dimanche 12 octobre 2008

Das deutsche Kino ist nicht kaputt !



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Non, je ne fais pas l’impasse sur le cinéma de Rainer Werner Fassbinder mort en 1982, ni celui de Wim Wenders avec leurs belles éclaircies des dernières décennies, mais, plus récemment à intervalle réduit, le cinéma allemand nous a offert deux pépites extraites du même filon: l’ancienne DDR, la mal nommée «République Démocratique d’Allemagne».
*Wolfgang Becker - « Good Bye, Lenin ! » - 2003 -
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L’histoire:

Le 7 octobre 1989, Christiane doit assister aux célébrations du 40e anniversaire de la RDA. Elle est sur le trajet contrainte de s'arrêter, à cause d’une manifestation à laquelle participe son fils Alex. Elle voit les policiers réprimer la manifestation et arrêter avec violence son enfant. Elle s'évanouit et tombe dans le coma. Quelques semaines plus tard, le Mur de Berlin tombe et les deux jeunes gens s'intègrent dans la vie occidentale. En juin 1990, leur mère se réveille. Le médecin conseille à Alex de tout mettre en œuvre pour éviter la rechute que causerait un choc trop important. Ceci conduit Alex et sa sœurAriane à cacher à Christiane les changements politiques qui ont eu lieu. Ils réaménagent l'appartement familial comme avant, cachent toutes les améliorations technologiques et les nouvelles mentalités, retrouvent les marques des produits d'avant. Ils y parviennent plutôt bien avec l'aide de voisins et d’amis.
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Ce film extrêmement touchant qui oscille entre humour et tendresse est une ode à la tolérance, au respect des hommes et des femmes qui, emportés malgré eux par des courants idéologiques qui les dépassaient, n’en ont pas tous perdu, loin s'en faut, leur capacité à conserver une profonde humanité.
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Florian Henckel von Donersmarck - « La vie des autres » - 2007 -

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L’histoire:

En 1984 à Berlin-Est, Gerd Wiesler (HGW XX/7), capitaine de la Stasi, se voit confier la surveillance du dramaturge Georg Dreyman, sans se douter au départ qu'il s'agit d'une intrigue orchestrée par le ministre est-allemand de la culture Bruno Hempf qui, amoureux de son amie, l'actrice Christa-Maria Sieland, souhaite faire disparaître l'écrivain qui vit avec elle. Le lieutenant-colonel Grubitz espère, quant à lui, tirer de cette mission un bénéfice pour sa carrière.
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Chacun peut extraire de ce film habile et déroutant un message. Une condamnation implacable des régimes totalitaires et de leurs méthodes d’investigations qui violent sans vergogne l’intimité des individus avec un profond mépris : «Z» et «L’aveu» de Costa Gavras l’avaient déjà fait bien avant, pour exemple. Un tableau cynique des « intelligentsias » des ex républiques soviétiques socialistes : «Soleil trompeur» de Nikita Mikhalkov est un film magnifique sur le sujet de 1994. Des illustrations variées de la bassesse humaine ou de l’opportunisme à la base de collaborations, de traîtrises et de dénonciations calomnieuses : «93 rue Lauriston» de Denys Granier-Deferre en a fait, il ya peu, un catalogue éloquent. J’y vois surtout une magnifique démonstration que l’accès à la culture est à la base de la chute de toutes les dictatures qui, le sachant d’ailleurs, pour s’imposer, commencent à enfermer les artistes et à brûler les livres.
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HGW XX/7 «passe peu à peu à l’ouest» devant ses écrans de surveillance, son casque d’écoute sur les oreilles. Il s’attache progressivement à un monde qu’il ne connaissait pas. Ses yeux se décillent et ses oreilles s’ouvrent à des idées qui libèrent sa sensibilité et sa curiosité dévoyées par sa fonction. Il devient alors le protecteur caché d’un microcosme en résistance qu’il était sensé combattre : la beauté d’un acte gratuit. Le philosophe nous affirme que l’acte totalement gratuit n’existe pas. Bof, peut-être, mais il est clair que certains rapportent moins que d’autres. L’ancien capitaine de la Stasi devenu distributeur de prospectus publicitaires y aurait plutôt perdu dans l’affaire, hors l’honneur.
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2 commentaires:

  1. kévin itteux-laire13 oct. 2008 à 13:56:00

    Et Leni Riefenstahl, c'était pas bien peut-être ?

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  2. Kevin> ouh là! On ne rigole pas avec ça. Un truc à faire fermer mon blog. Les premiers films de la "Berta Helene" remontent aux années trente. On sort du sujet du billet. Elle a bien eu du mal à remonter la pente suite à ses "liaisons dangereuses" nauséabondes. En 1972, elle regagne une légère odeur de sainteté qui lui permet de retrouver des commanditaires et de se remettre à l'ouvrage. Les techniques employées pour le film de propagande "Les dieux du stade" sont très novatrices et les images corporelles esthétisantes flattent le goût des commanditaires. Si tous les vainqueurs sont montrés, cependant, on ne voit pas très bien Adolf applaudir à tout rompre aux exploits de Jesse Owens... Les joueurs de Rugby manquaient sans doute de références historiques qui ont donné ce titre à leurs calendriers où ils posent court-vêtus. Sinon, ça sent mauvais.

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