dimanche 12 juillet 2009

Promotion par promoteur

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Anniversaire de passage à la dizaine supérieure d’un ami du quartier. Conversations à bâtons rompus* autour d'un buffet froid:

- Philippe m’a dit que tu te débrouillais bien en informatique.
- Oui, je prépare un nouveau système d’exploitation pour concurrencer Windows et Linux.
- Non, mais, avec des copains nous nous sommes lancés dans la mise à disposition de lots à bâtir sur des terrains familiaux. On aimerait bien ouvrir un site qui servirait à la promotion.

A partir de la troisième sangria, on se sent en général capable de tout. Le "Webpupil" se sent promu au rang de "Webmaster". Et puis, essayer de concrétiser ses premiers essais de création de sites, pouvait servir de base à un petit challenge. J’ai mordu à l’hameçon, regardé ce que les autres faisaient dans un domaine moins ludique que celui que j'avais exploré jusqu'ici, et après une dizaine de jours de tâtonnements, j’ai mis en ligne ma première mouture.

J’espère que mon travail pourra leur être utile. Maintenant, je vais regarder les tarifs habituellement demandés en pareil cas. Ils vont douiller ! Non, je rigole...


* L'origine de cette expression pourrait remonter au Moyen-âge où on appelait 'bâtons rompus' une tapisserie dont le motif n'était pas un dessin régulier, mais des bâtons entremêlés. Elle viendrait plus probablement du domaine militaire où, battre du tambour 'à bâtons rompus', c'était donner deux coups successifs de chaque baguette, sans produire de roulement continu.

jeudi 9 juillet 2009

Logique téléphonique ?

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Sur les anciens téléphones à cadran rotatif, le "0" était en bas à coté du "9" car il était codé par 10 impulsions égrainées lors du retour mécanique du cadran. Quand ceux-ci ont été remplacés par des claviers à touches 3x3, un chiffre restait en plan. L'ancienne disposition du "0" en bas à proximité du "9" fut conservée.

Des lettres associées aux chiffres servaient à identifier facilement le nom des centraux téléphoniques parisiens par groupes de 3: TRUdaine = 878, BALzac = 225, DEFense = 333. Pour appeler TRU 12 34, on numérotait 878 12 34. Quand on est passé aux téléphones à clavier, la même correspondance a été reprise, c'était donc logique de placer les lettres de haut en bas et de gauche à droite. Aucune lettre n'était affectée au "1", reservé aux services.

Sur les claviers de nos ordinateurs portables sans pavé numérique, c'est la même chose: le "0" jouxte le "9" mais se trouve tout à droite! En ce qui concerne ceux munis d'un pavé numérique, là, c'est le grand n'importe quoi, mais le "0" reste en bas !

Avec l'apparition des SMS, révolution alphabétique sur les claviers téléphoniques, mais le "1" conserve sa singularité !

Prochain billet Science:"Quand le petit jaune devient blanc".

mardi 7 juillet 2009

O tempora! O mores!

Ce soir les média ont percé le fond.

J’avais décidé de faire un travail d’enquête personnel, courageusement, stoïquement, en balayant méthodiquement ce qui était diffusé à partir de 19 heures sur nos grandes et petites chaînes nationales. Comme un malade, j’ai zappé pour ne pas en perdre une miette: affligeant, pathétique, consternant, racoleur, exaspérant, limite cracher sur l’écran comme la mère Groseille de « La vie est un long fleuve tranquille ».

Je m’attendais, normal pour une cérémonie mortuaire, aux habituels discours obséquieux suintant l’hypocrisie comme dans toute bonne cérémonie hollywoodienne d’adieu à quelqu’un qui a rapporté à beaucoup un maximum de fric. Ah oui, je parle bien entendu de la cérémonie officielle d'adieux à Michael Jackson et pas de "Plus belle la vie". Mais j’ai été bluffé. Le coup du cercueil à roulettes qui déboule dans la salle, séché net... Passons dans la désobéissance civique et refusons d'acquitter la redevance télévisée pendant les 50 ans à venir. Comme dirait n’importe quel présentateur hystérisé d’une station FM musicale à la branchitude turgescente: «On nous a pris pour des cons, grave…»

Plus d’une heure de sermons, de lamentations surjouées, par des messieurs et mesdames avec le beau manteau balançant des discours récités à faire retourner le Michael dans son cercueil doré ou barrer le dit cercueil en moonwalk, et tout cela sans qu’un seul commentateur ne sourcille, faut le faire. A noter la belle brochette de momies ayant giclé des catacombes pour saisir à la volée l'opportunité inespérée de se produire en prime time.

Seul éclair de lucidité dans cette triste soirée qui voulait éclipser l'émotion provoquée par la dernière diffusion du naufrage du Titanic dans le film avec Georges Carpaccio: l’intervention téléphonique, sur France 4, d’un critique musical dont je n’ai malheureusement pas retenu le nom. Blanc total pour les présentateurs de plateau, la chique coupée, stoppés net dans leurs tirades dithyrambico-burlesques. Notre homme eut l’outrecuidance de parler d’hystérie médiatique de journalistes qui n’avaient rien d’autre à se mettre sous la dent pour faire pleurer Margot. Et d’enfoncer le clou: « Michael n’avait rien fait de bon depuis Bad ! ».

NB: pas eu le courage de glisser la moindre image dans ce billet.

lundi 6 juillet 2009

Pousser comme un champignon

Certains champignons ont la capacité de percer l’asphalte d’un trottoir, ou d’une route. Comment, des organismes si mous, parviennent-ils à cet exploit ?

Dans un ouvrage publié chez Seuil - Science Ouverte, «Pourquoi les manchots n’ont pas froid aux pieds ?», Graham Gooday, de l’Université d’Aberden, répond à la question. Le livre résout d'autres énigmes.
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Les Coprins noirs d’encre poussent sur des débris végétaux. Leurs tiges fonctionnent exactement comme des béliers hydrauliques. La paroi du pied du champignon est constituée de cellules qui poussent à la verticale par addition de matériau membranaire le long de la tige. La structure principale de ces cellules est un faisceau en hélice de fibres de chitine, noyées dans une matrice, de sorte que les membranes cellulaires sont assez semblables à de la fibre de carbone. La chitine est un biopolymère très résistant qui constitue également l’exosquellette des insectes. Il donne une résistance latérale aux parois de la cellule du champignon offrant par là-même une pression cellulaire confinée à la verticale. L’eau qui pénètre dans la cellule par osmose et la pression de turgescence qu’elle génère permet au champignon de traverser sans difficulté une couche d’asphalte.

Ce phénomène a été étudié il y a soixante-quinze ans par Reginald Buller qui mesura la pression en posant des poids sur un champignon placé dans un tube à essais. Il trouva une pression égale aux deux tiers de la pression atmosphérique.

Richard Scrase, éleveur de champignons à Bath, indique que l’Agaricus campestris poussait très bien dans les fonderies anglaises à partir du crottin de cheval employé pour préparer la terre des moulages. On les a vus souvent soulever des plaques de fonte.

Un truc de rêve pour combattre les nuisances sonores des marteaux-piqueurs utilisés en milieu urbain dans les travaux de voirie !

***

Prochain billet Science: "Pourquoi les claviers de téléphones à touches ont-ils le zéro en bas?".

mardi 30 juin 2009

J'aurais voulu être un artiste

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Le fou du roi des temps anciens avait, en plus de celui de divertir la cour, le rôle de modérer le monarque, autorisé qu’il était à se moquer de tous ses travers.

De nos jours, à la télévision, les animateurs, Jolly Joker des temps modernes, sont d’anciens lycéens médiocres ayant souvent choisi par défaut cette filière professionnelle. Ceux-ci, côtoyant l’espace d’interviews des personnages d’exceptions, se croient probablement touchés par la grâce ou investis miraculeusement de leur aura alors qu’ils ne savent dissimuler le fait qu’ils les envient, jusqu’au jour où ils décident de les poignarder publiquement, par caprice.

Je tiens à remercier la principale chaîne cryptée de télévision française, contrairement à celle qui porte le numéro 1. Alors que certains voient dans son mode de retransmission une injustice pénalisant les plus pauvres, j’y vois au contraire une avancée libertaire: le con doit payer pour voir des bouffonneries dont il est la cible sans vraiment le comprendre.

Que cette fabrique à la chaîne de présentateurs et d’humoristes à l’adolescence tenace se la joue transgressive etHighslide JS provocatrice, c’est parfaitement son droit. Qu’elle se fantasme intellectuelle, frôle le délire. Tous ces braves gens vont s’emmerder ferme après avoir tout transgressé: pipi, caca, prout... Ma génération qui a vécu la course aux armements dans le domaine de la provocation, scénique en particulier avec ses groupes musicaux, a eu le plaisir de faire légèrement bouger le monde quelques années. L’emploi calqué de la technique, est devenu vain et sent désormais le réchauffé. Oui, il est urgent de rire de tout, mais après, il faut savoir affirmer quelques convictions. En fait de convictions ou d’idées novatrices, on nous ressert la recette du parvenu: se faire le maximum de blé sur le dos des cons maintenant qu’on est sensé n’en plus faire partie. Depuis que le monde est monde, l’arnaque est au pouvoir. Alors, tu parles d’une idée novatrice. Le cynisme est parfois salutaire, mais croire que c’est une philosophie de vie devient pathétique. Subtil d’écorner le pouvoir alors qu’on ne fait que lui emboîter le pas.

Les politiques entrent dans le jeu. Ils prennent des cours de showbiz et sont prêts à toutes les génuflexions pour se faire admettre dans ces caravansérails où l’on propose les attractions les plus disparates. On les voit suer sang et eau pour s’adapter à tous les numéros de clown qu’on leur demande d’exécuter pour ressortir avec un Zavatta d’or en main. Pour se faire aimer, imaginent-ils donc qu’il faut faire jeune et peuple? Erreur funeste, l’esclave attend de son maître, prestance, décorum, prestige, et autorité. Comment continuer à en imposer en voulant ressembler à tout prix à ceux qu’on dirige? Je ne tiens aucunement à faire l’apologie du chef mais à montrer à quel point ce paradoxe courre à sa perte.

Travailler plus pour rester con serait la solution pour s’en sortir. Réfléchir plus pour gagner un peu de liberté voilà quelque chose de bien plus inquiétant. M’est avis que c’est ce qui paralyse la gauche en ce moment, malgré l’abondance de bouffons dans sa distribution.

jeudi 25 juin 2009

Boulevard du crépuscule

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Nième vision de ce petit bijou à porter à la filmographie - qui en contient bien d’autres - du réalisateur autrichien, Billy Wilder: «Sunset Boulevard», Boulevard du crépuscule à sa sortie en France en 1950. Il traite des extravagances de l’univers du cinéma hollywoodien de son époque et des déboires d’une ancienne étoile du muet (Gloria Swanson jouant avec courage un rôle pouvant faire allusion à sa propre histoire), qui, suite à sa retombée dans l’anonymat, s’est murée dans son ancienne demeure, palace qui n’est plus que ruines, sise le long de ce boulevard, en compagnie de son valet (Erich Von Stroheim, acteur exceptionnel et réalisateur hollywoodien à son heure) dont on apprendra à la fin du film noir l’étrange destin. L’âge, l’évolution des techniques et des goûts du public, sa personnalité hystérique parangon, l’ont conduite à y vivre en ermite. C'est un mort en voix off qui narre l’aventure dans laquelle le hasard l'a impliqué.

« Nihil nove sub sole »

Le monde du spectacle a envahit le quotidien et tout particulièrement celui du politique et de la télévision. Il m’est donc possible d’imaginer le destin cruel des histrions, un temps glorieux ou retournés le lendemain même de leur grand morceau de bravoure à l’anonymat le plus total, des acteurs de la comédie burlesque de nos antennes, paraboles et liaisons filaires du siècle naissant. Ces gloires éphémères hypnotisées par les éclats des paillettes et des strass suivront probablement la trajectoire classiquement dévolue à la pathétique reconversion de ce type de personnalité psychiatrique assez bien partagée entre hommes et femmes alors qu’on voudrait faire de ces dernières les porteuses principales. Quand leurs gambades de paillasses et l’exhibition impudique de leurs sentiments si outranciers qu’ils auraient pu appartenir à une troupe donnant ses pantomimes sur le Boulevard du Crime à Paris au XIX ème siècle, n’auront plus l’heur d’intéresser les générations futures, elles partiront dans la débâcle. L’audimat vénéré devenu cruel, ces individus n’arrivant plus par leurs contorsions simiesques à se projeter suffisamment dans le champ du désir des spectateurs pour en tirer l’énergie capable d’entretenir leurs modes de défenses névrotiques, ne feront plus la une que de gazettes jaunies par le temps. Les tournées d’adieu itératives, les rétrospectives condescendantes, les réunions d’anciens combattants, n’y feront rien. Quelques automates creux aux réflexes archaïques aborderont en somnambules les lisières de la déraison.

La mécanique du film de Wilder est implacable. La sortie de scène est certes grandiloquente à souhait, mais, quelques pincements de cœur des spectateurs plus loin, la diva quitte les feux de la rampe pour partir en compagnie d'infirmiers psychiatriques vers son dernier asile. Une scène d'anthologie, Herr Wilder.

vendredi 19 juin 2009

Learning To Fly




Tom Petty et les "bourreaux des cœurs" sortent en 1998 un album de la série "rien à jeter": Into the Great Wide Open. C'est du tonique pour les journées de blues cette chose là. Ma petite application en Flash propose leur célèbre "Learning To Fly" à la sauce Mansarde: "Windowbreakers, push the volume, hundred per cent plus fifty."

Bon, certains disent que la vie vous met au tapis,
Brise votre cœur, vole votre couronne.
Je partais pour Dieu sait où,
Espérant l’apprendre quand j’y serais.

A noter que la mise en place de ce type d'application Flash, demande une préparation assez laborieuse. Le lien "Explications" présente quelques étapes.

lundi 15 juin 2009

La ut : do mi si la do ré

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Le "private joke" extrémement subtil auquel je me suis laissé aller dans mon titre de billet, traduit note à note, garantit le bide absolu en pays germanophones et anglophones.


Pourquoi donc cela se faisse ?

Guido d'Arezzo
— en français Gui ou Guy d'Arezzo, voire Gui l'Arétin — était un moine bénédictin italien, né vers 990 et mort, d'après certaines sources, le 17 mai 1050. Il a élaboré un système de notation sur portée que nous avons conservé.

Il eut l'idée d'utiliser les premières syllabes d’un chant grégorien, l’Hymne de Saint Jean-Baptiste, présentant une particularité: chaque vers latin commençait sur un degré de l’hexacorde plus haut que le précédent.

Highslide JSÀ l'époque, la portée "neumatique" ne comportait que quatre lignes, et le "si" n'a été ajouté qu'à la fin du XVIe siècle par Anselme de Flandres. On remarquera qu'il a utilisé les initiales de Saint-Jean en latin, le "I" remplaçant le "J" qui n'est apparu que très tard chez les Romains.

Enfin, pour faciliter la vocalisation, "ut" a été remplacé par "do" au cours du XVIIe siècle par Giovanni Battista Doni.

Dans les pays germanophones et anglophones on a remplacé Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si par des lettres majuscales de l'alphabet et leur gamme commence au "la". Notre gamme devient chez eux: C, D, E, F, G, A, B .

AC: CEBACD, ça tombe à plat! Non?


Sources Wikipédia.

vendredi 12 juin 2009

Ornithose

Le livre de Patrick Süskind, «Le pigeon» m’a évité de peu de me lancer dans une psychanalyse à vie. Après sa lecture, j’ai compris qu’il y avait encore plus malade que moi.

Highslide JSEn pleine floraison des messages médiatiques sur le fragile équilibre des écosystèmes, j’en étais venu à remettre en question mes pulsions exterminatrices à l’encontre de tout ce qui pouvait ressembler à un pigeon dans les moindres recoins de l’univers. La dénomination de nuisible n’est plus à l’ordre du jour. Cependant, cet animal redoutablement prolifique, bruyant colonisateur des toits, monstrueusement diarrhéique, grand badigeonneur de nos monuments, échappant sournoisement à tous mes assauts automobiles, méritait sans conteste à mes yeux de pérenniser le vocable. Plus condamnables encore, certains éclairs de délire imaginant l’éradication conjointe de toutes les grand-mères nourrissant ces prédateurs me posaient encore plus question. Je ne demandais pas que s’abatte sur la ville un déluge de feu comparable à ceux qui ont rayé Dresde, Stalingrad ou certaines villes de la côte normande de la carte, ni de réduire en cendres des secteurs urbains entiers au point de les transformer en paysages apocalyptiques comparables à certains secteurs de Meuse au décours de la Grande Guerre. J’imaginais simplement des frappes chirurgicales volatilisant les balcons et les squares qui servent de lieux de ravitaillement habituels à ces trucs en plumes et de base avancées aux nourrices sénescentes favorisant leur multiplication exponentielle. Je reconnais que l’idée d’une infiltration des services d’aide à domicile aux personnes âgées visant à ajouter de la mort aux rats aux repas des vieux qui s’adonnaient à cette triste entreprise m’a même parfois traversé fugitivement l’esprit. De là à passer à l'acte, non!

La névrose décrite est familiale. Mon frère en est porteur à un degré tout aussi avancé. Chez moi, le traumatisme primaire remonte à l’adolescence. Grand adepte du roupillon devant et derrière l’Éternel, le fait qu’à cette époque, une colonie de pigeons se soit mise à nicher sous les tuiles de la mansarde pour me réveiller systématiquement aux aurores a déclenché les premiers symptômes. Pour mon frère, l’anamnèse se résume à une lente descente aux enfers. Des études de pharmacie, ça aide à la cristallisation d’une personnalité obsessionnelle ou phobique. Le fait d’avoir choisi d’effectuer son service militaire à Djibouti, ça n’arrange rien. Prendre un poste de pharmacien hospitalier en Alsace et sortir un temps avec une fille d’officier militaire, ça ouvre à grands battants la porte à cette pathologie. Son achat récent d’un vaste appartement au sommet d’un immeuble au cœur de la ville parlementaire fut le coup de pied dans la fourmilière. Les pigeons ont commencé à l’attaquer. Un investissement ruineux dans du matériel de la dernière guerre mondiale pour établir une ligne de défense du même acabit que la ligne Siegfried a renforcé si besoin était sa haine de l’animal. Barbelés, pointes acérés, ingénieux système électrique envoyant des décharges normalement utilisées pour les électrochocs ont fini par le mettre en bisbille avec le voisinage. Ce n’était pas tellement le coté gracieux des fortifications mais les coupures de courant régulières dans l’immeuble et quelques voisins de paliers foudroyés, envoyés aux urgences, qui en furent responsables.

A nos amis lecteurs qui imaginent qu’en avançant vers l’Est de la France, la Champagne franchie, l’usage de la langue allemande est vivement recommandée pour se faire comprendre par l’autochtone, je tiens à signaler que la géométrie bizarre en forme d’oie de la Meurthe et Moselle est due à une scission de l’ancien département de la Meurthe en deux autres départements, suite à l’annexion allemande de 70: le premier cité et la Moselle. Déjà qu’on se fait très mal voir en Moselle et en Alsace quand on leur signale qu’ils ont un léger accent allemand alors qu’ils n’ont jamais parlé que le Platt ou le patois alsacien, qui n’ont rien à voir avec l’Allemand mon cul, sachez que cela deviendrait une méconnaissance de l’histoire coupable que de croire que l’usage de cette langue est utile de par chez moi: dans mes terres, on n’a jamais parlé que le patois Lorrain qui a laissé chez certains d’entre nous un léger fond d’accent presqu’aussi mélodieux que celui des Vosgiens.

Pour en revenir au sujet, nous dirions plutôt chez nous «Un minimum d’ordre et de civisme sont nécessaires pour vivre harmonieusement en collectivité» alors qu’on a du dire à mon frère, suite à ces épisodes déplorables, un truc se rapprochant d’ «Ordnung muss sein ». Vous remarquerez l’ergonomie linguistique du parler de Goethe. Aucun article ou adjectif superflus. Un nom commun et deux verbes. Le müssen signalant le devoir absolu, contrairement au sollen qui ne représente qu’un devoir moral, pourrait d’ailleurs suffire.
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Charlotte, le Faucon pèlerin (Falco peregrinus) femelle adulte,
basilique Notre-Dame de Lourdes, à Nancy , janvier 2006
Photo : Patrick Behr


Un fond historique différent engendre des pratiques distinctes. Dernièrement, des pigeons ont tenté l’annexion du chien assis de la mansarde. Oui, c’est ignoble, des Columbidae qui s’en prennent à un placide canidé. Par bonheur, voilà quelques années, plusieurs couples de faucons pèlerins étaient venus nicher dans le clocher de la Basilique Notre-Dame de Lourdes proche de la mansarde. Les rapaces eurent tôt fait de ravager la population "pigeonnesque" et de lui faire plier bagages. Mais on ne peut jamais bien longtemps compter sur ses alliés. Ceux-ci se sont envolés depuis plusieurs mois à la recherche d’autres perchoirs. En attendant l’arrivée des condors pour attaquer les grand-mères, la réplique devait être foudroyante! Pas de pot pour la Luftwaffe. La mansarde, en plus d’une chaîne haute fidélité munie d’enceintes Celestion Ditton de quatre mégatonnes, venait de se renforcer. Un système audio puissant et au son cristallin avec caisson de basse Altec Lansing, comme le précise la notice, venait d’être attaché au PC portable. Du lourd.

Un après-midi blitz à feu continu alimenté par des obus de la taille de ceux utilisés pour Highslide JS
La basilique Notre-Dame de Lourdes - hiver 2008 - Photo personnelle
Grosse Bertha, anthologies d’Alice Coooper, MC5, Led Zeppelin et Nirvana, finit par avoir raison des velléités des nidificateurs. J’avais lu en plus quelque part que les étourneaux régulaient leur fertilité par le biais d’un feed-back acoustique. A partir d’un seuil sonore donné, dès que la population devenait trop importante, une contraception naturelle s’enclenchait. Je faisais de la sorte d’une pierre deux coups. Tant pis si mes spermatozoïdes ont également trinqué dans l’affaire. Pour mes nerfs, ce n’était pas terrible non plus. Afin de me détendre un peu, je suis allé faire un brin de causette au Centre des Nations avec un des vigiles tenant fermement en laisse un Doberman muselé. Pour les nerfs, me dit-il, la faculté a beau préconiser Mozart en boucle, moi, quand ma femme me casse les couilles, j’écoute du Bach. Ce fin mélomane, précisa derechef:

«Je te dis pas que Mozart c’est de la merde, mais moi, je chiale comme une gonzesse et mon chien hurle à la mort quand on écoute le
largo ma non tanto de la suite n°3 en ré Majeur BMW 1060 de Jean Sébastien. Et après, ça va mieux. Même plus envie de lui coller une schlague. »


lundi 8 juin 2009

Lambda

Highslide JSFrance Culture propose depuis 1984 une émission dominicale à base de jeux radiophoniques littéraires, impertinents ou poétiques: Des papous dans la tête. Elle est actuellement animée, de 12h45 à 14h, par Françoise Treussard, seule après la mise à la retraite forcée de Bertrand Jérôme décédé en 2006. Le site de la station possède un secteur podcasts m’ayant permis de retrouver et de proposer l’ultime chronique de Jacques A.Bertrand, Les gens c’est rien que des sales types, consacrée, le 7 juin de cette année, au fameux individu lambda. Mon jogging automobile de cette fin de matinée où le soleil se cachait continument derrière des nuages menaçants, s’en est vue un instant égaillée.



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