lundi 13 mai 2013

La tombée du ciel


Cap Fréhel, Bretagne, FRANCE.

Viens me rejoindre à la tombée du ciel, là où terre et nuages s’unissent et où la mer se fond au miroitement des cieux. Sur cette lande abandonnée, viens humer les embruns. Viens te gorger de vent qui charrie des odeurs de genets et de Callune en fleurs. Laisse le Monde à ses tourments et tes souvenirs défunts aux clameurs du passé. L’agitation n’est qu’un mirage qui veut singer la vie. Vois l’étendue des eaux qui portent vers un horizon sans bornes ouvert sur les songes. Face au soleil levant, trempe ton corps à l’écume et nourris-toi d’espace. 

Oublie tout. Ce jour qui vient ne va jamais finir. Les souvenirs sont prisons, les lendemains des leurres. Cours à perdre haleine, chante tes désirs et lance au ciel un regard chaleureux. Puis, laisse ton corps flotter comme un oiseau marin porté par les rafales, et tangue au rythme apaisant des flots.

C’est aujourd’hui ton heure, tu n’appartiens qu’au vent et un peu à ma main qui te saisit la taille. Sens mon souffle qui veut s’unir au tien.

Embrassons-nous à la tombée du ciel en oubliant demain.

À Valérie

Pierre TOSI - Mai 2013 -

4 commentaires:

  1. Joli texte ! Je me demandais si c'était du Chateaubriand ou du Victor Hugo, et voilà que j'en conclus que c'est du Pierre Tosi, poète lorrain à ses heures.
    Bravo.
    NB: La belle pierre à l'entrée de l'aber ne semble pas tombée du jour !
    Denis

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    1. Château Branlant ou Victor Hugo pas Fray, c’était jouable. Quant à ce morceau de falaise, ce n’est pas moi qui l’ai fait tomber, même quand j’étais petit… Merci de témoigner, Denis.

      Remerciements sincères pour ce commentaire encourageant.

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  2. je suis d'accord avec Denis ! c'est chouette.
    Noëlle

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    1. La jeune fille (parfois cauteleux et prudent avec les épithètes, elle lit parfois les commentaires...) pour qui j’avais écrit ce court texte m’avait encouragé à le publier en proposant, en sus, la lecture de ce titre de Loreena McKennitt qui pouvait l'illustrer. J'ose espérer que le "Please, remember me" du refrain ne m'indique pas que je suis poreux de la cafetière... Les éléments de la nature dont il est question dans la chanson motivaient ce choix,la qualité de l'interprétation aussi, probablement.
      Merci, Noëlle, d'aller dans son sens. Me voilà rose narcisse. Je vais désormais porter une bouée quand je me mire dans la mare.

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