vendredi 28 décembre 2007

La java norvégienne

Highslide JS



Papillon dans la rosée - Affichage Highslide JS

Tornstein Hønsi, norvégien de naissance, propose gracieusement pour un usage non commercial une application en Java-script permettant en particulier le zoom de photos en survol sur la page principale d'un site ou d'un blog. L'application sur site ne pose aucun problème, par contre, cela se complique sur un blog. Dans ce cas, la solution élégante consiste à ajouter deux lignes de script dans l'éditeur HTML de votre page modèle qui appellent l'application serveur quand un secteur réactif des billets est cliqué. L'insertion de miniatures dans un billet devient alors très simple et n'alourdit pas son code HTML.

Décembre 2007:
Procrastin m'indique en quelques mails qu'il faut affecter aux applications Flash (s'il en existe sur vos pages qui accaparent le devant de la scène) un paramètre wmode= "Transparent" au lieu du mode "Window" appliqué par défaut. A faire passer aux spécialistes. A noter que la technique fonctionne également pour les vidéos que vous insérez dans vos pages à partir de You Tube ou Daily Motion. L'auteur m'a fort gentiment donné lui aussi sa solution en me fournissant un lien sur son forum : solution

N'hésitez pas à visiter le site très professionnel de l'auteur. Merci à Procrastin pour sa mise à disposition du lien "Highslide JS".


Aux personnes m'ayant adressé des mails

Pour utiliser l'application sur Blogger vous devez inclure les lignes de script ci-dessous dans la page maître juste avant "/head":


Sur mon blog, j'ai personnalisé le fichier "style.css" (que vous pouvez renommer à votre guise, ainsi que le dossier highslide et ses fichiers, pour créer différentes feuilles de styles), de façon à obtenir une présentation homogène mais fixe des textes, des images et des cadres. Cependant, vous pouvez appeler directement l'application et des styles variés à partir des pages HTML de vos billets. La méthode est plus lourde mais plus complète. Dans ce cas, les lignes de script en page modèle sont inutiles, voire parasites. Si vous programmez en Javascript, cela ne devrait vous poser aucun problème. Ce n'est pas mon cas, malheureusement...

Novembre 2008: la dernière version de Highslide JS facilite grandement la manipulation sur blog et a résolu les quelques problèmes de compatibilité avec les navigateurs du moment. La version active actuellement sur mon blog est la version 4.0.8.

Janvier 2009: la marge droite du blog vous propose diverses fonctionnalités de l'application. "Accueil" l'affichage en survol d'une page HTM et les titres colorés, celles d'applications Flash avec des fenêtres de tailles variées que vous adaptez à celles de vos applications.



lundi 10 décembre 2007

VOLTAIRE vs ROUSSEAU : "Nous nous sommes tant haïs."


Loin de l’étude littéraire autour de la célèbre querelle épistolaire entre Voltaire et Rousseau, ce billet tient à faire part de l’admiration sans borne que je porte à la langue brillante dans laquelle ces beaux esprits du XVIIIème siècle ont correspondu sans en venir aux mains. L’affrontement d’idées de ces deux phares du Siècle des Lumières se perpétue encore de nos jours au travers d’idéologies politiques ou de principes éducatifs. Pourquoi les partisans des principaux mouvements révolutionnaires à venir défilèrent-ils avec le Contrat Social sous le bras et pas avec le Candide de Voltaire ? Pourquoi a-t-on voulu faire de Rousseau le défricheur des grandes idées modernes et Voltaire le dernier des Classiques au service de l’Aristocratie alors qu’il a contribué tout autant que le premier mais sur un mode différent à sa chute ? Je laisse ces deux questions en suspens.

Le point de départ de la querelle est un essai philosophique de Rousseau commencé en 1753 et publié en 1755, en réponse à un sujet de l'Académie de Dijon intitulé: « Quelle est l'origine de l'inégalité parmi les hommes et si elle est autorisée par la loi naturelle ? »

L’inspiration polémique qui unit les textes proposés y prend des formes différentes : la légèreté de Voltaire convient à l'éloge d'une société brillante mais un peu futile; la gravité un peu pontifiante de Rousseau se prête à l'éloge des sociétés archaïques. Dans le registre polémique, les deux hommes manifestent leur singularité : Voltaire y déploie un tempérament railleur qui lui fait connaître et désigner ses adversaires. Rousseau, quant à lui, a beau stigmatiser "l’éloquence frivole" : il n'en donne pas moins un vigoureux exemple où s'affirme une idéologie austère et vindicative peu soucieuse de nuances.
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jeudi 6 décembre 2007

Scoubidou : retour aux origines



Le fil de la pensée prend parfois des détours lui donnant en fin de parcours des allures de scoubidou. L’édification folâtre de ce court billet glorieusement dédié au petit objet tressé à l’aide de brins de plastique souple colorés, illustre clairement cette métaphore osée, Joséphine. La tocade du scoubidou fit fureur au début des années soixante en France, tout comme les bretelles vertes à l’époque hitlérienne.

1 - Le point de départ du billet est logique, cartésien, implacable : un commentaire chafouin du précédent.

2 - Par un léger détour de la pensée, paf, sortit soudain d’un chai du château de l’archiduchesse, le bon Sacha sussurant sa scie tout en chassant sans son chien et ne sachant où sécher ses chaussettes sans souche bien sèche: .... et des scoubidous bidous ah… Normal direz-vous ce léger saut du coq sans sauter pour autant sur l’âne. Scoubidou = Sacha Distel. (point)


3 - Au fait que nos artistes populaires des années blotties douillettement au creux des trente glorieuses puisaient sans vergogne dans le vivier des succès méconnus chez nous de la chanson « parce-que-transatlantique », un doute tintinnabulant s'immisça dans un coin relativement actif de mon esprit en cette fin d’après-midi à la météorologie aussi pitoyable que le reste du dit-esprit. Constat amer peu surprenant: cette œuvre majeure du répertoire de la grande chanson française n’avait pas échappé à cette pratique éhontée de ruffians. Nos stations radios grandes ondes du début des années soixante ne coinçaient que quelques crachouillis entre Oslo et Hilversum et la BBC ne donnait pas encore à outrance dans la diffusion des standards américains. Un certain Allan Lewis était à l’origine de la scie chien fidèle de Sacha qui par la même fit fissa et attacha son chat. Les paroles originales récupérées sur internet me plongèrent, si besoin était, dans une stupeur supplémentaire, payée +10% dans les mois à venir: cela resterait un peu court d’affirmer que des remaniements véniels avaient été apportés au texte.

4 -Le titre original «Apples, Peaches and cherries» était devenu «Des pommes, des poires - et allez savoir pourquoi - des scoubidous». Pêches et cerises avaient du dépasser la date de péremption? Quant aux couplets, plus de marchand des quatre-saisons avec sa jouvencelle affriolante faisant chavirer le cœur du narrateur au point de la circonvenir et de l’engrosser à feu continu jusqu’à l’obtention d’une nichée d’une bonne dizaine d’oisillons braillant pour que vous ajoutiez à votre panier garni, sur la fin de la chanson, une kyrielle de légumes verts: choux de Bruxelles, brocolis, courgettes, haricots-verts, asperges etc...

L’infortuné Sacha traversait, lui, une tout autre aventure: ramassage trivial chez des amis d’une poulette - clone probable de Dalida - qui, les jours suivants, lui fait ingurgiter jusqu’à l’indigestion des fruits au point qu’il finit par la jeter entre deux aller-retour aux WC : « Car les fruits, c'est comme l'amour / Faut en user modérément / Sinon... ça joue des tours. » Sic. Et réplique de la gourgandine outragée: « Mon pauvre ami, des typ's comm' toi/ On en trouv' par milliers ... » équivalant châtié du plus probable : « Des connards du genre / je shoote dans un bec de gaz / et y’en tombe mille... »
5 - Morale de la fable à la française «Le célibat, y a que ça de vrai.» à opposer à celle de la version américaine «Fermez votre fenêtre quand vous entendez passer un marchand de quatre-saisons. ».

6 - Les détours de ma pensée ne purent s’arrêter à ces quelques découvertes. Je devais m’intéresser désormais à l’objet princeps et à la question cruciale: «Qui a inventé le scoubidou ?»

Alors-là, faites l’expérience, vous tombez sur une moisson de sites peu communs traitant des techniques du scoubidou, gorgés d’une iconographie délirante dont quelques exemples frôlent le monstrueux. Ceux-ci ne pipent mot sur l’origine du truc. J’ai juste pu glaner l'explication du nom "scoubidou" issu d'une onomatopée prise aux chanteurs de jazz américains : "scoo bi doo bi dooh ah !"

J'ai trouvé un seule réponse plausible dans « Les questions Yahoo ». Elle va me permettre d'avoir cette nuit un sommeil moins agité qu'à l'accoutumée. C'est un vieux loup de mer chérissant l’océan (cela soule de course), et qui ne fait plus que partir pour le grand large en pensées, assis au port sur une bitte d’amarrage : " Il y a bien longtemps que les marins faisaient des "tresses" pour éviter aux bouts de leur cordages de "se barrer en queue de vache" (formule mondaine). Cela s'appelle des "épissures" et il en existe de multiples formes et variétés selon les pays les régions et les traditions. Il y en a même des rondes à l'intérieur desquelles ont met 1 lest (plomb) et on obtient un "lance amarres. Avec-celui ci on lance assez loin un petit cordage auquel on en fixe un plus gros par exemple pour un remorquage."

Conclusion :

Origine marine probable du scoubidou? Pourquoi pas, on sait qu’on en vient tous...
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lundi 3 décembre 2007

Le tube à scoubidou








 Le blog-notes de la Mansarde

Une "chtite counerie" de rien du tout de fond de tiroir, ou comment tracer des fonctions en Flash à l'aide d'un électron libre particulièrement bavard. Le changement de couleur à l'inversion du balayage finit par dessiner un truc ressemblant vaguement à un scoubidou. Je me tâte pour déposer le brevet...

vendredi 30 novembre 2007

Mort à Venise

Qui a contemplé de ses yeux la beauté est déjà voué à la mort.
- Thomas Mann -


Le scénario de «Mort à Venise», film récompensé à Cannes en 1971, est tiré du court roman de Thomas Mann, «La Mort à Venise», paru en 1913. Visconti repoussa à plusieurs reprises son adaptation, estimant que le projet exigeait de la maturité. Il concentre le roman autour de la relation entre Aschenbach, libre adaptation du personnage réel de Gustav Mahler, et Tadzio, un jeune adolescent polonais. Il s'inspire également d'un autre ouvrage de Thomas Mann, «Le Docteur Faustus» pour les conversations sur la beauté, ou la séquence du bordel, ainsi que de Proust pour le personnage du directeur de l'Hôtel des Bains qui évoque celui du Grand Hôtel de Balbec.

L'histoire

Juste avant la première guerre mondiale, un musicien allemand, Gustav von Aschenbach, se rend à Venise. En villégiature à l'Hôtel des Bains, il y croise un adolescent dont la beauté le fascine immédiatement. La rencontre entraîne une remise en question de ses certitudes morales et esthétiques. Son existence toute entière est chamboulée par le désir qui surgit. La relation demeure distante, réglée par le jeu des regards échangés. Le musicien tente de fuir ce désir en quittant Venise, mais un événement fortuit lui sert de prétexte pour revenir à son hôtel vénitien malgré l'épidémie de choléra qui sévit dans la ville. Il s'abandonne à la contemplation du jeune homme, tente de nier sa vieillesse et d'oublier la fièvre. Il meurt sur la plage presque désertée de l'hôtel, le regard tourné vers Tadzio.

La relation est barrée par des obstacles extérieurs (l’entourage de Tadzio) et des interdits moraux. L'homosexualité du désir renforce d’ailleurs la dimension de ces interdits. Ashenbach se satisfera des seuls regards et sourires échangés: le désir contrarié prend la voie de la sublimation. L’irruption de la beauté incarnée oblige Aschenbach à remettre en cause ses conceptions du beau qui sont pour lui fruits de la rigueur et de la discipline. Il comprend mieux l’avis opposé de son ami Alfried pour qui la beauté est un surgissement sensitif. Il ne peut cependant s’empêcher d’y apporter une part d’élaboration à travers le regard qu'il porte sur Tadzio et que favorise l'adolescent, qui «prend la pose». Visconti rapporte le point de vue de la beauté sublimée. Le zoom d’Aschenbach isole Tadzio et le transforme en icône d’Église auréolée de cierges construisant ainsi son image de la pureté et de la beauté angélique.

Ce film de Visconti est sans conteste un chef d’œuvre de plus à ajouter au sans-faute que constitue sa filmographie. L’image portée à sa quintessence favorise le projet. L’arrivée du vaporetto dans la lagune sur la musique de Mahler et les scènes dans la salle de réception de l’hôtel croulant sous les camaïeux d’hortensias au milieu desquels évolue l’aristocratie cosmopolite finissante de la Belle Époque en grandes toilettes sont à mettre au rang des pièces de maître du Septième Art.

samedi 17 novembre 2007

Jeune héros sur son cheval fou NEIL YOUNG & CRAZY HORSE


Les soirs d’orage, quand les bourrasques des grands vents d’Ouest fouettent la lande et que la silhouette inquiétante du cavalier de l’Apocalypse porteur le Septième Sceau se découpe sur un ciel anthracite zébré d’éclairs meurtriers, j’éteins mon téléviseur à grands coups de masse d’arme et laisse les amateurs béats aux soubresauts chorégraphiques simiesques de leurs idoles de pacotille. Qu'elles se lacèrent le fond de teint et s’écaillent les ongles dans les oubliettes de leur château maudits. Mare de ces défilés de majorettes sur arrière-fonds de public où les caméras ciblent quelques nymphettes aux déhanchements putassiers. Je déclenche ensuite une fausse alerte à la bombe dans mon quartier pour qu’une sécurisation des lieux m’offre un périmètre désert de quelques kilomètres. Je sors enfin de ma cache secrète pour m’installer confortablement devant ma chaîne Hifi en position géométrique adéquate pour réaliser avec les baffles droit et gauche le troisième sommet du triangle équilatéral propice à la bonne écoute stéréophonique. Un branchement pirate sur un pylône EDF 40.000 Volts me procure l’intensité juste suffisante pour écouter correctement un des morceaux de choix du mythique album Weld de Neil Young avec le groupe Crazy Horse : «Like a Hurricane».

Ce maudit canadien, originaire de Toronto, a forgé à grands coups de marteau-pilon les fondements du hard-rock-grunge. La première parution du morceau remonte à 1975, mais c’est à l’interprétation publique de 1991 qui vont mes faveurs. Cette production éphémère lamine le bien fondé de la musique clone et ratatine les vautours de la production high-tech mondialiste. Un cristal de roche façonné par les doigts du Hasard au décours du refroidissement d’une échappée de magma. Merci à ces mineurs de fond et à la robustesse de leur matériel qui ont permis la mise sous cloche à l’intention des générations futures de cette pépite encore incandescente. Je m’enflamme, je m’enflamme, mais ce billet et son encart You Tube désirent simplement vous permettre, après avoir rempli toutes les conditions énumérées plus-haut, d’en apprécier une pâle mouture. Faute de grive on mange des merles… On y voit notre jeune héros (Neil dérive du prénom gaélique Néall qui signifie héros et Young , c’est jeune en english si je ne m’abuse) chevauchant le cheval fou au milieu de la tornade et de sons dignes du Blitz londonien. Insensé...

Le lien You Tube étant brisé, on fera appel à Daily Motion !
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Neil Young & Crazy Horse, 1996 - Like A Hurricane
envoyé par fagopy

jeudi 15 novembre 2007

Le football une nouvelle religion?


L'équipe de football d'un lycée catholique en 1891: le sport religion...


... [le peuple romain] qui distribuait autrefois pleins pouvoirs, faisceaux, légions, tout, maintenant se replie sur lui-même et ne s’inquiète plus que pour les deux choses qu’il souhaite : DU PAIN ET DES JEUX.
(Juvénal, Satires, 10, 78-81)
Léger malaise lorsque je dois justifier mon attachement au sport le plus pratiqué et regardé en France : le football. Ce n’est pas une raison pour éluder le sujet. L’origine de la balle au pied remonte à la nuit des temps, mais ce sont les Anglais qui ont mis en place les règles du jeu moderne. A quoi doit-on son succès populaire planétaire incontesté ? Probablement à la simplicité de la plupart de ses règles. Bon, je mets la balle en touche, pour ce qui concerne les lois du hors-jeu. L'équipement minimaliste que requière sa pratique est un argument supplémentaire : un objet variable non identifié dans lequel on puisse shooter sans se blesser et un espace de jeu au revêtement quasi quelconque. Même pas besoin d’avoir des chaussures, un short ou un maillot. Difficile de trouver un autre sport d'équipe pouvant rivaliser dans les domaines évoqués. Cela n’explique cependant pas tout de l’engouement dont ce sport fait l’objet. Omniprésence médiatique, standard de conversation mâle en société, activité dominicale régulière du grand nombre, foules massées dans les stades, hordes de supporteurs, vie sociale parfois tributaire des heures des grandes retransmissions, voire même, « dopage » économique en cas de victoires en finales des équipes nationales dans les grandes compétitions.

"Peut-être l'Occident est-il en avance d'une religion et ne le sait-il pas. ", Marc Augé concluait ainsi son article écrit à l'époque d'une nouvelle phase de développement des grands rituels modernes engendrés par le football.

La question vaut en effet la peine d’être posée. Liturgie, rituels, adoration quasi mystique des champions, scènes d’hystérie collective ou individuelles, habits sacerdotaux, bannières et oriflammes, sublimation des héros, tentative de représentation individuelle au travers d’officiants adulés vont dans ce sens. On retrouve même la sinistre association politico-religieuse avec les misérables tentatives de récupération de grands élus lors d’événements utiles à la pèche aux voix par ceux qui s’affichent au milieu de cohortes d’aficionados, de tifosi, ou de "footomaniaques".  Les psychologues apportent de l’eau à ce moulin. La victoire ou la défaite de l’équipe qu’on soutient moduleraient les humeurs des supporteurs. Le footballeur professionnel serait devenu le substitut du gladiateur romain. Les nouveaux empereurs - ou ces fous qui nous gouvernent, pour reprendre le titre du livre de Pascal de Sutter - n’offrent pas au peuple pizzas et bières, mais cautionnent les jeux de l'arène, sachant qu'ils peuvent éloigner un temps les électeurs des révoltes engendrées par leurs difficultés quotidiennes. Les fanatiques du ballon rond font de ce jeu un psychodrame (mais le jeu est en lui-même un petit psychodrame) réactivant leurs tensions individuelles et leurs rapports éthologiques au sein de la meute.

Misère! Malgré ce billet au ton pamphlétaire, je ne renonce pas à cette addiction souvent citée comme un sommet de beaufitude. Je vitupère encore contre les erreurs d’arbitrage, bondis parfois de mon fauteuil au moment d'un but, consulte les pages sportives des gazettes, et m’extasie à l'occasion devant une phase de jeu lumineuse au cours de laquelle un passage chorégraphique de haut-vol vient d’être interprété par un danseur étoile au QI parfois proche de sa température rectale : « Nobody's perfect, Sir... »

mercredi 14 novembre 2007

Loreena Mc Kennitt, le Manitoba répond toujours.

Avis aux persifleurs oublieux qui affirment que les «maudits canadiens» nous balancent régulièrement par dessus l’Atlantique des armes vocales de destruction massive: chanteuse responsable du naufrage du Titanic ou stentor bodybuildé incriminé dans les lézardes de Notre Dame de Paris pour exemples. Il existe des contre-arguments à faire valoir. D’abord signaler qu’ils donnent copieusement dans l’anachronisme avec les causes des sinistres! Ensuite, qu’ils font une impasse drastique sur des ressortissants de la Belle Province et des environs qui firent ou font encore la nique à nombre de nos chanteurs locaux emphysémateux. Pour ne pas remonter trop loin et n’en citer que quelques uns, «le Robert Charlebois», «la Lynda Lemay» , «l’Alanis Morissette » et «le Léonard Cohen », c’est du cataclysme ambulant ça ? A signaler au passage, pour le dernier-cité, son splendide album en concert de Londres en 1979: Field Commander Cohen. Shania Twain, c’est dévastateur, d’accord, mais là, on parlera plutôt de bombe anatomique! Ce billet tient à faire le bref éloge d’une canadienne aux talents unanimement reconnus sur la planète: Loreena Mc Kennitt. Après une interruption de quelques années due à un drame sentimental, elle nous propose un album en 2006: An Ancient Muse. Cette magnifique interprète-auteur-compositrice accordéoniste et pianiste native de Morden près de Winnipeg, province du Manitoba, n’est pas irlandaise comme beaucoup l’imaginent. Il y va seulement d’une part de son ascendance : dans ses veines coule du sang parental irlandais et écossais. La méprise est probablement due au fait que son inspiration puise en grande partie dans la culture celte. Non contente de posséder la palette musicale robuste précitée, cet elfe roux a une exigence professionnelle redoutable. En quête perpétuelle de ces origines culturelles, elle parcoure les lieux inspirés pour se produire ou enregistrer. Sa recherche de l’excellence se niche aussi dans les textes qu’elle met en musique. Vieux poèmes anglais, textes de Shakespeare ou de William Butler Yeats. Excusez du peu. Tout ceci constitue un univers particulièrement envoutant. A preuve, le fin analyste, ami mien, qui me fit part de ses impressions à l’écoute de l'artiste en termes lapidaires bien arides de poétique. Le résumé donc frôle le syllabique: «Sûr, ça fout les poils!». Un peu court mon ami, mais effectivement très organique!
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Pour les internautes curieux ou méconnaissant sa musique, je me suis fendu d’une page proposant une application Flash assortie d’un de mes poèmes favoris de Yeats mis en musique par la chanteuse: The Two Trees. Aux adolescents adulateurs forcenés de la saga du Seigneur des Anneaux qui nous proposent quelques vidéos sur des images de cette trilogie, on pourrait signaler que Loreena Mc Kennitt a travaillé sur la musique de Princesse Mononoké. Le truc que j’ai pondu tente de donner dans le registre celte médiéval onirique : du coup, quelques patches me sont revenus sur le menton !
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dimanche 28 octobre 2007

Modern Style Mucha's clock



Pour conclure ma série de pendules style rétro, j’ai décidé de faire un clin d’œil à l’Art Nouveau dont l’une des branches françaises, l’école de Nancy, me tient particulièrement à cœur. J’ai emprunté sa série de gravures « le Matin », « le Jour », « le Soir », « la Nuit » au célèbre artiste tchèque, Alfons Mucha, ayant participé au courant dénommé également « Modern Style ». Il a travaillé dans de nombreux pays en dehors du sien. L’Autriche, la France et les Etats-Unis en font partie. Utilisant les effets de transparences, j’ai transformé les gravures en vitraux. Des spots lumineux en arrière-plan créent des effets colorés. Les aiguilles de la pendule ont des déplacements brusques comme on l’observait avant sur les pendules de gares.
Suivant les principes d'un mouvement désirant unir artistes, industriels, architectes, verriers et ébénistes pour des productions de prestige ou grand public, Mucha a créé un grand nombre d’affiches publicitaires jugées désuètes un temps mais retrouvant rapidement des admirateurs dans de nombreux pays.


vendredi 26 octobre 2007

Des chiffres et des angles


Un correspondant m’a adressé dernièrement un diaporama PowerPoint fournissant une explication étonnante au graphisme des chiffres actuellement en vigueur dans notre écriture moderne. Ceux-ci sont dénommés «chiffres arabes» et nous auraient été légués par l’intermédiaire de l’Espagne durant la colonisation musulmane de leur territoire de 714 à 1492. Je savais que nous devions aux Maures l’invention du zéro (mot arabe signifiant «le vide»), mais n’avait jamais eu vent qu’ils avaient emprunté aux Phéniciens leur mode de numération. Celui-ci retrouvé sur des abaques proposait neuf chiffres dont la calligraphie procède d’une logique se fondant sur le nombre d’angles contenu dans les figures originales de ces chiffres. L’iconographie de tête de billet en fait la démonstration. Merci aux internautes curieux de m’adresser des commentaires pouvant valider ou invalider cette théorie. Esprits obtus, un angle de vue nouveau plein d’acuité sur les chiffres anguleux...
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Un lien sur l'histoire des chiffres

Note humoristique: de nombreuses personnes, en écrivant le chiffre 7, utilisent une barre supplémentaire horizontale au milieu du chiffre. La plupart des typographies l'ont fait disparaître aujourd'hui. Mais savez-vous pourquoi cette barre a survécu jusqu'à nos jours? Il faut remonter bien loin, aux temps bibliques. Lorsque Moïse eut gravi le mont Sinaï, et que les 10 commandements lui furent dictés, il redescendit vers son peuple et leur lut à haute et forte voix chaque commandement. Arrivé au septième « Tu ne commettras point d'adultère.Tu ne désireras pas la femme de ton prochain », de nombreuses voix s'élevèrent parmi le peuple lui criant : "Barre le sept, barre le sept, barre le sept !"

Et voilà l'origine de la barre du sept !

mercredi 24 octobre 2007

Il était une fois dans l'Ouest








Clic sur les images pour les agrandir

Sacrilège! Un Italien s’attaque au mythe du Western et culbute totems et tabous. Jouer sur les archétypes à l’outrance, salir la pure image des héros du Western en pointant du colt quelques uns de leurs vices cachés et la violence crue de leurs actes, c’en est trop! Voilà sur quoi maints critiques tempêtent depuis la sortie de ce film en 1968. Pourquoi Sergio Leone, qui comme beaucoup avait succombé dans sa jeunesse au rêve américain, finissait-il par le trahir? 

Loin de moi l’idée d’argumenter sur le bien fondé ou sur la partialité des propos tenus par des individus plus qualifiés que moi en la matière. Cependant, je n’ai trouvé aucune analyse partant simplement du titre. Celui-ci contient pourtant l’incipit des contes avec son imparfait qui suggère que l'on va narrer une histoire, et que, pour ce faire, on ne se privera pas de s’éloigner du vraisemblable, que l'on aura parfois recours au travestissement, à la métaphore et à l’imaginaire. Bettelheim nous a parfaitement montré la capacité des contes à mettre en lumière des facettes de l’obscur objet de nos désirs. C'est bien connu, aussi, que l’analysé résiste à les faire remonter à sa conscience, arc-bouté sur ses modes de défense privilégiés. 

Dans ce film, Leone s’attaque bien à cela. Il empile les archétypes et passe en revue les références classiques du Western qui ont été mises en place avant lui par les grands réalisateurs américains spécialistes du genre. Les amateurs trouveront une foultitude de références aux films de ses glorieux ancêtres. Si cela tourne parfois à la parodie, c’est pour mieux démasquer les illusions et les mensonges qu’elles véhiculent.  Provocateur en diable, Leone disait à qui voulait bien l’entendre, en termes crus de macho résistant encore un temps dans son fort Alamo aux squaws de la montée du féminisme, que ce film racontait avant tout: « La fin de la dernière période de l’histoire américaine où les hommes avaient des couilles, et la transition entre le Far West, et l’institution du matriarcat en Amérique. L’Amérique est fondée sur des femmes qui ont des couilles en béton. ».

Comme vous le constatez, notre homme faisait dans la dentelle. Pour continuer dans la provocation, le choix d’Henry Fonda pour le rôle du très très méchant, n’est pas anodin. Le justicier sans tache, icône du cinéma américain des années antérieures, écorne fortement son image dans ce rôle à contre emploi. La plupart des personnages savent dès le début de l’histoire qu’ils vont mourir. Le chemin de fer surgit dès la séquence générique lancinante et ses interminables 12 minutes. Il se veut un funeste augure. Les valeurs fondatrices de la nation vont tomber sous les tirs croisés de nouveaux maîtres aux cartouchières bourrées de billets verts. Les paysages du Grand Ouest vont s’orner d'une estafilade. Le visage de l’Amérique va devenir celui de «Scarface».

On peut préférer, les classiques antérieurs, mais rien ne m’enlèvera de l’esprit que la musique d’Ennio Morricone rend leurs bandes son parfois désuètes, et sait porter au sommet l’ampleur dramatique qui sied au traitement de ces fresques emphatiques de réaménagement du passé américain. L’harmonica, Teuf-teuf, le Cheyenne, les cache-poussière, la putain héroïque, autant de destins tragiques mis en lumière. La mouche libérée du canon du sinistre homme de main de la gare est probablement le seul geste de miséricorde de cette joyeuse troupe "d'amis qui ont un important taux de mortalité"

Historiette:

Un enfant demandait à son grand-père pourquoi il commençait toujours ses histoires par:
 "Il était une fois. 

- C'est pour éviter de me tromper sur les dates, répondit l'aïeul."


dimanche 21 octobre 2007

Un diaporama pour votre site

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La taille de l'application dépassant celle permise sur la fenêtre texte du blog, vous lirez ce billet inclus dans mon diaporama.

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Version actualisée du 25/06/2008: j'ai créé une version simplifiée du diaporama musical à onglets. On peut désormais afficher des titres. Il est par contre destiné uniquement à des photos de 800x600 pixels en fenêtre. Plus besoin de glissières donc: plus esthétique mais moins flexible. Les titres sont listés dans un fichier "titres.xml" qui pilote les variables de bornes. Vous l'éditerez à votre convenance. L'application Flash, le fichier musical que vous devez nommer "musique.mp3", le fichier "titres.xml" édité, les photos nommées obligatoirement "photo1", "photo2", "photo3" etc..., doivent être logés dans un dossier unique de votre serveur pour que tout cela fonctionne au petit poil...

ZIP nouvelle version (clic droit et "Enregistrer la cible du lien sous...")

mercredi 17 octobre 2007

LED, the good time rolls








Suite de ma série «pendulettes vintage»: cette fois, une version à diodes luminescentes qui résiste au temps - souhaitable pour ce type d’instrument. Le prix s’oublie, seule la qualité reste. On en trouve toujours de nos jours sur les tables de nuit et plus rarement de nos nuits sur les tables de jour. Sans doute parce qu’elle permet d’éviter d’allumer la lampe de chevet pour regarder l’heure et réveiller celle ou celui qui dort à vos cotés. La programmation ne pose pas de gros problèmes. Le seul point spécial est la conception d’un tableau pilotant la bonne combinaison de diodes à afficher. J’ai respecté les matrices habituelles à 7 bâtonnets et laissé entrevoir celles qui sont éteintes comme sur les cadrans classiques. Seules petites variantes: possibilité de changer la couleur des diodes et un bouton de téléchargement inconnus dans le commerce. Vous pouvez donc télécharger le zip offrant le code source et le fichier SWF.

Télécharger le ZIP de l'application Flash

mardi 16 octobre 2007

« La dictature c’est ‘Ferme ta gueule’, la démocratie c’est ‘Cause toujours’ »


Jean-Louis David, La mort de Socrate (1787) Metropolitan Museum of Art - New York

Il m’arrive de pester contre la pertinence de lois qu’on ne m’a jamais demandé directement de voter. Quand on me dit qu’il faut comprendre que les élus sont nos porte-paroles, je n’en viens pas pour autant à croire qu’ils ne parlent jamais en leur nom propre ou ne chagrinent pas ceux qui pensent autrement. «Dura lex, sed lex», mais n’oublions jamais que ce ne sont que de simples mortels qui promulguent les lois. Il devient alors illusoire de leur prêter un caractère transcendant ou irrévocable. Certains malheureux tombés du jour au lendemain sous la férule d’un dictateur occasionnel, conçoivent rapidement qu’elles sont bien plus pragmatiques ou volatiles qu'on ne l'imaginait. De plus, quelques unes, à mon humble avis, ont été pondues un soir de vague à l’âme ou de grande débâcle psychique, par quelques illuminés tentant au petit bonheur de justifier leurs postes et leurs salaires. La maxime latine cité plus-haut a quelque chose d’abrutissant. Sa sempiternelle invocation exhale des relents de fatalisme masochiste. Mon but de départ était d’écrire un billet chafouin pourfendant travers et dérives d’un régime que Churchill et Jacques de Bourbon Busset qualifiaient de moins mauvais système politique: la Démocratie.

Entreprise prétentieuse, voire mégalomaniaque. On n’avait pas en plus attendu ma sapience pour en gloser avant moi. Lucides, drôles, pertinentes, incisives, bien des analyses ont ratissé le sujet dans ses moindres recoins. A quoi bon se fendre alors d’un billet poussif et insignifiant. A temps, j’ai changé mon fusil d’épaule pour proposer quelques citations choisies. Le «Candide» du troisième millénaire comprendra mieux peut-être que celui de Voltaire que tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des régimes du monde. Si nous aimons la Démocratie, il ne faut pas pour autant imaginer que le peuple ou les dirigeants qu’une majorité accepte ont perdu la capacité de perpétrer certains abus des régimes qu’elle a un jour remplacés. Bien qu’il faille souhaiter qu'elle vive le plus longtemps possible, veillons à ce que ses travers ne la mine pas au point qu’une majorité des citoyens mécontents, manipulés par une minorité d’oligarques à l’appétit de pouvoir immodéré, finissent par l’adultérer au point qu’elle devienne péril pour les premiers et source de bénéfices iniques pour les seconds. Trêve d’emballements épistolaires ronflants ou de dénonciations «zolesques» pompeuses pour laisser place à quelques mots d’auteurs, traits d'humour et citations proches parfois du dépit amoureux.
*

«La démagogie est à la Démocratie ce que la prostitution est à l’amour» - Georges Eglozy

«La dictature c’est ‘Ferme ta gueule’, la Démocratie c’est ‘Cause toujours’» - Jean-Louis Barrault


«A la nomination d’une petite minorité corrompue, la Démocratie substitue l’élection d’une masse incompétente» - Georges Bernard Shaw


«La démocratie qui semble être la règle du monde moderne et qui n’en est que la punition» - Jules Barbey d’Aurevilly

«Tant qu’il y aura des dictatures, je n’aurai pas le cœur à critiquer une démocratie» - Jean Rostand


«Le plus grand nombre est bête, il est vénal, il est haineux. C’est le plus grand nombre qui est tout. Voilà la Démocratie» - Paul Léautaud

«Le moins mauvais système politique est celui qui permet aux citoyens de choisir l’oligarchie qui les gouvernera. On appelle cela généralement démocratie» - Jacques de Bourbon Busset

«L’erreur des démocraties est de trouver que leur vérité soit une pour tout le monde, et force l’adhésion» - Je sais plus…

mercredi 3 octobre 2007

Le meilleur des mondes

« Je sais que je suis paranoïaque, mais ce n'est pas parce que je suis paranoïaque qu'ils ne sont pas tous après moi. » - Pierre Desproges.

L’autre jour, je patientais à un feu, épié par une caméra de surveillance urbaine. Je suivais sur mon autoradio un débat sur la prolifération des méthodes de pistage des citoyens : fichage ADN, passeports anthropométriques et autres techniques de contrôle sophistiquées. Un des experts de service y allait de son argument massue : avec la foule des bandits de grands chemins grouillant sur la planète, ne serions-nous pas les premiers à légitimer le recours à ces techniques en cas d’agression? Un expert adjoint, pendant du premier, affirmait que nous nous inquiétions pour rien. Avec la facilité du moment dont il est de bon ton d’user de nos jours, il égratignait une fois de plus les Américains. Ceux-ci, pourtant à la pointe dans le domaine de la high-tech, avaient mal anticipé, ou trop tardivement, les attentats terroristes dont ils furent victimes. Ils possédaient pourtant les renseignements nécessaires pour les contrecarrer. Un cocorico ponctuait l’assertion : avec nos bonnes vieilles méthodes reposant sur les renseignements généraux et les infiltrations des réseaux par des agents efficaces, nous leur damions le pion. Patelin, il affirmait en plus que le contrôle drastique de l’Internet, la facilité dérisoire dont on peut transformer à distance un téléphone portable en micro espion, le pistage aisé de nos transactions bancaires et débits par carte bleues, les signatures de nos GPS de voitures ou des diverses puces magnétiques dont nous usons, enfin, les données colossales recueillies en continu par les «Grandes oreilles», ne constituaient nullement une panacée susceptible de tuer dans l’œuf les intentions perfides de l’Empire du Mal, donc bien entendu de menacer l’individu lambda.

Un sociologue pertinent indiqua alors que depuis quelques décennies, les interdits moraux hérités des religions ou de la propagande des totalitarismes s’évanouissaient peu à peu. La société moderne favorisait en fait avant tout la jouissance individuelle. Ce laxisme avait une motivation mercantile. Le fichage savant des individus permettait de cibler parfaitement leurs besoins et qui plus est de les anticiper. Je sais ce que vous regardez, je produis et améliore à votre intention ce que vous rêverez bientôt d’acheter. Je saurai vous rendre essentiels mes produits à grand renfort de publicité et de messages subliminaires médiatiques. Le contrôle qui relevait jadis de l’individu lui-même, est maintenant dévolu à des organismes utilisant nos sites de renseignement corporels et notre électronique embarquée. Quelques romans d’anticipation célèbres prenaient corps. On citait l’exemple des merveilleux moteurs de recherche capables de dresser le portrait robot d’un internaute à l’aide des mots clefs stockés au fil de ses recherches. Ainsi, un patient curieux qui recherche des renseignements sur les médicaments que son médecin vient de lui prescrire, signale à son insu la pathologie dont il est porteur. Je ne vous dis pas pour l’inconscient qui comme moi tient un blog !

Et les lois « informatique et liberté » alors ? Draconiennes, paraît-il ? En bon paranoïaque qui se respecte, je suis persuadé qu’il est trop tentant pour un pouvoir de ne pas les contourner et de se servir de cette somme de données colossales recueillies sur les individus pour mieux les contrôler à son bénéfice.

Pour terminer ce billet j’en reviendrai à nos amis américains égratignés plus-haut par l’expert: le retour en vogue chez eux du Western, n’indiquerait-il pas que, déboussolés par la folie procédurière et protectionniste dans laquelle s’est engagé leur pays, ils en viennent à regretter l’âge d’or des libertés individuelles, même s’il convient de mettre le brigand en prison à la fin du film ? Et de conclure sur cette ambiguïté de pensée en citant Thomas Jung dans le texte: "Je suis schizophrène et moi aussi."

lundi 24 septembre 2007

Broken Flowers





Jim Jarmusch nous avait déjà gratifié de bons films comme “Down By Law”, “Dead Man” et “Night on Earth”. En 2005, il fait mouche à nouveau avec son excellent « Broken Flowers ». Les grands réalisateurs, comme les grands écrivains, se reconnaissent au style. Dans son dernier film, Jarmush travaille à nouveau un cinéma sans artifices dans lequel il privilégie les plans muets et les jeux d’attitudes aux dialogues superfétatoires. Une note d’Antonioni chez cet homme. Une fois encore, la bande son est à la hauteur. A se demander même si son film ne dissimule pas le prétexte de nous proposer des morceaux qu’il affectionne ?

Don Johnston, avec un «t», interprété par un Bill Murray au sommet de son art, campe un Don Juan moderne sur le retour rattrapé par son passé. Une lettre anonyme, typographie rouge sur papier rose, lui apprend qu’il a un fils de 19 ans parti à sa recherche. A grand renfort de manigances, son voisin de quartier, détective privé dans l’âme ou Commandeur masqué, haut en couleurs bien que noir de peau, le pousse malgré ses réticences à retrouver les roses fanées, vestiges d’anciennes amours brisées. Muni par ses soins zélés d’un plan de voyage détaillé, il parviendra sans coup férir à les débusquer. Spectateur, un tantinet voyeur, nous pénètrerons alors dans le mausolée souvent pathétique de ses anciennes conquêtes dont la trajectoire de vie à de quoi déconcerter un Don pourtant champion du flegmatisme désabusé. Dénichera-t-il au cours de ses pérégrinations les indices démasquant le corbeau rose et mère de son enfant caché ? L’humour du film se joue dans la finesse et les seconds rôles sont à la hauteur du personnage principal. A noter la présence à contre emploi d’une Sharon Stone parfaite. Sa fille, une Lolita fracassante, est probablement le pendant dans le miroir de l’adolescente qu’elle a été. Un grand cru à déguster à fines gorgées, justement récompensé par un « Grand Prix » au festival de Cannes.

Le site officiel, très ludique, vous donne un aperçu original de l’atmosphère du film

jeudi 20 septembre 2007

De l'art de perdre son temps

Le widget est à la mode. La pendulette personnalisée est en bonne place. Voici la mienne. En théorie, ce petit bidule ne devait me prendre que quelques minutes à programmer. Tu parles ! Plusieurs heures après et un code source de la taille d’une encyclopédie, je faisais moins le malin. Construire une application s’inspirant des horloges électriques en vogue dans les années soixante qui utilisaient des rouleaux pilotés en cascade posait plus de problèmes que d’afficher l’heure avec une simple ligne de code : get.Date().toString() ;

J’avais décidé de partir de bandeaux chiffrés verticaux parallèles synchronisés au timer du Pc avec comme challenge : créer un effet de rotation fluide de l'affichage.

Premier écueil : la fonction appelant le timer vous sort des valeurs brutes omettant les zéros du chiffre des dizaines. On peut travailler sur la fonction transformant l’heure en chaîne de caractères qui les affiche mais cela alourdit le code. Bon, j’ai trouvé le subterfuge en utilisant l’opérateur modulo (%) qui fournit le reste d’une division. Ainsi, 8(heures) 7 (minutes) 5 (secondes) peut se transformer facilement en 08 07 05 : le second chiffre des couples est le modulo du nombre et le premier est obtenu en divisant le nombre auquel on soustrait le modulo puis qu’on divise par 10. On récupère ainsi les zéros manquants.

Deuxième écueil : que faire quand la bande arrive en bout de défilement. Il faut créer une fonction d’ajustement qui la remet en position zéro. Les bandeaux de deux kilomètres de long sont une solution de butor !

Le troisième "chmilblic", celui qui m’a poussé dans mes derniers retranchements : créer un défilement fluide. Les machines actuelles sont furieusement véloces. Soit le bandeau avait déjà disparu, soit il se trouvait mal calé, soit j'obtenais un mouvement saccadé comme sur mon exemple ou j’ai conservé le déclic des secondes, présent sur ma pendulette de table de nuit de l’époque évoquée!

L’astuce qui a heureusement réduit la taille du code source à quelques lignes était : à 59 secondes timer faire tourner le ou les rouleaux nécessaires pendant une seconde et recaler les chiffres au bout de ce laps de temps. Le mouvement fluide est apporté par la fonction " onEnterFrame" qui contrôle un clip en continu tant que celui-ci est présent à l’écran. Quand les secondes sont à 0, on appelle la fonction d’ajustement des chiffres du cadran. Ce dernier sert de masque aux bandeaux.

Belle illustration de comment perdre son temps !

Le code et la démonstration sans masque sur cette page qui vous propose en sus le téléchargement d'un zip incluant code source et fichier SWF que vous pouvez utiliser pour vos pages. Ceci est une ébauche à modifier à votre convenance si vous programmez en Flash.

lundi 10 septembre 2007

Echos d'Eco...



Umberto Eco est un universitaire bolognais natif d’Alessandria. Ce spécialiste de la séméiotique, fin lettré à l'érudition aussi large que sa carrure, rêve-t-il pour cela de constituer un jour sa propre bibliothèque d’Alexandrie ? Dans ses romans truffés de références classiques, il nous guide au travers du labyrinthe des textes, nous aide à slalomer dans l'étymologie des mots et cherche à ranimer pour nous des parfums d’époques révolues dont nous sous-estimons en bons barbares les raffinements. «Il nome della rosa», le monumental polar médiéval qui l’a révélé aux yeux du grand public est une somme peu commune d’érudition qui nous démontre à l’envie que tous nos ancêtres n’étaient pas des butors pataugeant sans question dans l’obscurantisme et l’intégrisme abrutissant que les autorités, à certaines époques, tentaient d’imposer. Les principales voies de la pensée avaient été défrichées de longue date. Cachés au creux de bibliothèques obscures tenues parfois par des adulateurs de la pensée unique, des hommes curieux et courageux pouvaient dénicher nombre d’ouvrages en contenant les preuves. Pour Eco, le plus grand bonheur consiste sans doute à redécouvrir ces livres précieux qui témoignent de la profondeur ou de la vivacité d’esprit qui animait nos anciens. Ainsi, parmi ces scriptes artistes du Moyen-âge et enlumineurs de génie œuvrant laborieusement à leur conservation et à leur transmission, se trouvaient des dissidents prompts à la satire comme en témoignent leurs enluminures ironiques. Il est bon et impérieux de savoir rire de tout. C’est un des messages de son ouvrage, merveilleuse leçon d’histoire et résumé des théories qui s’affrontaient sous le contrôle d’une Eglise omnipotente qui délivrait les brevets de vertus et triait à la hussarde textes canoniques et apocryphes. Une leçon d’humour et de tolérance toujours bonne à méditer.

Le récit de l'aventure qu'écrit pour nous au crépuscule de sa vie, Adso ancien novice attaché à son maître et héros, prend sur la fin un ton désenchanté. Regrets de n'avoir pas eu la force d'infléchir un chemin de vie trop "orthodoxe"? Il se termine par une citation latine. Une recherche sur la toile m’a fait découvrir une facétie finale du merveilleux narrateur qu’est Umberto Eco : “Stat rosa pristina nomine, nomina nuda tenemus” (De la rose initiale ne subsiste que le nom, nous ne tenons plus qu'un nom dépouillé). Adso n’a jamais connu le prénom de la jeune fille qui l’a détourné incidemment de ses vœux de chasteté. De sa présence charnelle perdue, il ne garde qu’un nom vide de substance. Eco a changé une lettre de l’hexamètre original du « De contemptu mundi » de Bernard Morlaix écrit au XIIème siècle. Roma s’est muté en rosa. Pour le bien du récit dira-t-on...

Quelques citations savoureuses de l’auteur :

«L'important ce n'est pas tellement d'avoir des souvenirs, c'est toujours de régler ses comptes avec eux.»- Le Point - 15 Février 2002
«Une poule est l'artifice qu'utilise un oeuf pour produire un autre oeuf.»

«Il y a quatre types idéaux : le crétin, l'imbécile, le stupide et le fou. Le normal, c'est le mélange équilibré des quatre.»- Le pendule de Foucault
«La science ne consiste pas seulement à savoir ce qu'on doit ou peut faire, mais aussi à savoir ce qu'on pourrait faire quand bien même on ne doit pas le faire.»- Le nom de la rose
«Rien ne communique plus de courage au peureux que la peur d'autrui.» - Le nom de la rose
«La télévision rend intelligent les gens qui n’ont pas accès à la culture et abrutit ceux qui se croient cultivés.»
«Si Dieu existait, il serait une bibliothèque.»- L’événement du Jeudi - 9 Avril 1998
«Dans le monde entier, il existe un moyen infaillible de reconnaître un chauffeur de taxi : c'est quelqu'un qui n'a jamais de monnaie.» - Comment voyager avec un saumon
«Les thèmes de la tragédie sont universels, alors que ceux de la comédie sont plus ancrés dans les cultures.»
«L'écrivain essaie d'échapper aux interprétations, non pas nécessairement parce qu'il n'y en a pas, mais parce qu'il y en a peut-être plusieurs et qu'il ne veut pas arrêter les lecteurs sur une seule.» - Le Point - 15 Février 2002
«Chaque écrivain raconte toujours une même obsession.» - Télérama - 10 Septembre 2003
«Le prix à payer pour avoir Einstein d’un côté, c’est d’avoir un imbécile de l’autre côté !» Télérama - 10 Septembre 2003
«Nous savons que nous allons vers la mort et, face à cette occurrence inéluctable, nous n’avons qu’un instrument : le rire.» - Télérama - 10 Septembre 2003
«C'est votre père qui est votre obligé, et non point le contraire : vous payez de bien des années de larmes un sien moment de plaisant chatouillement.» - L’île du jour d’avant
«La fonction essentielle d'une bibliothèque est de favoriser la découverte de livres dont le lecteur ne soupçonnait pas l'existence et qui s'avèrent d'une importance capitale pour lui.

jeudi 6 septembre 2007

La lenteur et les danseurs de Kundera

L’écrivain, au sens noble du terme, se doit de posséder des capacités d’observateur malicieux des travers de son époque. Les plus grands savent de surcroît illustrer brillamment les plus intemporels. Chaque pouvoir tente à sa façon d’étouffer les pamphlets. Les grands bonimenteurs poursuivent le rêve secret d’occuper à l’envie le devant de la scène en cantonnant dans des réserves les contradicteurs qui ont l’outrecuidance de mettre le doigt là où cela leur fait mal. Contrôler les médias est une arme universelle. Une variante du moment consiste à noyer les étals des rayons littérature de la grande consommation de romans de gare indigents réussissant à dissimuler sous un fatras quelques perles noires dangereuses. Je range Milan Kundera parmi les écrivains « modernes » susceptibles d’irriter un temps nos histrions nationaux. Les monceaux de pâte à papier des derniers monuments de platitudes pseudo autobiographiques de starlettes éphémères du show-business ou les pavés indigestes commémorant le dixième anniversaire de la mort de Lady Di ont cette capacité d’ensevelissement. Le terrain de prédilection de ces « danseurs » étant avant tout le champ des caméras, ils se moquent sans doute comme d’une guigne de ces brûlots et peuvent s’adonner sans retenue à toutes les pitreries auxquelles les convient leurs conseillers en communication. Je relisais récemment un petit ouvrage de cet écrivain dont je guette chaque publication : « La lenteur ». N’ayant aucune prétention à la critique littéraire, je me contenterai pour vous inciter à le lire, de reproduire dans ce billet les principaux extraits d’un bon article publié sur Internet à son sujet.

« On sait bien que Milan Kundera n'appartient pas à la nombreuse famille des écrivains «fous du volant», mais les sentiments que lui inspire le «siècle de la vitesse» le rangent même parmi les nostalgiques du petit trot. Il observe avec sévérité l'impatience des automobilistes et, bien au-delà de la sauvagerie routière, la rotation éclair des rois de l'esbroufe et des vedettes de l'Actualité Historique Planétaire Sublime. Bref, une nouvelle fois il enfonce le clou.

Et à ce clou il accroche une oeuvre de petit format, intitulée La lenteur. Au premier plan: la «casserole de la célébrité», ustensile exécré du maître. Au second plan: un château dans un coin de verdure. En s'approchant, on peut voir une piscine au bord de laquelle un jeune couple est en train de faire l'amour, sous les yeux de quelques curieux... A la fenêtre d'une chambre, Kundera lui-même. Derrière lui, sa femme, Véra. Et, dans un lointain à la Watteau, un spectre en costume XVIIIe croise un jeune motard. Explication: l'auteur et son épouse passent la nuit dans un château-hôtel également occupé par des congressistes, dont fait partie le jeune couple, et hanté par les personnages d'un récit de Vivant Denon, Point de lendemain, dont fait partie le spectre. Une forte ironie pèse sur ce tableautin, exécuté d'un trait appuyé.

Sous ses airs de pochade, cette ouvre est un pamphlet. Selon l'artiste, il suffit de comparer notre société à celle du XVIIIe pour constater l'étendue des dégâts. Le monde sur lequel brillaient les Lumières n'était qu'étincelle, vivacité, prompte repartie. Aujourd'hui, les projecteurs semblent braqués sur des lourdauds pressés. Leurs pensées se traînent, mais ils pilotent de grosses cylindrées qui leur font battre des records de rapidité. Le port du casque vient un peu tard: l'intelligence est déjà en capilotade.

Ce roman de Kundera invite à regretter l'époque de Laclos, où l'on prenait le temps de réfléchir, de flâner, de retarder délicieusement le moment de la jouissance et de renouveler la volupté par la rêverie.

Dans Le mariage, Figaro se plaignait qu'on ait nommé un danseur où il fallait un calculateur. Que dirait-il aujourd'hui? Selon un personnage de La lenteur, le danseur est partout. Il occupe toutes les places. Pour obtenir ovation et adhésion, rien de plus simple: faire un bon geste. Tenir un enfant par la main, l'abbé Pierre par l'épaule... On peut aller jusqu'à soulever un sac de riz en Somalie. On aura l'air chargé de toute l'espérance du monde. Mais avant de jouer les atlantes de la charité il faut bien repérer la caméra.

Milan Kundera fustige le règne des imposteurs qui tiennent boutique d'altruisme et branchent leur propre enseigne sur celle de la Douleur.

De son premier recueil de nouvelles, Risibles amours, aux grands romans, La plaisanterie, La vie est ailleurs, L'insoutenable légèreté de l'être, ou à ses essais écrits en français - comme d'ailleurs La lenteur - Kundera n'a cessé de voir son public s'élargir. Il ressemble pourtant à Vivant Denon dont il dit dans La lenteur que le public qu'il désirait séduire «n'était pas la masse d'inconnus que convoite l'écrivain d'aujourd'hui, mais la petite compagnie de ceux qu'il pouvait personnellement connaître et estimer».

Et qu'on ne compte pas sur lui pour faire de la dissidence sa «spécialité». Le pouvoir communiste l'a pourtant très cruellement «puni». En détruisant par exemple toutes les matrices des enregistrements de son père. Ou en assiégeant, emprisonnant sa vieille mère mourante dans son agonie pour, selon Claude Roy, «la dérober un peu plus au fils lointain».

Dans La lenteur, il est question d'une fausse dissidence. Celle d'un entomologiste tchèque. Après l'effondrement du communisme qui l'avait arraché à ses recherches et contraint de devenir maçon, cet homme arrive à un congrès en France, avec l'auréole du martyr. Ses confrères l'applaudissent debout, et si longuement qu'il en oublie de prononcer son intervention. Or, lui seul sait qu'il n'a été «dissident» que par lâcheté: il n'avait pas osé tenir tête à «une dizaine d'opposants notoires qui s'étaient engouffrés dans son bureau et lui avaient demandé de mettre une salle à leur disposition».

Le congrès en question se déroule donc dans le château où Vivant Denon situa son récit. Point de lendemain raconte l'histoire d'un jeune gentilhomme qui passe une exquise nuit d'amour avec une dame désireuse de détourner sur lui, sans le lui dire, les soupçons qui pèsent sur son véritable amant, un marquis. Quant au jeune motard qui, dans le parc du château, croise le fantôme du gentilhomme, il vient de copuler en public afin de parodier les exhibitions télévisées de ceux qu'excite cet «infini sans visages» qu'on appelle commodément «le monde entier». Mais au cours de l'action son sexe n'a pas suivi. Il a dû se borner à simuler le coït. Imitant par là le bluff du petit écran.

Kundera oppose la puissance du vrai libertinage à l'impuissance tyrannique de l'image, les plaisirs d’Épicure à ceux de la voiture... Le lecteur attentif trouvera bien d'autres leçons dans les multiples plans et profondeurs de cette fable. Refusant les interviews l'auteur laisse à chacun le soin de tirer sa morale et conseille simplement de prendre son temps. »

mercredi 15 août 2007

La Clepsydre



La clepsydre est une horloge à eau fonctionnant sur le même principe qu’un sablier. La plus ancienne a été retrouvée en Égypte à Karnak. Sa fabrication remonterait à 1600 av JC. Elle consistait en un bol conique percé d’un petit orifice juste au dessus de sa base et laissant échapper l’eau. Des graduations à l’intérieur permettaient de lire le temps écoulé en fonction du niveau d’eau encore présent. Les égyptiens méconnaissaient le principe hydrodynamique qui voulait que la pression en un point d’un liquide soit proportionnelle à la hauteur de la colonne qui le surplombe. Ils en avaient fait cependant l’observation empirique en constatant que l’écoulement du liquide était rapide quand le récipient était plein et presque nul en fin de vidange. La répartition des graduations en témoigne. Les Grecs, grands bavards devant l’Eternel utilisaient cet outil pour allouer un temps de parole défini aux orateurs de l’Agora. Ce sont eux qui perfectionnèrent la clepsydre en utilisant un deuxième récipient dont le niveau était maintenu constant par remplissage continu via une source d’eau ou un troisième récipient de grande contenance. Cela permettait un remplissage à débit constant du vase inférieur mesurant le temps avec une plus grande précision.

Ceux qui se sont amusés à faire cuire un œuf à la coque avec un bon vieux sablier ad hoc ont probablement eu la mésaventure de voir l’engin se bloquer au niveau du détroit entre les deux bulles de verre. Difficile d’éliminer tous les grains de sable de gabarit indésirable. L’emploi de l’eau contournait cet obstacle. Je me suis amusé à créer en Flash une animation reprenant les principes de la clepsydre avec quelques délires technologiques surprenant mais n’entamant aucunement les bases de conception de ces engins. Bon, à vous de jouer. Le temps qui m’était imparti est désormais écoulé.


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N.B: A voir ou à revoir le film de Wojciech Has: "La Clepsydre"

mardi 31 juillet 2007

God Save The Kinks



J’ai toujours eu un faible pour « Les Extravagants » de Muswell Hill, banlieue pauvre de Londres. Les frères Davies, en perpétuelle dispute à la ville comme à la scène, ont su au début des années soixante imposer peu à peu leur musique et leurs textes aux accents cockney, scénettes évoquant souvent petites joies et malaises de leur classe sociale. Tantôt provocatrice tantôt sincère, leur peinture dans la société britannique a quelques accents poétiques. Fins observateurs du quotidien des banlieues ouvrières, leur comédie humaine nous fait rencontrer des personnages du quotidien parfois attachants, hauts en couleurs, désuets ou irritants. Quand j’écoute les Kinks, je vois l’étrange Lola aux traits tirés par ses nuits de fêtarde passer devant le jardinet d’une cité ouvrière au cœur d’un après midi ensoleillé ou j’imagine la vie morose d’une impasse de quartier et ses personnages à la Ken Loach. Difficile de ne pas reconnaître le son saturé des Kinks et la coloration typique de leurs morceaux. Les Kinks étaient des artisans habiles, pas une fabrique de standards à la chaîne.