samedi 7 novembre 2009

Et soudain, le 29 avril 1968 à la télévision française...


vendredi 6 novembre 2009

Soleil couchant

Highslide JS

Elle voulait changer d'air, voir la mer. Regards embués vers les cartes postales accrochées au buffet de sa cuisine, petites lucarnes magiques en carton glacé ouvrant sur autant d’évasions convoitées. Tous ces avions qui passaient dans le ciel et elle qui restait plantée sur le tarmac comme une âme en peine. Pour cette femme enfant, il fallait imaginer avant tout la convoitise d’escapades policées. Sans doute imaginait-elle que le soleil des basses latitudes raviverait sa flamme vacillante pour un compagnon palissant ? Un teint de peau colonial à la Somerset Maugham pourrait lui redonner un semblant d’attrait. Une réserve astringente asséchait chez elle toute rosée émotionnelle naissante. Le moindre débordement des sens était dévitalisé sur le champ. Exposer une parcelle du monde secret de sa sensualité déclenchait chez elle un vertige panique. Son éducation l’avait conditionnée aux plaisirs masochistes. Le goût exagéré du sacerdoce à autrui n’est pas sans conséquences. C’est probablement exact que la seule jouissance qu’on puisse réellement offrir aux martyrs arrivés au paradis, c’est de les en chasser à grands coups de pieds aux fesses.

Partir aurait pu l’aider à relâcher ses liens familiaux oppressants. Mais Hugo savait que promptement rassasiée d’excursions convenues, tout la presserait à rentrer au triple galop s'imprégner à nouveau des remugles du paddock tribal, les fontes bourrées de colifichets. Elle avait beau aligner des tirades ronflantes sur les vertus du voyage, il n’y décelait qu’un besoin d’émotions synthétiques sur fond de gargouillis consuméristes.

Hugo aimait voyager, mais malheureusement pour elle, c'était avant tout dans son imaginaire. Ses modes de transport : sa flottille de livres, son escadrille de phantasmes amoureux, son écurie de disques, sa caravane de souvenirs heureux. Comme il est exceptionnel de partager ces modes d'évasion, il voyageait seul la plupart du temps et assez peu géographiquement. En contrepartie, il pouvait embarquer à toute heure du jour et de la nuit quand le ciel devenait gris et le spectacle de la vie triste à mourir.

Un jour, cependant, lançant sur le tapis le fruit de maigres économies, il s’inscrivit avec elle à un voyage lointain. Dés l'aéroport, son coup de poker lui infligea la sanction qui s’abat immanquablement sur celui qui fait fi de ses intuitions. Le glacis émotionnel du lieu de transit où il patientait avant l'embarquement était peuplé d’êtres aux visages tendus, sillonné de colonnes de chenilles processionnaires traînant des paquetages hétéroclites en direction d’aires d'envol où elles allaient se figer dans une attente nerveuse. Se sentir membre discipliné d'un groupe assoiffé de migrations régulées, acteur obligé de séquences de transit réglementées, de conduites automatisées, lui gâchait déjà son plaisir. Sourires professionnels des hôtesses et des stewards, pantomime rituelle des consignes de sécurité ânonnées sur un ton impersonnel à bord de l’aéronef. La chorégraphie grotesque, à l'intention probable des malentendants, lui fichait le bourdon. Qu'on lui mime avec une bonne humeur affectée les gestes à accomplir au décours du crash qui pouvait sonner le glas de la joyeuse escapade, transformait Hugo en observateur goguenard embarqué dans un supermarché volant du tourisme. Le voyage industriel entame le goût du fruit. Les grosses pommes rouges joufflues aux galbes racoleurs des rayons fruitiers des supermarchés n’ont jamais la saveur rare des pommes sauvages cueillies dans un verger abandonné au décours d’une rapine aventureuse.

Hugo, dégoûté des univers passionnels et de leurs douloureux cortèges, avait fait le choix d’une relation calme. Il s'ennuyait paisiblement. Dieu que cette fille avait l’air triste, amoureuse d’un égoïste. Le peu qu'il connaissait de son enfance lui avait suffi à comprendre les règles du jeu principales héritées de son milieu. Highslide JSElles puisaient dans les valeurs d’un bolchévisme moribond. Du chaudron populaire où bouillonnent théoriquement les forces natives, monte parfois la vapeur corrosive de l’intolérance. Pour obtenir l’adoubement du milieu, il faut souvent en passer par une initiation laborieuse et les jugements sans nuance d’un tribunal populaire. Pragmatisme et utilitarisme sont brodés en lettres d’or sur sa bannière. A chaque religion ses hérétiques. Les anciens artistes commandités par les instances du bolchevisme étaient devenus des plus lourds que l'air, lestés par les dictats idéologiques. Seules, quelques pirouettes facétieuses, arrivaient à bafouer les règles de l'académisme d’état. L'observateur perspicace pouvait alors déceler derrière ces visages radieux tournés vers les lendemains qui chantent, ces bannières frappées de faucilles et de marteaux claquant dans la tempête de la révolution, ces bâtiments massifs et pompeux cimentés par la sueur et le sang des masses laborieuses, ces ciels aux lumières apocalyptiques, des poses statuaires feignant l'élan vital qui dissimulaient en fait, sous des postures cabrées des Spartacus chapeautés de casques prêts à briser des liens, des hommes qui ne s’attaquaient pas à ceux qu'imaginait l'état commanditaire. L'art n'a pas de religion, d'idéologie ou d'appartenance. Il n'excelle qu'en son genre.

Hugo avait résisté patiemment aux jugements avec d’autant plus d’ironie qu’il était issu du même milieu social, bien que n'en n'ayant pas épousé les modes de pensée. La pression du milieu était cependant trop forte pour qu’il puisse aider la fille à sortir du bocal sans l'asphyxier. Hugo était profondément touché par sa gentillesse et son infinie patience. Sa douceur et son tact l’avaient toujours incité à la protéger. Mais comment une fille conditionnée aux poncifs du monde du travail pouvait-elle admirer le sybarite dilettante qu’il était devenu? Il se demandait ce qui l'attachait réellement à lui. Hugo craignait que ce fût le manque d'alternative.

A cette heure, le patient anglais planait au dessus d’un océan sablonneux aux éclats de quartz scintillants. Une heure plus tard, l’avion allait piquer vers un long ruban végétal gainant un filament aux sinuosités molles. La vie se ramassait sur cette bande étroite fertilisée par les alluvions du fleuve Nil qui striait l’immense désert.

A la sortie de l’appareil, Hugo reçut un véritable coup de massue: la température dépassait largement les quarante degrés. Malgré, ou aidé, par le choc thermique, il ne fut pas long à tomber sous le charme du pays. Cette lumière ocre et rose, il ne la connaissait pas. Cette vie grouillante et chaude, ce brassage ethnique bigarré, cette cohabitation entre costumes traditionnels et tenues dernière mode européenne, ce bruit de fond de klaxons échappé d’un trafic automobile anarchique aux antipodes des règles de circulation usuelles, lui montraient à l’envie qu’il venait de changer d’univers. Assailli sans cesse par des commerçants voulant le traîner dans leurs boutiques, juste pour le plaisir des yeux, plongeant alternativement d’une atmosphère mondialisation à celle de scènes de vie inchangées depuis la plus lointaine antiquité, il retrouvait peu à peu sa fièvre imaginative et sa bonne humeur.

Le lendemain matin, accoudé au bastingage du bateau de croisière, il voguait sur un champ de fleurs aquatiques aux couleurs intenses et longeait des berges vertes plantées d’arbres à palmes aux essences variées. Des nuées d’enfants saluaient les Highslide JSpassagers un instant avant de reprendre leur baignade au milieu de troupeaux d’animaux domestiques venus boire au fleuve. A l’Ouest, les dunes Arabiques, à l’Est, les dunes Libyques bouchaient l’horizon et faisaient oublier aux passagers qu’ils s’enfonçaient au cœur d’un désert infini. Les halos dorés qui festonnaient les ondulations sablonneuses rappelaient cependant, qu’en arrière, la lumière arrachait à l’océan des sables des vapeurs propices à des couchers de soleil époustouflants. Le guide qui encadrait le groupe sut prestement conquérir son auditoire. Sa culture domestiquée, son humour, l’admiration sans borne qu’il portait à son pays, circonvint rapidement Hugo. Il avançait à grands pas dans sa découverte de l’ancienne Égypte, de ses monuments érigés à la gloire des maîtres et dans sa connaissance des rites dédiés aux dieux, souvent porteurs d’une grande poésie. L’évasion prenait fin quand les préoccupations médiocres du groupe auquel il appartenait et les réflexions du style « les bronzés en croisière» le ramenaient au monde auquel il appartenait. Sa compagne s’adonnait à la collecte forcenée de souvenirs. Elle refusait de passer à coté de bonnes affaires, maîtresse, imaginait-elle, dans l’art du marchandage. Il s’était amusé du courroux qu’avait occasionné une de ses expéditions mercantiles. Tombée sous le charme d’un beau parleur lui laissant supposer un intérêt puissant pour sa personne, elle s’était fait refiler une cargaison de safran capable d’alimenter la consommation française annuelle. Sortie de l’envoutement favorisé par le morceau de Jean-Jacques Goldman «Aïcha» que le fakir aux épices passait en boucle, elle avait compris la manœuvre au moment de l’addition : «Tu aurais du m’arrêter avant, si tu savais que le safran était si cher!»

Hugo lui avait pourtant adressé quelques regards obliques dissuasifs. En fait, il était ce jour en prise à des réflexions d’un autre ordre. Se méprenait-il sur les avances répétées et peu discrètes d’une jeune passagère de la croisière? Elles avaient finies par aviver la jalousie de sa compagne. Celle-ci faisait partie de ces femmes jamais convaincues de leur choix affectif et ne le confortant que dans l’adversité. L’ahurissement d’Hugo tenait au jeune âge de la gourgandine, émoustillée sans doute par son premier voyage exotique. Le coté tordu de la chose : c’était en fait son voyage de lune de miel. Le rustre auquel elle s’était acoquinée pouvait lui poser question. Il était cependant peu probable qu’elle ait été vendue à son maître sur un marché d’esclaves. Hugo était à mille lieues de vouloir donner suite aux signaux de cette midinette en proie au doute ou tout simplement soucieuse de tester ses charmes dans des circonstances plus que douteuses.

l'Égypte était en but aux assauts intégristes. Les rues des villes grouillaient de barbus enturbannés accompagnés de femmes aux habits ternes, le visage dissimulé en partie sous des foulards laissant entrevoir parfois ce qui pouvait passer pour de la résignation. Hugo se demandait si les interdits religieux parvenaient vraiment à étouffer leur désir? Les textes d’extases mystiques donnaient souvent dans un style littéraire qui frôlait celui du récit érotique, empruntant une part de son vocabulaire.

Alors que la croisière touchait à sa fin, désireux de dissiper tout malentendu, Hugo avait décliné l’offre d’une visite de musée en comité restreint à laquelle la jeune mariée l’avait convié ainsi que sa compagne. Il avait préféré flâner le long des quais de la dernière ville escale. Le soleil plongeait vers les sables. Hugo s’assit sur un banc pour mieux profiter de la magie de l’instant. Accoudé à la rambarde métallique qui bordait le fleuve, un groupe d’autochtones en tenue traditionnelle profitait aussi du spectacle. La force de l’habitude ne semblait pas avoir émoussé leur plaisir. Attirée par une température devenue légèrement plus clémente, une marée de promeneurs passait devant Hugo. Les hommes en tête, la suite des femmes dans leur sillage. Des nuées d’étourneaux piaillaient dans les branchages des flamboyants de la grande avenue. Les klaxons de la ville accompagnaient leur concert assourdissant.

Au moment où Ra allait se cacher derrière les dunes, un phénomène étrange se produisit. Des paillettes d’ors sombres et des irisations saumonées emplirent l’atmosphère comme une pluie sèche croulant lentement sur le fleuve. Les oiseaux stoppèrent d’un coup leurs piaillements entêtants. Les bruits de la ville s’estompèrent aussi de manière étrange. Un des spectateurs du couchant salua Hugo en lui souriant. Une femme à la démarche de reine, parée de noir, port altier et tête couronnée, arrivait à leur hauteur. Son visage moyen-oriental s’éclaira pendant quelques secondes d’un sourire éclatant. Un regard de braise comme seules savent en décocher sans ambages les femmes du pourtour du bassin méditerranéen aux hommes qui leurs plaisent, se planta droit dans les yeux d’Hugo. Témoin du manège, son complice égyptien du couchant adressa cette fois à Hugo un sourire amusé. Lui aussi avait remarqué la grande beauté de la passante. Son sourire semblait lui indiquer qu’il appréciait qu’un étranger prenne le temps de contempler la magie des crépuscules de son pays et la splendeur de ses reines.

Hugo tenait la réponse à sa question. Mais était-il nécessaire pour lui de s’asseoir seul sur un banc à des milliers de kilomètres de chez lui pour la découvrir? Il devait cependant convenir qu'il était idiot de refuser un voyage sous prétexte qu'on avait sa petite idée sur la question. Un souvenir de plus à embarquer avec lui sur le galion, les soirs où il appareillait pour s’évader.

Pierre TOSI - Juin 2002 -

Highslide JS

Nota Bene : Photographies argentiques personnelles illustrant une nouvelle imaginée durant un séjour en Égypte en 1997.
Celle du haut du billet m'a permis de fixer sur la pellicule le bateau à aubes de « Mort sur le Nil » (Death on the Nile) du film britannique de John Guillermin, sorti en 1978. Il s'agit de la première adaptation au cinéma du roman d'Agatha Christie publié en 1937.

jeudi 5 novembre 2009

Partage Picasa

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Picasa permet aux internautes de partager des albums photos publics ou privés. Un internaute asiatique m'ayant communiqué un lien vers ses albums publics par l'intermédiaire de mon espace personnel, je me permets de vous le faire partager. Plusieurs séries "Nature", entre autres, valent vraiment le détour. La photo du billet en fait partie.

mercredi 4 novembre 2009

Oldies but goodies

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Il est des livres que l’on a prêtés et qu’on estime ne plus jamais revoir. Celui-ci a fait cependant sa réapparition dans ma bibliothèque, bien des années après son prêt. Les nombreuses remarques et les remerciements au crayon figurant sur sa deuxième de couverture, ainsi que les annotations des divers lecteurs sur un grand nombre de ses pages, m’indiquent que de nombreux intermédiaires en ont fait bon usage.

Desmond Morris est né le 24 janvier 1928 au Royaume-Uni près de Swindon, Wiltshire. C’est un zoologiste vulgarisateur et un artiste peintre surréaliste.

Il réalise en 1957 une exposition de peinture faite par Congo, son chimpanzé, avant d'être remarqué comme présentateur pour l'émission Zoo Time dans les années 1960. Également producteur de shows télévisés et auteur de livres de zoologie, son éclectisme n'a pas contribué à sa crédibilité scientifique dans sa présentation animale de l'être humain. Il reste pourtant un précurseur en matière d'éthologie humaine (voire de la sociobiologie humaine), notamment à travers l'ouvrage «Le Singe nu», best-seller de 1967 vendu à plus de dix millions d'exemplaires.

Le teaser des Éditions Bernard Grasset en 1968 :

En tête, depuis plusieurs semaines, de la liste des best-sellers américains (460.000 exemplaires vendus en trois mois), « Le Singe Nu », qui nous vient d’Angleterre, triomphe dans dix-huit pays. La raison de ce raz de marée ? C’est qu’il nous est montré, démontré, expliqué que, loin de descendre du singe, comme on l’affirme et le dément chaque jour, nous en sommes… On sourira, on rira, on s’émerveillera, on se récriera, on s’indignera. Les révélations que Desmond Morris apporte, en particulier sur notre sexualité, paraîtront à beaucoup scandaleuses. Cette enquête aux multiples surprises est menée par un jeune savant réputé qui se fonde sur les recherches les plus récentes et sur des années d’observations. Mais « Le Singe Nu », c’est aussi et surtout, un document captivant dont l’humour a fait dire à Arthur Koestler : « Quand on se regarde dans une glace, après avoir lu ce livre, on ne se voit plus de la même façon. »

dimanche 1 novembre 2009

Valse avec Bachir

Highslide JS

Valse avec Bachir (en hébreu ואלס עם באשיר) est un film d'animation documentaire réalisé par Ari Folman et sorti en 2008. C'est une coproduction israëlo-franco-allemande. Le film a obtenu de nombreux prix dans le monde, dont le Golden Globe Award du meilleur film étranger et le César du meilleur film étranger en 2009. Il était en compétition pour la Palme d'Or 2008 et l'Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2009. Je pense que le jury de Cannes, cette année, est malheureusement passé à coté dans sa distribution des récompenses. Il a peut-être été perturbé par ce mélange singulier des genres que proposait le réalisateur, alliant animation atypique époustouflante, documentaire et travail de mémoire personnel.


Par sa pureté formelle, Valse avec Bachir double son précieux travail de mémoire d'une folle aisance à repousser les limites du cinéma d'animation. Éblouissant.
Vincent Malausa

Ari Folman vient de nous faire un dessin, peut-être même le dessin de l'année. Il vient aussi de tirer un trait définitif, rageur, sur ce que l'on croyait savoir sur la frontière entre la fiction et le documentaire.
Philippe Azoury





Concerto pour piano et orchestre en fa mineur, BWV 1056, Largo

mercredi 28 octobre 2009

Bang, bang ! Fin

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Adulateur du trait névrotique qui amène l’individu à déployer des trésors d’inventivité pour multiplier les situations susceptibles de lui nuire, je décidai illico de donner suite à l’invitation, histoire de probablement glisser mon doigt entre l’écorce et l’arbre. La voix qui me répondit au téléphone était tout à fait charmante. Anne Rênal s’exprimait avec aisance et savait mettre son interlocuteur à l’aise. Elle m’apprit aussitôt ce que j’imaginais bien: elle était effectivement la fatale qui avait descendu le cowboy en plein vol.
- Je porterai frac et chapeau clac, ainsi qu’un hortensia rose à la boutonnière pour la rencontre afin d’éviter toute méprise. Peut-être serait-il préférable de ne pas trop s’attarder sur place au cas où l’amoureux bafoué roderait encore dans les parages ?
- Primo, votre tenue de gala ne sera pas nécessaire, je vous ai entrevu l’autre soir et saurai vous reconnaître. Deuxio, pour ce qui me concerne, je peux dégotter un renard dans une friperie et le porter en écharpe pour vous épargner un doute résiduel. Tertio, Alexandre est reparti à Paris, vous n’avez plus rien à craindre.
- Tout bien réfléchi, inutile d’investir dans la fourrure, j’arriverai en avance et vous viendrez me rejoindre à ma table.

Coquet par nature, j’hésitai longuement quant à la tenue vestimentaire pouvant convenir à un pareil entretien. On juge un homme à la façon dont il est chaussé, c’est bien connu. Le pied, et tout particulièrement le talon pour les grecs anciens, avait quelque chose à voir avec le siège de l’âme. N’ayant pas de petites ailes à accrocher aux miens, je sentais cependant que ce point de détail pouvait s’avérer crucial. Je devais choisir avec art la façon dont je me chausserais. Mon cœur balançait entre les mocassins noirs portés avec des chaussettes de sport blanches à rayures bleu blanc rouge et les plus prosaïques, mais ravageuses, sandalettes en cuir de pervers, avec un short anglais… et le baise-en-ville en bandoulière, bien entendu. Et puis, foin de la tenue de combat, je mettrais simplement celle que j’avais le soir de ma rencontre avec Alexandre Bukowski, je venais d’apprendre son prénom, y compris le caleçon avec les Mickeys, encore tout propre, puisque je ne le portais que depuis huit jours.

J’avais le nez dans un bouquin quand une très jeune femme, tombée de Vénus et ayant promptement dissimulé son parachute dans son sac à main, arriva à ma table. Attention, rien à voir avec une bimbo de série américaine. Plutôt le style Joan Fontaine dans «Soupçons» d’Hitchcock : un mélange de classe et de beauté naturelle. Une fois de plus, je me trouvais être le héros de la soirée dans cet estaminet où bien des regards mâles convergeaient en notre direction. Ayant convié l’apparition à s’asseoir à ma table, je ne pus m’empêcher d’y aller d’une balourdise de gros dragueur alors que j’étais aussi intimidé qu’un collégien. Grand classique chez les timides: «Je comprends mieux la cause du désespoir d’Alexandre le Grand. J’imaginais cependant un tout autre style de vamp. »
- Monica Belluci, en mieux ?
- Une variation sur le même thème. Mais je suis plus sensible au type de féminité que vous développez. Un restant d’éducation judéo-chrétienne.
- Ah bon ! Je ressemble trait pour trait au portrait qu’on montre sur les images pieuses de Bernadette Soubirou ?
Plutôt que de me tasser un peu plus sur ma chaise à force de m’enliser, je décidais de lui demander rapidement ce qui l’avait décidée à souhaiter me rencontrer.
- Comme vous l’avez appris sans doute, nous sommes séparés Alexandre et moi depuis plus de deux ans. Chaque fois que nous nous sommes revus depuis, la scène a tourné au drame ou aux règlements de comptes sordides. Je l’ai beaucoup aimé, l’aime toujours un peu trop probablement d’ailleurs, et serais heureuse que vous me donniez de ses nouvelles puisque vous avez eu l’occasion de vous entretenir hier longuement avec lui.
- Destinée tragique que la mienne. Les femmes que je rencontre adorent me parler de leurs amours mortes avec des trémolos dans la voix. Pour être franc, l’état d’ébriété assez avancé dans lequel je l’ai trouvé ne m’a pas permis d’en juger avec précision.
- J’ai aimé Alexandre dès ma plus tendre enfance, pour sa force de caractère, son esprit de décision et probablement l’image paternelle rassurante que sa présence dégageait. Tout comme vous, j’en suis restée aux archétypes concernant les images hommes femmes.
- Sage décision. J’imagine mal que l’éthologie humaine ait attendu Simone de Beauvoir pour assurer une bascule soudaine en direction de nouveaux modèles. Comment imaginer faire table rase avec une telle facilité des acquis préhistoriques. Et vous avez changé de modèle et fondu un jour pour la version Souchon, non ?
- Un peu ça. Je vis depuis un an avec un écrivain à la tendresse et au comportement bien éloignés de l’archétype masculin initialement évoqué.
- Pauvre de nous les hommes qui voyons partir nos compagnes, tantôt pour un cow-boy, tantôt pour un Souchon, au gré des modes que nous imposent les sociétés et milieux auxquels nous appartenons.
- Et vous pensez que c’est plus facile pour nous les femmes ?
- Non. L’époque est trouble et les repères solides évanescents. J’ai cru comprendre qu’Alexandre avait abandonné une belle carrière de juriste suite à ses états d’âme consécutifs à votre rupture ?
- Oui, il avait perdu, à ses dires, la foi sacrée.
- Quoi qu’il en soit, dur de continuer longtemps à se prendre pour un représentant de Dieu sur terre appliquant la Justice des hommes dans des affaires ou parfois, au mieux, seule l’intime conviction permet de trancher, hein ? Je comprends mieux son amour pour Albert Camus. Après « L’étranger », « La chute ».
- Comment un homme aussi solide peut-il basculer aussi vite dans le doute absolu, suite à une rupture amoureuse ?
- Parlez-en à un psychologue. C’est son fond de commerce.
- J’aimerais trouver les mots pour le convaincre de reprendre le dessus.
- Ceci est tout à votre honneur. Moi, je n’ai jamais eu cette chance d’avoir un ange gardien ancien amoureux qui continue des années durant à veiller sur moi. A chacun son histoire. Qu’est ce qui l’a mis dans cet état l’autre soir ?
- Il m’a vu avec mon compagnon au salon du livre. Alexandre écrit lui aussi à l’occasion avec un certain bonheur.
- Ce n’est pas tout de même l’ancien journaliste qui s’est fait greffer un paillasson sur la tête ?
- Non, je ne fais pas dans la figure nationale. Vous avez vu comment cette simple confrontation avec la réalité a pu le perturber. Il n’est pas alcoolique, vous savez. Vous avez vu Alexandre dans un très mauvais jour !
- Et encore, c'était de nuit. Dans le domaine de la passion amoureuse finissante, les femmes ont plus d’armes en main pour quitter le bateau à temps en cas de naufrage, vous savez.
- Qu’entendez-vous par là ?
- On en revient aux archétypes. Les femmes ont du mal à pérenniser une relation qui consciemment ou inconsciemment leur laisse supposer qu’elle n’aura jamais l’assise suffisante pour garantir la protection d'une potentielle couvée à éclore. On n’est pas loin de la génétique animalière dans cette affaire.
- Je n’avais jamais envisagé la chose sous cet angle, mais pourquoi pas ? Vous ne me prodiguez pas pour autant le moindre conseil salutaire.
- Grosse demande en ce moment sur le produit. Empiriquement, excusez la métaphore, j’ai souvent constaté qu’il fallait qu’un clou chasse l’autre pour que ces affaires amoureuses évoluent dans le bon sens. Essayez de lui trouver un objet amoureux de substitution: une femme qui tienne la route. Vu son choix de départ, cela va être coton. Ou mieux, retrouvez son ancien doudou, son « Rosebud » à lui...
- Je ne suis pas directrice d’agence matrimoniale et n’ai pas accès au grenier maternel.
- Et circonstance aggravante, vous m’avez laissé entendre que vous l’aimiez encore dans cette histoire en miroir, plus complexe encore que celle de la chanson «Bang Bang». Peut-être le pressent-il obscurément ?
- J’ai pourtant bien pris mes distances, vous le constatez, puisque j’ai besoin de faire appel à des témoins pour obtenir les renseignements que pourrait me donner directement l’intéressé.
- Peut-être pas suffisamment, si votre décision est définitive et que vous n’envisagez pas de faire machine arrière ?
- Non, on ne rafistole jamais une histoire qui a mal tourné. Revient sans cesse le temps des reproches. Je vous remercie d’avoir pris sur votre temps pour m’écouter patiemment. A propos de temps, peut-être suffit-il alors de laisser encore un peu plus de temps au temps.
- Sans doute. Vous savez, l’angoisse d’abandon est un vieux machin imprimé en chacun de nous depuis la prime enfance. A nous d’apprendre à la gérer. A chaque homme sa part de solitude. D’aucuns prétendent même qu’elle constitue la seule vraie constante humaine.

La jeune femme me regarda un instant dans les yeux, avant de me sourire avec tendresse. Elle me demanda de l’accompagner dans une petite escapade nocturne avant de prendre congé. Deux solitudes en chemin dans les rues de la ville cherchant un temps d'oublier ce triste lot.

Une heure plus tard, retourné au Café du Commerce, je demandais au patron de me servir deux scotchs au comptoir.

- Deux! Vous faites des infidélités à votre habituel diabolo grenadine! Un coup de moins bien!
- Servez, servez! Je viens d’accompagner un temps la trajectoire d'une comète. Vous me videz de votre établissement si dans l’heure qui suit, je me mets à haranguer la foule.

Souriant intérieurement de cette fin d’histoire à la Nestor Burma, je me récitai en silence le poème de Gérard de Nerval :

Elle a passé, la jeune fille,
Vive et preste comme un oiseau,
A la main une fleur qui brille,
A la bouche un refrain nouveau.
C’est peut-être la seule au monde
Dont le cœur au mien répondrait,
Qui venant dans ma nuit profonde
D’un seul regard l’éclaircirait.
Mais non, ma jeunesse est finie,
Adieu, doux rayon qui m’a lui,
Parfum, jeune fille, harmonie,
Le bonheur passait, il a fui.

vendredi 23 octobre 2009

Seven

Highslide JS
Pour utiliser le terme technique en vigueur: migration hier soir vers Windows Seven.

J’avais fini par m’habituer aux petites contrariétés persistantes de Vista. Des fenêtres qui ouvrent avec des modes de présentation que l’on n’a jamais enregistrés: une fois des icônes de grandes tailles, une fois des petites, une fois des listes. Des sons Windows qu’on finit par ne plus entendre le temps passant, comme le "stong" quand on retire un périphérique USB, même dans les règles de l’art: problèmes connus de compatibilité avec les cartes son. La mise en veille simple qui se transforme en veille prolongée sur un portable quand on est sur batterie alors qu’on a bien configuré le gestionnaire de fermeture. Les anciens logiciels remisés au placard. La définition graphique du fond d’écran qui varie selon la technique utilisée pour sa mise en place. Le petit gadget avec les cadrans d’utilisation du système dont celui de gauche monte régulièrement en flèche et celui de droite indique en continu une occupation copieuse de la RAM par le système. Les mises à jour qui tombent drues...

Le graphisme de l’interface de Vista était quoi qu’il en soit fort réussi avec son mode Aero et la prise en main du système d'exploitation très intuitive et un peu moins pagaille que sous XP.

Le passage à un autre système d’exploitation est souvent éprouvant pour les nerfs dans les heures qui suivent. L’application que vous utilisiez journellement, celle-là et pas les autres, ne fonctionne plus qu’imparfaitement et vous pousse à acheter la dernière version du marché: technique commerciale classique. Et bien, que nenni ! La mise à jour en direction de Seven est longue, certes, pour moi une heure et demie, mais ne nécessite aucunement votre présence. Tout est automatisé jusqu’à l’étape finale des paramétrages classiques obligatoires et de l’entrée de la clef d’enregistrement de la licence.

On fonce bien entendu immédiatement sur les bizarreries antérieures évoquées, pour tester, comme ça, en pensant que tout était peut-être du au concepteur de votre ordinateur : plus rien... tout tourne comme une horloge. Seule singularité, Windows Mail n’est plus présent dans Seven. On vous indique le fait et comment y remédier. Résultat des courses pour moi: juste à importer un carnet d’adresses dans un autre mailer.

Refonte importante et astucieuse de la barre de tâches. L’Aero est toujours présent et devient même Aero Shake et Aero Peek. Resté très gamin, j’adore virer les fenêtres qui encombrent le bureau en secouant celle que je veux conserver ou les rendre transparentes en amenant le pointeur tout à droite de la barre de tâches. La mise en réseau assez galère de Vista est devenue simplissime avec Seven. De nouveaux raccourcis facilitent hautement le positionnement des fenêtres et évitent les redimensionnements laborieux. A noter aussi dans le menu contextuel de la poubelle la disparition de l'option suppression qui m'a fait disparaître plusieurs fois par erreur cette icône du bureau alors que je souhaitais simplement vider la poubelle!

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Le passage à Seven vaut vraiment le coup pour les prudents qui ont conservé XP comme système d’exploitation tout en ayant une machine éligible pour Vista.

L’obsessionnel qui sommeille en moi, et que j’ai évoqué dans un ancien billet, a réussi tout de même, on s’en doute, à planter le système en effectuant ce qui est clairement déconseillé: télécharger des mises à jours facultatives et en particulier la dernière version du pilote de la carte graphique, quand tout fonctionne à merveille. Mode sans échec, dernier point de restauration, sueurs froides et coucouche panier après avoir revêtu mon cilice !

Après utilisation:
- Paint est enfin devenu un outil dessin de base digne de ce nom.
- Présence d'un outil de capture performant pouvant enfin remplacer la touche "Impression d'écran" pour les captures.
- Belle évolution de Windows Media Player en synergie avec Windows Media Center.
- Mise à niveau intéressante des jeux Windows.
- Outils de gravure et de sauvegarde des données moins hermétiques.
- Bonne idée avec l'épinglage possible dans le menu démarrer ou dans la barre des tâches des programmes favoris.
- Bonne ergonomie du centre réseau et partage permettant enfin une bonne compatibilité avec les kits de connexion des fournisseurs d'accès sans ralentissement de l'ouverture des connexions.
- Possibilités de redimensionnement des fenêtres en glissant celles-ci en bordures d'écran.
- Amélioration sensible de la rapidité de certaines applications.
- Windows Live permet enfin de choisir les applications gratuites proposées par Microsoft sans surcharger votre installation en embarquant la totale: Windows Movie Maker est devenu plus ergonomique et à la portée des débutants, Windows Live Mail remplace définitivement Outlook Express. Ces applications doivent être téléchargées et ne sont plus installées d'office.

jeudi 22 octobre 2009

Jardin d'Automne à Nancy

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" On devrait construire les villes à la campagne car l'air y est plus pur !"
Alphonse Allais


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Photos personnelles

lundi 19 octobre 2009

Bang, bang ! Suite...

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La chanson vous ayant fait vaguement comprendre ce dont il était question dans son histoire-d’amour-qui-finit-mal, mon général, je passe directement à l’excipit. Attention, chers lecteurs, celui-ci n’est pas à mettre entre toutes les oreilles. L’alcool étant connu depuis l'antiquité comme un désinhibiteur redoutable, notre dépravé va déraper dans le classé X. La mise en garde bien comprise, vous pouvez continuer la lecture, bande de voyeurs.

- Bein oui, mon gars, elle est partie et t’es le seul à qui une histoire pareille est arrivée. Ce soir, vaudrait mieux pas qu’elle rapplique. Tomber sur un pochtron en vrac qui fait le show, ce serait le saccage final des lambeaux de souvenirs de ta belle idylle. Je m’adaptais, vous le constatez, avec une facilité dérisoire, tel le caméléon de commando, au style littéraire de ses propos.
- Toi, je te signale que t’as oublié de me faire le coup d’une de perdue dix de retrouvées !
- Oui, au fait, t’en a retrouvé combien depuis ?
- J’ai testé tout le panel de ce qui se fait de mieux pour oublier. La Ginette de Prisunic, ramassée à la sortie du Chat Blanc et son caniche qui vient me lécher les couilles pendant que je l’enfourche dans sa chambrette rose fuchsia, j’ai fait. La reine de la Mirabelle, pas sur la bouche à cause du maquillage, qui fouille mon manteau après un coït hygiénique pour voir si j’ai pas pris de photos avec mon iPhone, because carrière foutue avec Geneviève de Fontenay, j’ai fait. Le presque top model chargé à mort en coke qui vomit après sa biscotte de la semaine, j’ai fait. Un spécimen de la jeune génération étudiante qui ne peut plus prendre son pied qu’en se faisant sodomiser en coma éthylique, dans un confessionnal, tout en se branlant avec un crucifix, j’ai testé aussi. M’a même dit qu’elle me kiffait grave, l’éponge, pour te dire que je suis le coup du millénaire. La Chef de PME surbookée, vite fait, deux coups de lime à l’arrière de la Mercédès, la tête coincée sous l’appui-tête, la journaliste sadomaso avec mon masque en latex et la boule de ping-pong entre les dents, l’enseignante à lunette broutée sous le bureau à la cadence des coups de règle sur le dit bureau, et même, l’apothéose, la mère de famille nombreuse, reproductrice aux larges flancs, qui ne prend normalement son pied que dans les réunions de défense pour l’allaitement maternel en sortant un nibard en public pour donner la tétée au marmot et la polonaise aux nichons icebergs qui se signe après chaque gémissement.
- La foire aux bestiaux ! Quasiment l’album Panini au complet ! Te manque peut-être la pipe de la grande bourgeoise emperlousée, derrière le tas de foin, au fond de l’écurie pendant qu’elle se fait prendre par son étalon.
Ouf, premier sourire de la soirée !
- T’es peut-être passé un peu vite du romantisme intégriste à la débauche exponentielle, non ?
- Et c’est pour ça que je bois, hein ?
- Et c’est pour ça que tu trinques, Dorian Gray. Tu sais, il y a aussi l'a défonce aux bonbons Haribo pour monter encore d'un cran dans la décadence. Après le saccage à la Hun, la technique de la terre brulée armée russe époque napoléonienne, tu abordes, mine de rien, celle du cracheur de feu avec les alcools forts. Ça va finir par un suicide au cure-dent, ton affaire. Bon, t’évite de sortir ton cran d’arrêt, mais ta Juliette, elle s’est barrée à temps !
- C’est vrai, je faisais un peu dans l’outrance en fin de parcours.
- Tu m’étonnes, dans l’épouvante totale, oui !
- Et tu me conseillerais quoi pour mon salut?
- A part l’ermitage troglodyte, je vois pas trop. Mais pour l’heure, un roupillon, ce serait un bon début. Je te raccompagne.
- T’es pas pédé au moins?
- Non, ou je suis passé à coté d’une belle carrière. Et puis, tu sais, je crois qu’ils ont les mêmes problèmes et bien d’autres encore avec les débiles dans ton genre.
- Je disais ça au cas où t’aurais voulu me donner une image que j’ai pas pour mon album. J’ai plein de copains pédés qu’ont tenté le coup. Mais j’ai vraiment pas l’âme à ça.
- T’inquiète pas pour ton âme, j’abuserai pas de la situation. J’épouse le même concept que toi. On ne refait pas sa nature.

Le gars mélangeait allégrement sexualité et sentiments dans sa thérapie héroïque. Cela eut pu constituer "mon" conseil de la soirée, s’il avait été en état de le recevoir. Par chance, le pochard avait réservé une chambre à l’Hôtel de la Reine. Juste la place à traverser. Je confiai le fils de Bukowski aux bons soins du veilleur de nuit stoïque, mais pas au point de cacher totalement la pointe de mépris qui accompagnât son bonsoir.

Le lendemain matin, en sortant de chez moi pour prendre mon véhicule, je m’aperçus que je n’avais plus mes papiers de voiture, probablement laissés sur le comptoir du Café du Commerce. Un coup de fil confirma l’hypothèse. Une heure plus tard, le garçon de service me signala tout en me rendant mon portefeuille qu’une cliente m’avait laissé un mot sur une carte: « Pourrais-je vous rencontrer un soir de cette semaine dans l’établissement où vous avez eu la gentillesse de prendre en charge Alexandre et de tempérer ses diatribes publiques. Anne Rênal»

Sur la carte ses coordonnées. A suivre...

samedi 17 octobre 2009

Postscript, TrueType, OpenType

Highslide JS

Les curieux qui ont déjà mis le nez dans le dossier d’installation des polices de caractères ou fontes - en référence aux anciennes techniques d’imprimerie - de leurs ordinateurs, ont sans doute remarqué que plusieurs familles y cohabitaient : pas la même extension de fichier, pas les mêmes lettres sur les icônes.

TrueType est le nom d'un format de fonte numérique créée par Apple vers la fin des années 1980, en concurrence frontale avec le format Type 1 du standard PostScript, développé par Adobe Systems. Comme pour PostScript, les polices TrueType sont définies par des vecteurs grâce aux courbes de Bézier, mais seulement quadratiques, ainsi que par des algorithmes d'optimisation («hinting») sophistiqués. Ceci constituait une avancée importante par rapport au rendu d'images matricielles (ou «bitmap»), car il était possible de synthétiser une police à plusieurs tailles différentes, en atténuant de surcroît le problème du crénelage.

La granulation des pixels pouvant créer des effets optiques indésirables pour certaines petites tailles de caractères, la spécification TrueType admet des indications supplémentaires permettant de les éviter. Celles-ci permettent l'utilisation de techniques que connaissaient bien les concepteurs de fontes depuis que la photocomposition les avaient rendues nécessaires (l'impression au plomb, pour sa part, n'avait pas une précision suffisante pour justifier en son temps l'usage de telles techniques). En revanche, la conception de polices TrueType utilisant les hints est fastidieuse, mais les fontes ne les utilisant pas n'ont pas la même efficacité optique : elles donnent dans certains corps l'impression de « baver ».

Depuis le milieu des années 1990, ces polices sont gérées par une couche logicielle intégrée au système :
* FreeType pour les systèmes libres comme GNU ;
* intégré à GDI pour Microsoft Windows ;
* Suitcase pour Mac OS X.

Ce format a servi de base pour la conception du format OpenType, développé conjointement par Adobe et Microsoft, vers la fin 2002, et reste encore très largement utilisé.

OpenType est un format de fonte numérique pour les ordinateurs, développé conjointement par Adobe et Microsoft.

Annoncé la première fois en 1996, ce n’est qu’en 2000-2001 que les fontes OpenType sont retrouvées en nombre significatif. Adobe a terminé la conversion de toute sa bibliothèque de caractères en OpenType vers la fin de 2002. OpenType a été conçu par Adobe et Microsoft comme successeur des formats précédents de fontes, TrueType (développé par Apple et Microsoft) et des fontes de Type 1 PostScript (créées par Adobe). Il emploie, essentiellement, la structure générale d’une fonte TrueType Windows, mais tient compte des contours TrueType, ou des contours PostScript (stockés sous le format CFF/Type 2).

OpenType a plusieurs caractéristiques spécifiques :
* les fontes OpenType peuvent avoir jusqu’à 65 536 glyphes.
* le codage des fontes est basé sur Unicode et peut être utilisé pour n’importe quel système d'écriture connu d'Unicode, avec un mélange possible entre écritures. Néanmoins, aucune fonte ne comporte tous les caractères Unicode.
* les fichiers des fontes sont indépendants de la plateforme : Windows, Mac OS, Linux, BSD etc.
* les fontes peuvent avoir des fonctions typographiques évoluées, qui permettent le traitement approprié des écritures complexes, et utiliser des effets avancés pour des écritures plus simples, telles que l’anglais.

L’utilisation des fontes est protégée comme celle d’une œuvre artistique.

Sur Windows comme sur Mac OS, l’extension « .ttf » (TrueType Font) a été conservée pour les fontes à courbes TrueType. Les fontes à courbes PostScript utilisent l’extension « .otf ».

Sources Wikipédia.

Mon "dessin" du billet est composé au clavier avec plusieurs variétés singulières de fontes vectorielles. Seul le dégradé d'arrière-plan, le positionnement et le redimensionnement des caractères nécessitent quelques manipulations. Le fichier source, conçu dans un éditeur graphique, supporte ainsi les agrandissements les plus extravagants sans souci. Bien entendu, l’image du blog, au format JPEG, ne peut pas vous en faire la démonstration.

Note: attention! Si la plate-forme de réception des fichiers utilisant les polices ne contient pas celles utilisées par le concepteur, elles devront être remplacées par d'autres présentes sur vos machines par vos applications. A utiliser, donc, avec parcimonie. Pas de problème si le résultat final est un fichier image, comme ici. J'ai constaté cela par exemple au début, sans comprendre le hic, dans des applications Flash utilisant des secteurs de texte non convertis en clip. Ne vous amusez surtout pas à vider des fontes résidentes de votre système, en particulier celles essentielles à vos navigateurs! Effet "space" garanti!