentant une capture vidéo d'une partie de ce vénérable jeu de palet.


2 - les autorisations administratives scolaires et parentales de mise en ligne étant validées, le lien qui suit propose une autre réalisation de l'équipe.

dimanche 27 mai 2012

FESTEN



Festen est un film danois réalisé par Thomas Vinterberg sorti en 1998. Il reçoit le Prix du Jury au Festival de Cannes en 1998. C’est le premier film labellisé Dogme95, écrit à Copenhague par Lars von Trier et Thomas Vinterberg, proclamé officiellement et publiquement le 20 mars 1995 au théâtre de l'Odéon à Paris, dans le cadre d'une rencontre sur le centenaire du cinéma. Son énoncé provocateur:

Je jure de me soumettre aux règles qui suivent telles qu'édictées et approuvées par Dogme 95:

1. Le tournage doit être fait sur place. Les accessoires et décors ne doivent pas être amenés (si on a besoin d'un accessoire particulier pour l'histoire, choisir un endroit où cet accessoire est présent).
2.  Le son ne doit jamais être réalisé à part des images, et inversement (aucune musique ne doit être utilisée à moins qu'elle ne soit jouée pendant que la scène est filmée).
3. La caméra doit être portée à la main. Tout mouvement, ou non-mouvement possible avec la main est autorisé. (Le film ne doit pas se dérouler là où la caméra se trouve; le tournage doit se faire là où le film se déroule).
4. Le film doit être en couleurs. Un éclairage spécial n'est pas acceptable. (S'il n'y a pas assez de lumière, la scène doit être coupée, ou une simple lampe attachée à la caméra).
5. Tout traitement optique ou filtre est interdit.
6. Le film ne doit pas contenir d'action de façon superficielle. (Les meurtres, les armes, etc. ne doivent pas apparaître).
7. Les détournements temporels et géographiques sont interdits. (C'est-à-dire que le film se déroule ici et maintenant).
8. Les films de genre ne sont pas acceptables.
9. Le format de la pellicule doit être le format académique 35mm.
10. Le réalisateur ne doit pas être crédité.
De plus je jure en tant que réalisateur de m'abstenir de tout goût personnel. Je ne suis plus un artiste. Je jure de m'abstenir de créer une « œuvre », car je vois l'instant comme plus important que la totalité. Mon but suprême est faire sortir la vérité de mes personnages et de mes scènes. Je jure de faire cela par tous les moyens disponibles et au prix de mon bon goût et de toute considération esthétique.

Et ainsi je fais mon Vœu de Chasteté

Copenhague, Lundi 13 mars 1995, au nom du Dogme 95. Lars Von Trier, Thomas Vinterberg.

Synopsis :

Tout le monde a été invité pour les soixante ans du chef de famille. La famille, les amis se retrouvent dans le manoir d'Helge Klingenfelt. Christian, le fils aîné de Helge, est chargé par son père de dire quelques mots au cours du dîner, sur sa sœur jumelle, Linda, morte un an plus tôt. Tandis qu'au sous-sol tout se prépare avec pour chef d'orchestre Kim, le chef cuisinier, ami d'enfance de Christian, le maître de cérémonie convie les invités à passer à table. Personne ne se doute de rien, quand Christian se lève pour faire son discours et révéler de terribles secrets.

Quelques critiques :

C'est une réussite artistique exemplaire autant qu'originale - et, à ce titre, film clé du cinéma contemporain - Festen pointe toutefois les limites d'une certaine façon, celle du Dogme, de concevoir le Septième Art comme une sorte de théâtre (bien) filmé, aux intrigues ramassées dans l'espace et le temps et condamnées aux paroxysmes tragiques. D'ailleurs, Vinterberg n'envisage plus de s'y référer: « La fraîcheur aurait disparu et ne subsisterait que la redite. »

Avec ce mode de tournage et ce matériel, Festen, comme Les Idiots de Lars von Trier réalisé la même année, a toutes les apparences d'un reportage et se déroule sous les yeux du spectateur comme une tranche de vie surprise par une caméra indiscrète tenue par un cinéaste ignorant des développements de l'action, des motivations et des déplacements des protagonistes. Bien sûr, ce n'est là qu'apparence : l'écriture du film - cent pages de scénario - a pris deux mois et demi;  Vinterberg a ensuite passé deux mois avec ses acteurs pour élaborer leurs personnages; et le tournage, enfin, a duré aussi longtemps que celui d'un film hors Dogme. Mais le résultat, à l'écran, semble totalement improvisé.

Le film carbure à la méchanceté allègre. Alerte, sec, sans excès de sympathie pour «l'humanité» trouble de ses personnages.

Mon point de vue :

J'ai vu ce film pour la première fois, un ou deux ans après sa sortie en salle. Je suis passé alors par une séquence d'états d’esprit variés. Aussitôt, la crainte de m'être fourvoyé dans un film expérimental dont les mouvements de caméra approximatifs finiraient par me donner le tournis. Tourné au caméscope par un invité mystère à la technique de prise de vues rudimentaire? Caméra embarquée sur le casque d'un parachutiste cherchant à immortaliser une séance de saut en chute libre en équipe? Cependant, au fil des rushes 4/3, la psychologie de départ un peu monolithique des personnages se complexifiait. La liste des invités, plus baroques, déjantés ou mystérieux les uns que les autres ajoutaient au spectacle. Se mettaient peu à peu en place les pions du psychodrame à venir d’une tribu peu commune au bord de la crise de nerf. Je sentais venir la révélation maousse, catalyseur d'une réaction chimique explosive. Le tube à essai dans lequel baignaient tant de réactifs colorés ne pouvait pas rester muet. Le mélange tonnant retentit assez rapidement dans le film. Faut-il craindre alors que le scénario s’épuise rapidement ou de devienne poussif à vouloir trop s’étirer? Que nenni! En psychologie lourde, la révélation brute d’une vérité cachée n’annonce que le début d’un conflit, en aucun cas, sa résolution éclair. Ne rien dire, ne rien voir, ne rien entendre, les trois adages de la sagesse, deviennent dans ce cas trois modes de défense pervers. Le bras de fer familial, âpre, dur, lourd, parfois violent, génère rapidement une atmosphère de malaise peu soutenable. Au milieu de ces déchirements familiaux, je me suis alors accroché à mon siège pour ne pas rater une miette du combat œdipien et des dégâts collatéraux. Le parricide symbolique classique du patriarche ne pouvait-il pas devenir même crime réel ?

"Familles, je vous hais", en somme. Un film au formalisme novateur, brut de décoffrage, parfois objet violent non identifié, interprété magistralement par l'ensemble des acteurs.

Festival de Cannes 2012 : contre-pied au sujet de "Festen", le nouveau film de Thomas Vinterberg « Jagten » (La Chasse) raconte la descente aux enfers d’un brave homme accusé d’abus sexuel. C’est l’enfant qui ment et l’homme qui trinque. Le réalisateur danois fait vaciller notre foi dans la société. Mads Mikkelsen interprète avec une clarté extraordinaire et un étonnement considérable le rôle principal (récompensé par le prix d'interprétation masculine à ce festival). Vinterberg démontre que « la pensée est un virus » qu’aucune preuve ne peut arrêter. Pour cela, il omet tout ce qu’on attend normalement d’un accusé dans cette situation : prendre un avocat, exiger la justice, clamer son innocence, demander des explications à ses amis. Vinterberg, au contraire, expose Lucas au verdict populaire. Ce sont ces meilleurs amis et son entourage proche qui propagent l’accusation qui se transforme en une chasse à l’homme où la réputation est détruite par des soupçons et des demi-vérités. Chaque pas, chaque geste vont trahir la vérité et barrer la route à l’acquittement de l’accusé. Le réalisateur entretient volontairement le trouble : assimiler les propos d’un enfant, sans ménagement, à un mensonge est un sacrilège dans une société hantée par la pédophilie. Vinterberg fait monter la tension à un tel point que le public applaudit quand Lucas donne un coup de tête à un de ses diffamateurs.

mercredi 23 mai 2012

Synthétiseur Moog Google Doodle



 Moog Google Doodle

Avant d'aller faire mon gros dodo au décours de périgrinations Internet plus qu'improbables, je n'ai pas pu m'empêcher de pianoter sur le clavier de la petite application Doodle proposée par Google dans son moteur de recherche. Je propose, grâce au lien ci-dessous, un remixd'un vieux truc gazeux de Jean-Michel Jarre, évoqué par la kyrielle de doubles "O" du titre du billet. Cet enregistrement va probablement faire date, au point de devenir culte. Pour ceux qui auraient du mal à retrouver le morceau original, je dois bien admettre que j'ai légèrement perdu ma technique instrumentale des années soixante, probablement suite à un abus de cocktails chimiques proches du Lysergsäurediethylamid consommés régulièrement à l'époque au petit-déjeuner pour compenser les effets de la chicorée mélangée au schnaps mirabelle... Lamentable !

LIEN VERS L’INTERPRÉTATION VIRTUOSE

Note : puisque de notes il est bien question, j'ai eu à préciser à quelques internautes que l'on peut recueillir l'URL de stockage du petit morceau joué en ligne grâce au bouton placé sous celui lançant l'enregistrement. Le copier-coller semblant inefficace, ressortez vos crayons... On devrait pouvoir faire du 4 pistes en cliquant sur les trois autres vu-mètres. Je vous épargne l'essai...
... Réflexion faite, j'ai osé tester le 4 pistes au risque d'exploser vos tympans et ma carte son :
LIEN 4 PISTES !

lundi 21 mai 2012

Au creux du vallon


Claude Monet - La femme à l'ombrelle tournée à gauche - 1886


Au creux du vallon, le ruisseau gonflé des eaux d’avril faisait fredonner les pierres sous son flot. Une brume légère caressait encore les herbes perlées de rosée. Depuis quelques heures, les arbres bruissaient de chants d’oiseaux. Un cerisier croulant de blancs bouquets mousseux scintillait au gré des rayons clairs du matin. Le clocher d’un village égrenait sept heures dans le lointain. Un maigre troupeau laineux de nuages irisés des derniers mauves de l’aube paissait placidement au-dessus de ce coin de campagne calme et hospitalier.

Un peu à l’écart, un stratus se livrait à des anamorphoses cotonneuses d’une infinie lenteur. Allongé au pied d’un chêne noueux à branches torses, un homme attendait paisiblement. Il avait aperçu rapidement une robe blanche se détacher sur l’azur laiteux au sommet d’une colline nappée du vert d’avril. Une femme la descendait à pas vifs. Elle tenait à la main un bouquet de fleurs des champs. Déterminé, elle semblait tout à la mission qui l’avait faite se lever tôt pour venir en ce lieu. Les feux de l’été, les brouillards denses et tenaces de l’automne, les gels mordants du ventre de l’hiver, rien ne savait la dissuader quand elle brûlait de revoir celui qui l’attendait avec la patience infinie d’un contemplatif. Le verre dépoli qui avait si longtemps voilé le spectacle de sa vie comme une cataracte précoce, s’était enfin brisé. Illusions amoureuses, utopies de réalisations définitives, projets désordonnés, sa vie avait tout consumé.

Une brise tiède et légère gonflait la blanche robe, voile de la femme caravelle. Elle sillonnait les herbes du coteau, bouquet en proue. Elle approchait du port. Il entendit enfin grincer la porte de fer de l’enclos où il l’attendait. C’était devenu désormais le seul lieu du rendez-vous. Les graviers de l’allée crissaient maintenant sous ses pas. Quelques secondes, et il la contempla en surplomb, immense et belle, la tête au ciel. Elle s’agenouilla près de lui pour déposer son bouquet à ses pieds.

Une stèle de pierre portait cette inscription gravée : « Hugo repose ici en paix. Ce n’est que l’ultime palpitation du souvenir de leurs amours anciennes qui sonnerait l’oubli définitif. » 


Pierre TOSI - novembre 2003

Liste des nouvelles du recueil


Note : texte court, revu et corrigé, concluant le recueil de nouvelles dont j'ai proposé quelques extraits dans ce blog. Un hommage poussif à deux poèmes illustres ! Le premier joue sur le temps et l'espace. Dégagé des perceptions extérieures, le personnage masculin est mu par un désir pressant, une énergie interne opiniâtre qui le pousse à croire à l'immortalité d'un souvenir intense qu'il appuie par la symbolique finale des fleurs déposées, témoignant ainsi son évidence. Le second, à la rythmique volontairement brisée, nous envoie sur une fausse piste de vie intense et de bonheur radieux faisant intervenir tous les sens corporels avivés par la nature. Le poète éparpille ça et là des indices avant la brusque révélation d'une réalité tragique que la nature tentait d'atténuer à toute force. Hugo refuse les vertus cicatrisantes de la nature alors que Rimbaud les appelle au secours du funeste. Mon texte prend le parti du second poème. Appliqué à la relation amoureuse, il la voit comme un catalyseur des forces vitales, plutôt qu'un vecteur de désespoir quand elle prend fin sans en altérer le souvenir. Cependant, le personnage féminin emprunte la même énergie à la vigueur du souvenir toujours présent le maintenant en vie. Hugo vole, Rimbaud caracole. Un génie lyrique en marche, une comète surdouée en vol.



Demain, dès l'aube...

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor HUGO


Le dormeur du val

C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur RIMBAUD

samedi 5 mai 2012

L'ascension

Photo Sébastien Clavet pour Libération


Le 16 mai 2012 :

A écouter les commentaires de la quintessence journalistique de nos chaînes nationales qui cherche avec un certain mérite à meubler les interminables retransmissions en direct consacrées aux palpitants événements politiques français du moment: tout va bien jusqu’ici. Me voilà rassuré. Nous avons enfin un nouveau président qui respecte scrupuleusement les feux rouges (j’ai noté cependant quelques infractions au code de la route durant sont trajet automobile en direction du Bourget, accompagné qu'il était par un essaim motard d'espèces variées d'Apoidea), qui tient compte des avertissements de Zeus en changeant aussitôt d’avion au premier Flash radar céleste, et reste étanche durant les cérémonies en extérieur. Le costume est foutu, mais ce n’est pas grave.

Quelques journalistes taquins, voire chicaneurs, ont cependant réagi au vu de la pièce facétieuse en plusieurs actes, probablement inspirée par France 2, interprétée sans chichi par le petit « Toto ». Elle visait probablement à combler le spectateur de base, friand d’émotions familiales bon enfant. Voir la vidéo proposée ci-dessous par "Arrêt sur images".




Note: "Normal", n'a eu jusqu'ici la capacité que de m'évoquer une des options d'un programmateur de machine à laver...


Lire aussi : L'arroseur arrosé

mardi 24 avril 2012

Résolution géométrique d’un type d’équation de degré 2 à l’aide d’un gnomon


Statue d’ Al-Kwharizmi à Khiva


A la base :

Le gnomon, du grec ancien « γνώμων » qui signifie « indicateur » ou « ce qui révèle », est un des premiers instruments utilisé en astronomie. C'est une simple tige verticale (style) plantée sur un plan horizontal. Il est connu depuis la plus haute antiquité (égyptiens, chaldéens, grecs). La longueur de l'ombre portée permet de mesurer la hauteur d’un astre, l'angle alpha de celui-ci, et la direction de l'ombre donne l'azimut de l'astre. Le gnomon est l'ancêtre du cadran solaire. Ératosthène, savant grec (géomètre de l'école d'Alexandrie) vers l'an 250 Av JC, mesura avec cet instrument rudimentaire le méridien terrestre avec une précision étonnante.

En géométrie :

Un gnomon est une figure plane formée en enlevant un parallélogramme, d'un coin d'un plus grand parallélogramme. Lorsque le parallélogramme est un rectangle, le gnomon est alors une sorte d'équerre. La notion se généralise à toute figure géométrique qui doit être ajoutée à une figure donnée, pour que la nouvelle figure soit semblable à la première.


Al-Khwarizmi :

Al-Khwarizmi Muhammad ibn Moussa est né à Khwarizem (Ouzbékistan), d'où son nom. Il fut astronome sous le règne du Calife Abd Allah al Mahmoun (786-833) qui encouragea la philosophie et les sciences en ordonnant la traduction (827) des textes de la Grèce antique. C'est ainsi, par exemple, que fut connue l'œuvre de Ptolémée, dite Al majisti (la très grande) : l'Almageste.

La notoriété d'Al-Khwarizmi nous est parvenue à travers les siècles moins par ses talents d'astronome que par son intervention dans l'art du calcul algébrique : il est l'auteur du célèbre ouvrage Kitab Al jabr w'al mouqabala, translittération latine du titre arabe, soit : Livre sur la science de la transposition et de la réduction.


Le problème :

Aidé par les travaux nettement antérieurs de ses précurseurs grecs - Pythagore, Euclide, Ératosthène et Ptolémée, en particulier - Al Kwharizmi s’est attelé, à l’aide d’un gnomon géométrique, à résoudre ce qu’en algèbre on nommera par la suite une équation de degré 2.

- Le problème posé en langage géométrique de la résolution d’une équation de degré 2 serait :

Le nombre obtenu en ajoutant celui de la surface d’un carré à la longueur de son côté multiplié par un nombre donné (b) est égale à un autre nombre donné (c). Quel est la longueur (x) du côté de ce carré ?

- En utilisant le formalisme algébrique l’énoncé de ce problème devient :

Des nombres b et c sont donnés. Trouver x tel que : 
  (1)  x2 + bx   = c

On se trouve bien face à la formulation algébrique d’une équation dite de degré 2, plus généralement écrite : ax2 + bx + c = 0.

Vu l’énoncé du problème initial, dans ce cas particulier, b et c ne peuvent être que des nombres entiers positifs.


Utilisation d’un gnomon pour trouver la solution :


Capture d’image d’un extrait de fichier PDF proposé par Nicole Bopp sur Internet.

A noter qu'on peut appliquer ce type de méthode géométrique à la résolution d'une équation de degré 3 à l'aide de cubes en remplacement des aires planes des carrés (Méthode de Tartaglia dans les années 1500).

Trois liens:



Le fichier PDF dont est extrait la capture d'écran

Complément historique :

Les équations du second degré sont au centre de l'algèbre babylonienne, dès avant le XVII siècle av. J.‑C.. La tablette d'argile BM 13901 a été qualifiée de « véritable petit manuel d'algèbre, consacré à l'équation du second degré et aux systèmes d'équations, et donnant les procédures résolutoires fondamentales ».
Les équations du second degré ont été étudiées systématiquement par Al-Khwarizmi au IXe siècle, dans un ouvrage intitulé "Abrégé du calcul par la restauration et la comparaison" qui, via le mot « restauration » ou « reconstruction » (en arabe : al-jabr) a donné son nom à l'algèbre. Al-Khawarizmi distingue six cas d'équations du premier ou second degré dans lesquels les paramètres a, b et c sont tous positifs :
les carrés égalent les racines :  ax2 = bx ;
les carrés égalent les nombres : ax2 = c ;
les racines égalent les nombres : bx = c ;
les carrés et les racines égalent les nombres : ax2 + bx = c ;
les carrés et les nombres égalent les racines : ax2 + c = bx ;
les racines et les nombres égalent les carrés : bx + c = ax2 ;

Il démontre les méthodes de résolution en suivant des raisonnements d'algèbre géométrique.


Sources: Wikipédia et liens présents ou mentionnés



mercredi 18 avril 2012

Les Alyscamps de l'homme du train


Les Alyscamps de Paul Gauguin (1888, octobre)



Les Alyscamps (Champs Élysées en provençal, cité des morts vertueux dans la mythologie grecque), sont situés à Arles. De l'époque romaine au Moyen Âge, ils ont été une nécropole païenne puis chrétienne le long de la via Aurelia, en dehors de la cité, comme la plupart des nécropoles romaines. On y trouvait de très nombreux sarcophages. A noter que Paul-Jean Toulet n'utilise pas l'orthographe actuelle du lieu. License poétique ou toponymie variable ?

Il est fait référence plusieurs fois à ce poème dans L'Homme du train, un excellent film français réalisé par Patrice Leconte sorti en 2002. Il a été tourné, en grande majorité, dans une ville d'Ardèche du Nord : Annonay.



vendredi 6 avril 2012

Hémodynamique fœtale et troubles de l’adaptation néonatale




Avant la naissance, les poumons du fœtus ne sont pas fonctionnels et n’interviennent pas dans l’oxygénation du sang. C’est le placenta qui remplit ce rôle. Le sang oxygéné de la mère part au placenta et se mélange au sang « bleu » du fœtus dans sa veine cave inférieure, via le canal d’Arentius, avant d’atteindre l’oreillette droite. Peu de sang part vers les poumons. Grâce au foramen ovale (anciennement appelé trou de Botal) et au canal artériel, deux structures servant de shunts propres au fœtus, le cœur droit (avec son sang oxygéné en provenance du placenta) peut se déverser directement dans la circulation gauche en court-circuitant les poumons.

Ces deux structures provisoires permettent au sang oxygéné de passer rapidement vers l’aorte, puis vers le cerveau et tous les autres organes. Sans aucun bouleversement anatomique, le fœtus assume une fonction circulatoire complètement différente de celle du nouveau-né. Cette situation explique pourquoi la plupart des malformations cardiaques sont fort bien tolérées in utero : la circulation pulmonaire n’est pas existante et l’organisation ventriculaire n’a pas encore son importance puisqu’un seul ventricule (le droit en situation normale) suffit à  assumer la circulation du circuit ‘unique’.

A la naissance, le placenta est exclu brusquement de la circulation et l’enfant doit trouver d’urgence une autre source d’oxygène. La fonction respiratoire s’active et les alvéoles pulmonaires se déplissent pour remplir leur rôle d’oxygénation du sang et d’évacuation aérienne du gaz carbonique. Grâce aux premiers mouvements respiratoires expulsant le liquide amniotique résiduel contenu dans les bronches, les poumons et les vaisseaux pulmonaires acquièrent tout leur potentiel. Le surfactant sécrété en quantité et qualité suffisantes en direction de la surface aérienne des alvéoles peut jouer pleinement son rôle d’agent tensio-actif chez le nouveau-né à terme (ce qui n’est pas le cas chez le grand prématuré) en évitant celles-ci de se collaber. L’ampliation des vaisseaux engendre une baisse des ‘résistances’ pulmonaires, autrement dit, le sang y passe beaucoup plus facilement. Ceci permet une meilleure perfusion des poumons et amplifie l’oxygénation. Le sang oxygéné part désormais en grande quantité des poumons vers l’oreillette gauche, ce qui y augmente la pression et ferme mécaniquement le clapet que constitue la fente du foramen ovale. La circulation pulmonaire est installée et est définitivement séparée de la circulation systémique lorsque le canal artériel se ferme quelques heures plus tard, suite au passage d’un sang plus oxygéné qui induit le phénomène avec l’intervention de prostaglandines spécifiques locales. A noter que la baisse des ‘résistances’ pulmonaires, phénomène très important dans l’adaptation néonatale, se fait en grande partie à la naissance mais se complète encore pendant quelques semaines. 



La persistance du canal artériel

Le canal artériel est un petit vaisseau sanguin, reliant l'artère pulmonaire (celle qui va du cœur aux poumons) à l'aorte descendante (celle qui amène le sang oxygéné vers les organes du corps humain et  au cœur également par les artères coronaires). Normalement, ce canal se referme dans les heures qui suivent la naissance, mais il arrive qu'il reste ouvert.
Comme une partie du sang ne part pas en direction des poumons, selon l'importance de l'ouverture, il est possible que bébé ait des problèmes d'oxygénation insuffisante du sang (vous entendrez parler de saturation), et que le rythme cardiaque soit plus élevé que la normale, le cœur cherchant à compenser le problème.
- Si le problème n'est pas trop important, les médecins chercheront d'abord à provoquer la fermeture du canal, avec l'aide de médicaments. Le bébé aura par ailleurs un apport en oxygène un peu plus important, pour éviter au cœur de trop se fatiguer.
- Si le problème persiste, il est possible que les médecins décident une intervention chirurgicale, pour refermer artificiellement le canal. Ils utilisent pour cela une technique fine qui permet d'avoir une cicatrice de petite taille et une récupération rapide. Selon l'état de santé générale du bébé, et selon la taille de la "fuite", cette opération peut avoir lieu quelques semaines après la naissance, ou quelques mois. Après l'opération, on constate rapidement une amélioration de l'état général.

A noter : certains médicaments (en particulier les Anti Inflammatoires Non Stéroïdiens = AINS) pouvant entraîner une fermeture prématurée du canal artériel du fait de leurs effets antiprostaglandines sont proscrits durant la grossesse. Après la naissance, ces mêmes molécules peuvent favoriser la fermeture d'un canal artériel persistant.

La communication inter-ventriculaire (CIV)

Le foramen ovale, dénommé anciennement trou de Botal, est une communication physiologique présente entre les deux oreillettes durant la vie fœtale, et normalement appelée à se fermer après la naissance. La persistance d'un foramen ovale perméable est cependant observée avec une grande fréquence (9 à 35 % des adultes jeunes) et serait possiblement impliquée dans diverses pathologies, dont la survenue d'accidents vasculaires chez des sujets jeunes. L'appellation « trou de Botal » (actuellement désuète) fait référence au médecin piémontais Leonardo Botal (1519-1588), qui s'intéressa à l'anatomie et au rôle de cet orifice. Néanmoins, le foramen ovale a été décrit pour la première fois au IIe siècle par Galien.

Le foramen ovale en physiologie foetale

Chez le fœtus, ce foramen peut, par excès de taille, aller jusqu'à créer une communication entre les ventricules du cœur, et permettre ainsi à une partie du sang de passer directement du ventricule droit vers le gauche. Normalement, ce trou se referme à la naissance, lorsque bébé passe du mode de vie aquatique au mode de vie aérienne. Si ce n'est pas le cas, et que son diamètre est exagéré au point de mettre aussi en communication les ventricules (ou qu'une autre anomalie anatomique de communication du septum inter-ventriculaire soit présente), du sang va passer du ventricule gauche, qui contient le sang oxygéné devant alimenter l'ensemble du corps, au ventricule droit, qui est chargé d'envoyer le sang chargé de gaz carbonique aux poumons. Ceci a deux inconvénients :

- Le débit sanguin du cœur vers le corps est réduit, puisqu'une partie du sang retourne directement aux poumons.
- Les poumons reçoivent le sang à une pression supérieure à la normale, ce qui peut les endommager: Hypertension Artérielle Pulmonaire = HTAP.

La gravité de la CIV dépend de la taille du trou. 

Une petite CIV peut perdurer toute la vie du sujet, sans lui causer de troubles particuliers. Le cardiologue se contente de surveiller régulièrement ces enfants. Elle peut se refermer progressivement, au fil du temps (ce qui est le cas de la moitié des CIV, au cours des 4 premières années de vie).

Si la CIV est moyenne, elle n'entraine pas de défaillance cardiaque, mais ne guérit pas spontanément, il peut être nécessaire d'opérer vers 4/5 ans, si le débit pulmonaire est trop important (HTAP importante).

Si la CIV est importante, il peut être nécessaire d'opérer rapidement le bébé, ce qui sera généralement fait entre 3 et 6 mois. Si les poumons souffrent, il est nécessaire de pratiquer plus tôt une première opération de cerclage de l'artère pulmonaire, pour empêcher une trop grande quantité de sang de monter aux poumons.

Rappels de l'hémodynamique humaine après la naissance : animation Flash proposée sous licence CeCILL-B