vendredi 27 septembre 2013

Éloge de la différence



"Quelle vérité que ces montagnes bornent, qui est mensonge au monde qui se tient au-delà".
 "Chacun appelle barbare ce qui n'est pas de son usage".
- Montaigne -

Toute société humaine durable en vient à imposer de façon pernicieuse ou dictatoriale, des critères d’assimilation aux individus qui la compose. Les normes de vie sociale qu’elle prône, dépassant largement le cadre de ses lois et de la Morale, constituent la grille de correction imposant des modèles vers lesquels chacun devrait tendre. Par mimétisme ou par devoir, une majorité composite s’agrège et adhère à ce mode de penser. Elle peut alors défiler sous l’étendard rassurant de la normalité. « Normal » sonne à mes oreilles comme un programme de machine à laver. Comme s’il fallait contraindre celui qui s’interroge sur ses différences, ou le bien fondé des normes en vigueur, à passer par le tambour de la machine, pour en ressortir plus blanc que blanc, désincrusté de tout dépôt d’hérésie par les enzymes gloutons. Certains régimes – il en existe toujours - sont allés jusqu’à demander au milieu psychiatrique de traiter les déviationnistes qui ont la simple folie de cultiver une forme de résistance aux normes.

Dans notre société occidentale, les zélateurs du conservatisme et autres apôtres de la réaction, ont tôt fait de désigner les profiteurs du système idéal dans lequel ils barbotent. Il faut punir quiconque n’a pas la conscience opiniâtre de répondre à toutes les demandes normatives pour devenir un bon citoyen, un gendre parfait, un travailleur acharné, un fils modèle, un mari idéal. Ces malandrins, ces jacobins n’ont pas su faire preuve du même goût qu’eux à suivre les consignes. Il n’est pas question qu’ils puissent défiler au pas de l’oie en leur compagnie, au son du tambour, sous la bannière des clones unifiés.

Je déteste les donneurs de leçons, les prosélytes infatués de leur foi de nouveaux évangélisés, qui semblent regretter le bon vieux temps de l’Inquisition où l’on faisait abjurer les hérésies en passant à la question les réfractaires. Mandatés en haut-lieu, ce sont les irresponsables potentiels des massacres variés, en nombre et en qualité, qu’on leur demanderait de perpétrer, comme au bon vieux temps. Dans l’Histoire, victimes consentantes, ils ont été les garants du maintien d’iniquités ahurissantes dont profitaient leurs supérieurs de droit divin. Incapables d’admettre la richesse des singularités, des différences, et le droit des autres à penser autrement qu’eux-mêmes, ils entretiennent le conformisme.

Les idées évolutionnistes mettent la diversité des individus au centre de la capacité de survie du groupe dans un milieu en perpétuelle mouvance. Être adapté, c’est en fait appartenir à une espèce qui peut s’éteindre aussi vite que les dinosaures. Cela ne s’est pas fait en un jour, d’accord, mais quelques espèces qu’ils ont boulottées à qui mieux-mieux pendant des millénaires ont fini par venir pisser sur leurs tombes. Aucune société ne prépare vraiment ses individus à survivre aux conséquences de la chute d’un météorite de gros diamètre, pour reprendre l’image. Il est bon que des mutants, aidés par leurs soi-disant anomalies, aient subsisté au décours des extinctions de masse que la planète  a connues depuis l’avènement de la vie à sa surface. Méfions nous du clonage et du formatage imbéciles qui pourraient conduire à un suicide collectif. Celui des lemmings est un mythe, mais l’espèce humaine pourrait avoir la capacité de s’en faire une réalité, n’imaginant pas un seul instant que l’idée de sa prétendue supériorité ne soit en fait qu’une connerie monumentale.


 « Ce que je constate : ce sont les ravages actuels ; c'est la disparition effrayante des espèces vivantes, qu'elles soient végétales ou animales ; et le fait que du fait même de sa densité actuelle, l'espèce humaine vit sous une sorte de régime d'empoisonnement interne - si je puis dire - et je pense au présent et au monde dans lequel je suis en train de finir mon existence. Ce n'est pas un monde que j'aime »

Claude Lévi-Strauss, en 1984, entretien avec Bernard Pivot.

jeudi 5 septembre 2013

ERABLE NEGUNDO


Synonyme latin : Negundo fraxinifolium.

Synonyme français : Érable à feuilles de frêne ou Érable négundo.

Famille : Acéracées

Description : Hauteur maximale 20 mètres. Houppier arrondi et dense. Feuilles opposées, composées de 5 à 7 folioles (parfois 9), grossièrement dentées, vert clair et glabres. Jeunes rameaux lisses bleutés, pruineux (recouvert d’une production cireuse, labile, de couleur glauque ; la pruine), très vigoureux. Tronc et branches à écorce grise. Petits bourgeons à écailles beiges et sèches.
Espèce dioïque : fleurs mâles jaunâtres, abondantes avant la feuillaison. Fleurs femelles plus discrètes, en grappes pendantes. Les samares sont doubles en U : disamares typiques de la famille des Acéracées.

Biologie et acclimatation : Espèce rustique des sols sableux et des graves. Croît sur les sols calcaires s’ils sont bien alimentés en eau. Espèce abondante dans les vallées des grands fleuves français. Bois cassant. Longévité de 150 ans.

Intérêts : Arbres d’ornement qui par recépage pourrait constituer des haies avec rameaux vigoureux et feuillage abondant. Possibilité d’extraire un sirop sucré. Le cultivar « Variegatum », au feuillage panaché de blanc, est très répandu.

Note : c’est le seul érable à feuilles opposées comme celles d'autres arbres, dont le frêne. La possibilité de confusion avec cet arbre est mince.

   
Fleurs femelles
Fruits disamares
    
Rameaux à folioles opposées

lundi 2 septembre 2013

Le vent se lève : Miyazaki



"Le vent se lève !... Il faut tenter de vivre !" - Paul Valéry -


Bonne retraite Hayao !