vendredi 4 avril 2008

Gustav Klimt


J
’ai déjà fait part dans un billet antérieur de mon entichement pour l’Art Nouveau. Nancéen de cœur, cela paraît couler de source. Pas sectaire pour autant, ce billet propose quelques toiles de Klimt. Si l’on mesure l’ampleur de nombre de ses œuvres dans les mass média, personne ne peut l’emporter sur lui, que ce soit Dali ou Beuys, Picasso ou Warhol - pour ne citer que les plus populaires. De plus, Gustav Klimt, a une cote énorme auprès des psychanalystes. Viennois, bien entendu, contemporain de Freud, trop de pot, et pour couronner le tout, peintre symboliste. Un truc à gloser des heures sur la moindre de ses toiles. Aucun doute possible, le tableau qui illustre ce billet, bien qu’un peu moins divulgué, a bien de quoi alimenter un essai de trois-cents pages pondu par un détenteur des clefs de la psychée. Il s’agit du Jardin au crucifix (1912-1913), brulé malheureusement en 1945 au château d’Immendorf. Ne me demandez pas par quel sortilège nous avons en notre possession des documents photographiques couleur d’un tableau parti en fumée. Copies antérieures ou existait-il déjà des archives avec des photographies en couleur de qualité?



Portrait d'Emilie Flöge, 1902, huile sur toile, 181x84cm, Vienne, Historisches Museum
*

Sentier de jardin et poules, 1916, huile sur toile, 110x110cm, brûlée en 1945 au château d'Immendorf comme la première du billet.



Les Amies (détail), 1916-1917, huile sur toile, 99x99cm, brûlée en 1945 au Château d'Immendorf


L'Église d'Unterach sur l'Attersee, 1916 - Huile sur toile, 110x110 cm - Graz, collection particulière



Ferme en Haute-Autriche, 1911-1912, 110x110 cm - Vienne - Osterreische Galerie


Ce dernier tableau peut faire penser qu'il a été peint en pleine nature au même endroit que le premier présenté dans ce billet. On y retrouve en effet un bâtiment similaire, bleu en planches, et le motif floral, à droite en bordure de l'arbre, fait penser étrangement à celui du "Jardin au crucifix". Qui plus est, les dates des tableaux concordent. A partir de 1900, Klimt prit l'habitude d'effectuer de longs séjours estivaux sur les bords de l'Attersee dans le cercle de la famille Flöge.

A noter que la première image du billet a été affichée par les internautes plus de 40 000 fois à la date du 02/04/2011.

7 commentaires:

  1. Merci pour cette toilé magnifique et méconnue ^^

    RépondreSupprimer
  2. Anonyme> vous êtes la 2387éme personne à consulter ce billet et la seule ayant eu jusqu'ici l'amabilité de laisser un commentaire. Soyez-en remercié(e). Je vous suis totalement, cette toile est magnifique.

    RépondreSupprimer
  3. GRANDIOSE!!! j'en ai la chair de poule...GRAND MERCI

    RépondreSupprimer
  4. je suis inconditionnelle de Klimt quelle que soit la période,pour ses détails et ses graphismes et pour l'harmonie jamais mièvre et l'emploi du doré et...et...merci pour ces plaisirs de l'âme

    RépondreSupprimer
  5. anonyme> comme quoi toute forme d'art est la tentative de transmettre, de partager, une émotion, un sentiment, une sensation avec un spectateur, ou un lecteur quand il s'agit de littérature. Klimt y est parvenu chez vous.

    mamazerty> Merci pour ce commentaire. J'ai fort étonnement découvert Klimt sur le tard. Les coups de cœur tardifs ont probablement le mérite d'échapper plus facilement aux artifices et aux techniques de racolage. Klimt évite la mièvrerie comme vous l'indiquez parfaitement et sa technique maitrisée lui permet de coller au plus près à l'essence émotionnelle des scènes qu'il applique sur ses divers supports.

    RépondreSupprimer
  6. Pourriez vous précisez l'origine de la commande de ce magnifique tableau ? A t'il été commandé par une personne à cette époque ou bien Klimt l'aurait il peint sur le vif, par simple envie ?
    merci d'avance pour votre réponse.

    RépondreSupprimer
  7. Annonyme> Je pense que vous me demandez ces précisions au sujet du tableau, « Le jardin au crucifix ».

    Presqu’un quart des tableaux de Klimt sont des peintures de paysages. Le fait qu’il n’ait laissé aucun dessin de paysage a, entre autres, un rapport avec sa façon de travailler en pleine nature et d'utiliser des livres d’esquisses, qui ont presque tous disparu. Quelquefois, il complétait les peintures dans son atelier de Vienne. A l’occasion, il s’aidait probablement aussi de photos.

    Des conditions tout à fait banales, ses longs séjours estivaux sur les bords de l’Attersee dont il avait pris l’habitude dans le cercle de la famille Flöge à partir de 1900, sont à mettre en exergue. Cet homme décrit comme « taciturne » avait une vie laborieuse enfermée «dans la coquille d’une vie de Philistin réglée». S’en détacher lui était une horreur. Un petit changement d’endroit était tout un événement…

    En remettant le nez dans l’ouvrage de Gottfried Fliedl , «Le monde à l’apparence féminine», Gustav Klimt 1862-1918, chez Taschen, un tableau présenté pourrait nous mettre sur la piste: «Ferme en Haute-Autriche», 1911/1912. Contemporain du premier tableau évoqué, un bâtiment bleu de planches y figure aussi, ainsi que des motifs floraux en bordure droite de tableau étrangement similaires à ceux du jardin au crucifix. Quant à savoir s’ils furent tous deux initiés suite à une commande, il m’est impossible d’y répondre, bien que l’hypothèse qu’ils aient été peints au même endroit et soient le pur fruit d’escapades bucoliques est plausible.

    J'ajouterai prochainement ce tableau au billet pour étayer ma théorie de Sherlock Holmes...

    RépondreSupprimer

Commentaire de :