lundi 31 octobre 2011

All Hallows Eve


T
ravail sur la création d’un clip connu des visiteurs réguliers du blog. J’ai choisi cette fois l’option vidéo en travaillant sur un logiciel de conception graphique dont je m’étais déjà servi précédemment dans un billet. Halloween était un bon prétexte pour vous proposer le fruit de mon dur labeur d’apprentissage.

Note: vous bénéficirez d'une meilleure définition d'image en visualisant cette vidéo directement sur You Tube.


Note 2, en réponse au commentaire de Mlle Myosotis: j'ai cru comprendre qu'avec le logiciel en question, cela pouvait donner une vidéo du genre ci-dessous. Bravo au passage à ta copine Adeline et à son équipe des Gobelins. Il y a de la marge avec mon truc en plume plus que minimaliste, ses effets de base et ses bouts de ficelle. La "french touch" n'est pas une vaine expression...






"Trois petits points" a été réalisé en 2010 par Lucrèce ANDREAE, Alice DIEUDONNE, Tracy NOWOCIEN, Florian PARROT, Ornélie PRIOUL, Rémy SCHAEPMAN, étudiants de la formation Concepteur et réalisateur de films d'animation (3e année) à GOBELINS, l'école de l'image. Déjà sélectionné et primé dans de nombreux festivals, il vient de recevoir le prix spécial du Jury, dans la catégorie Films de fin d'études, au Festival International du Fim d'Animation (FIFA) d'Annecy 2011.

lundi 24 octobre 2011

District 9

Constatation empirique ne reposant que sur un sondage personnel à base d'un échantillon limité, les filles préfèrent les films d’amour aux films de science-fiction. Que les féministes fassent donc l’impasse sur ce billet et n’y trouvent pas un os de plus à ronger. Dans le domaine des séances cinéma de rattrapage, je viens de tomber récemment sur un OVNI vieux de deux ans.

Le film de Neill Blomkamp de 2009, District 9, échappe par ailleurs à cette classification réductrice, au point d'ouvrir celle des films de reportage de science-fiction. Je sais, rien qu’à l’intitulé, c’est le genre de truc que de toute façon j’aurais évité d’aller voir en salle, même (ou plutôt, surtout) un jour d’intense solitude dans une ville déserte en plein mois d’août.

Le DVD à peine lancé, je suis persuadé d’être tombé sur une mouture qui va me proposer une demi-heure de bandes annonces des sorties en vente. Ça démarre en effet bille en tête sur un plan tourné au caméscope, sans effets 3D à contempler en 2D, d’un commentateur débilo-kitsch à l’habillement vintage, agité du bocal s’il en est, présentant de façon chaotique en direct le début de la mission d’expulsion officielle d’aliens d’un township de Soweto qu’on vient de lui confier. Le vaisseau spatial de ces zigotos est tombé en rideau. Il reste désespérément stationné au dessus de la ville de Johannesburg depuis plusieurs décennies. Les envahisseurs en question ont des allures de méga crevettes déficientes mentales qui désossent tout ce qui leur tombent sous les mandibules dans les dépotoirs alentours. En fait, elles sont d’une docilité lénifiante et communiquent avec les humains par borborygmes susceptibles d’être décodés. Merde, des aliens qui n’attaquent pas Manhattan et n’ont pas en leur possession d’armes de destruction massive ! En plus, le décor est pourri, on s’en doute, et il faut attendre presqu’une plombe avant de voir péter les premiers effets spéciaux spectaculaires. Après, cela se débride bien pour les amateurs de bastons déchiqueteuses. Le paragraphe en cours n’a pas de quoi vous rassurer, je sais. Alors, je vais en changer.

Drôle, pertinent, parfois pamphlet violent des rapports de force qui naissent entre des collectivités dont la cohabitation ne peut se tolérer qu’au moyen de lignes de fer barbelé ou de forces de l’ordre interposées, ce supposé reportage télévisé vous embarque sans crier gare dans une traversée des genres cinématographiques aux transitions indolores sur un scénario qui tient la route. Les acteurs jouent à merveille. Bon, impossible d’échapper au combat des chefs final. Même les aliens font plus vrais que nature dans leur jeu. Je dois cependant confesser que je n’en ai jamais rencontré dans la vraie vie…

dimanche 23 octobre 2011

Seule la défaite est belle


L’histoire ne retient que les vainqueurs, tout comme les imbéciles et probablement la grande majorité des journalistes sportifs (*). Le sport, ce jeu que s’autorisent les adultes en tentant d’oublier qu’il est la persistance d’une des principales activités de l’enfance, pourrait leur faire imaginer qu’on ne peut les aimer que victorieux. Pour ce qui me concerne, cette équipe de bronzés qui font du rugby en Coupe du Monde m’est apparue bigrement plus sympathique que celle de ces pur-sangs de commando gavés dès la naissance au biberon du sport national au Pays des gens qui marchent la tête en bas. Les «dindons», comme certains d’entre eux surnommaient les membres de l’équipe qui ont affronté leur sélection nationale en finale, ont failli leur jouer une bonne farce. L’histoire aurait-elle été plus belle s’ils avaient remporté le match ? Pas sûr du tout, répondrait peut-être Raymond Poulidor qui a pourtant remporté bon nombre de courses. Beautiful losers, mes amis, mes frères.

En plus, aux dires des spécialistes, l'arbitrage était tout pourri. N'allez pas me dire que la montre en or a pesé dans les décisions d'un arbitre au nom français, ou que les pays anglophones prisent peu le fait de ne pas pouvoir jouer ensemble tranquillement ce genre de compétition. Déjà que les Grands Bretons alignent trois équipes pour multiplier leurs chances, ce serait fort de café de la part de buveurs de thé... Bon, les Irlandais, je les mets à part.

Le sport à contre-pied

(*) pour ne pas tomber dans la caricature, j’exclue de "l'équipe" ceux qui ne tueraient pas père et mère pour un scoop juste bon à faire frissonner leurs ovaires, ceux qui n’envient pas en secret la vie de leurs cibles favorites, n'ayant que le don de noircir poussivement de temps à autre une colonne de leur feuille de chou, et ceux qui ne s'abandonnent pas, au moindre spasme abdominal, à des élucubrations diarrhéiques, genre psychodrames de bazar, pour alimenter leur imaginaire en jachère tout en exaltant au passage les vils instincts du blaireau lecteur ou spectateur de base.

Dans un tout autre domaine, beaucoup plus intéressant et pouvant réconcilier avec le journalisme: cet article du Monde


jeudi 13 octobre 2011

Clin d'oeil



La rédactrice du blog La Porte dans la Pendule rechignant à interpréter ce morceau a capella, Le blog-notes de la Mansarde, via You Tube, vous propose une version de 1962.

Note parano mégalo: suite à des essais itératifs des nouveaux modèles de présentation proposés par Blogger, j'ai récemment envoyé un retour indiquant à l'équipe que mon affichage en mode Highslide JS ne fonctionnait plus avec ces modèles, ainsi que le suivi des pages sur Google Analytics. Paf, aujourd'hui voilà que Blogger a fait évoluer son mode d'agrandissement des images. Du coup, Highslide devient redondant et on assiste à un double affichage de style troublant! La visite de Mountain View, c'était donc eux ?... Je suis bon pour dégager mes lignes de codes. Voilà qui est fait..

Actualité: et une ânerie ministérielle française de plus .


samedi 8 octobre 2011

Messieurs les Anglais, tirez-vous les premiers

Highslide JS
19:12, une heure raisonnable pour un retour au pays

Les Français, eux aussi, sont devenus fair-play quand ils gagnent. Merci à nos amis Anglais de nous l'avoir enseigné, et à Jonny Wilkinson d'en faire preuve aussi quand il perd. Les journalistes sportifs français, par contre, resteront éternellement des Gaulois râleurs et défaitistes. Messieurs les spécialistes, vous avez eu tôt fait de mélanger esprit foot avec esprit rugby. Le sport est un jeu où j'aime vous voir perdre dans celui de vos pronostics. Le joueur français de dos, par contre, avait bien pronostiqué le score anglais du match. Que les représentants nationaux actuels de "l'ovalie" française évitent maintenant de tomber dans le travers fanfaron gaulois contre les Gallois. Les performances en dents de scie ne sont plus de rigueur en phase finale. Sinon, retour au village sans nom et sans trophée d'Astérix, comme d'habitude. Et pour le coup, non et non, tu ne chanteras toujours pas Assurancetourix...



Dans le domaine de l'actualité récente aussi: mort d'un gourou de la nouvelle religion des technologies de communication. Le mythe risque de se renforcer auprès des membres éplorés de la Grande Fraternité de Pomona. Dans les jours à venir, certains d'entre eux jureront probablement l'avoir vu "en direct live" sur leur smartphone, une pomme à la main, marcher sur les eaux de la rivière qui borde le Verger des Hespérides...

Highslide JS

L'actu en patates, le blog de Martin Vidberg

Note: Dans la mythologie grecque, les Hespérides sont les nymphes du Couchant, filles d'Atlas et d'Hespéris (ou de Nyx, la Nuit, selon les versions). On en compte traditionnellement trois (les noms varient, mais ceux qui reviennent le plus souvent sont Églé, Érythie et Hespérie). Elles résident dans un verger fabuleux, le jardin des Hespérides, situé à la limite occidentale du monde (pour les Grecs, probablement les rives océaniques de l'Espagne ou du Maroc). Héra leur avait donné pour tâche de veiller sur les pommes d'or du jardin des Hespérides qu'elle leur avait confié. Elle leur avait adjoint l'aide du dragon Ladon. Par extension, les agrumes sont parfois appelés "hespérides" en référence aux travaux d'Hercule et à sa mission de cueillir les pommes d'or de ce jardin.

Note 2: quand on oublie un des Pirates de la Silicon Valley dans les batailles navales des années 1970-80 entre Bill Gates / Microsoft et Steve Jobs / Apple , un certain Nolan Bushnell / Atari.


jeudi 6 octobre 2011

LA NÉVROSE HYSTÉRIQUE ou le monde du ÇA vous en bouche un coin

Enseignement de Charcot à la Salpêtrière : le professeur montrant à ses élèves (dont Joseph Babinski à droite sur le tableau) sa plus fidèle patiente, « Blanche » (Marie) Wittman, en crise d'hystérie. Tableau d'André Brouillet : Une leçon clinique à la Salpêtrière, 1887 - Source: Wikipédia.
" L'hystérie, c'est lorsque le sexe prend la place du cerveau pour commander la vie."
[Michel Tournier]

Introduction :


Le terme d’introduction doit s’entendre au sens figuré. J’ai lu cependant que Freud - mais les gens sont si médisants qu'il est prudent de ne pas tout croire - en compagnie de ses confrères, donnait parfois dans l’humour salace de corps de garde. Graveleux, il sous-entendait que le meilleur traitement de l’hystérie était peut-être l'injection vaginale biquotidienne sur une durée de plusieurs mois. Vantardise de macho et belle image d'un professionnel qui se lâche !

Les psychologues et psychiatres ont la manie de chambouler régulièrement leurs classifications, de refondre ou d'évacuer des chapitres entiers de leurs opus, de complexifier les anciennes dénominations des affections de la Psyché. Rappelons que dans la mythologie, Psyché était la fille d'un roi. Elle se regardait souvent dans son miroir, au point de léguer son nom a une variété d'entre-eux. Narcisse, lui, le faisait dans une mare. C'était plus dangereux. Pamela Anderson n'était pas encore surveillante de baignade. Psychiatres, psychologues et psychanalystes, peinent à se rapprocher de la rigueur scientifique. La neurobiologie est balbutiante et n'a pas encore de quoi poser les bases d'une physiologie des câblages et des séquences biochimiques en jeu dans les mécanismes de l'élaboration de la pensée. Un domaine complexe de la Médecine favorisant l'éclosion des complexes psychanalytiques érigés en postulats. La publication du  Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux DSM-5 en mai 2013 nous apprend enfin que nous sommes tous à soigner.

Attendant avec impatience que les arguties d'écoles s'essoufflent, je ne m’en tiendrai dans ce billet qu'à d’antiques références ayant eu le mérite, ou le danger, de m'apparaître utiles jadis dans l'exercice abdomino-pelvien de ma spécialité médicale en pouvant faire le distinguo entre la symptomatologie sans doute psycho (après tout) et après tout somatique (avant tout). Le but, limiter le trou (je n’ai pas écrit "limer le trou", pour éviter le lapsus révélateur) de la sécu en ne surmédicalisant pas la sphère pelvienne avec des trucs qui font avant tout mal à la tête.

Historique et définition :

Le terme d'hystérie remonte au médecin grec Hippocrate, je vous en fais le serment, qui inventa ce mot pour décrire une maladie qui avait déjà été étudiée par les Égyptiens. Ils n'en avaient brossé qu’un vague profil. Le terme est dérivé du mot grec "hystera". Utérus (ou t’es slave), en Français. La maladie, à ces époques éloignées, aurait été intimement liée à l'utérus ; la théorie admise étant que celui-ci se déplaçait dans le corps, créant les symptômes. Platon décrivait ainsi ses causes et ses manifestations dans Timée : «L'utérus est un animal qui désire engendrer des enfants. Lorsqu'il demeure stérile trop longtemps après la puberté, il devient inquiet et, s'avançant à travers le corps et coupant le passage à l'air, il gêne la respiration, provoque de grandes souffrances et toutes espèces de maladies. ». Cette théorie garde quelques partisans au sein des membres de la Secte des Adorateurs de l’Oeuf.

L'étiologie de l'hystérie, indissociable de sa représentation sociale, a beaucoup évolué en fonction des époques et des modes. Elle reste très mystérieuse et controversée. Ainsi, cette affection a disparu des nouvelles classifications (DSM et CIM) du fait de sa connotation psychanalytique et apparaît désormais la catégorie trouble de la personnalité histrionique ou trouble somatoforme. Notons que le diagnostic "trouble somatoforme" exclut les malades - notamment en Suisse - de certaines prestations assécurologiques, ce qui peut être considéré comme une nouvelle manière de dénier la réalité du trouble. Le Suisse se méfie comme la peste de toute manifestation exubérante propice à mettre le feu au Lac.

La définition moderne de l'hystérie donnée par Antoine Porot est : « une disposition mentale particulière, tantôt constitutionnelle et permanente, tantôt accidentelle et passagère, qui porte certains sujets à présenter des apparences d'infirmité physiques de maladies somatiques ou d'états psychopathologiques.». L'association de manifestations permanentes ou récurrentes, fréquemment des paralysies, des troubles de la parole ou de la sensibilité, et d'autres transitoires, tels que des crises pseudo-épileptiques ou des comas «psychogènes», constitue la forme la plus courante de cette maladie. Depuis Freud et Janet notamment, elle est considérée comme une névrose dont l'histoire s'est longtemps confondue avec celle d'hystérie.
Ce genre de définition moderne m'incite une fois de plus à penser qu'ils ne sont pas vraiment clairs ces gens là...

Les deux grands modes hystériques :

- Dans le premier, l'infantilisme et l'immaturité sont marqués. On assiste beaucoup plus fréquemment dans ce type à des conversions (voir ci-après, ou lire les Actes des Apôtres).

- Dans le second, le mode de conversion le plus fréquent est la dépression névrotique (responsable de la chute actuelle du CAC 40).

Le caractère oral prédomine chez l’hystérique:

Caractère avide marqué par un besoin de dépendance avec un sentiment d’insatisfaction régulier. D'où, marques de jalousie, d'envie, tendances possessives, impatience, impulsivité et exigence. Sujets expansifs et agressifs, chez qui on constate une valorisation excessive de la parole, des plaisirs oraux. Aspect manichéen des investissements en tout bon ou tout mauvais sans possibilité de nuance, de compromis et d'ambivalence. Le sujet dévore tout et tout le monde. Tel le tonneau des Danaïdes, il ne se perçoit jamais rassasié et ne ressent d'une relation que le moment où elle s'achève. Cette sensibilité à la frustration prédispose ces sujets aux réactions dépressives et à une grande dépendance à l'égard des autres. L'envie représente l'aspect le plus destructeur de l'oralité. La relation d'envie est, au niveau fantasmatique, une relation de dévoration ou de vampirisation au cours de laquelle le sujet désire absorber toutes les qualités de l'objet envié et se les approprier entièrement. Elle implique une conduite très agressive et même destructrice.

Je sais, ça fout les boules.

1- Les Symptômes de conversion :

Ils sont la traduction symbolique au niveau du corps d'un conflit inconscient. La représentation du conflit est refoulée tandis que l'affect lié à ce dernier est converti en un compromis symptomatique qui dans le cas de l'hystérie a un sens précis directement lié au conflit originel qu'il exprime sous une forme déguisée. Symptômes organiques les plus variés n'entrant pas dans le cadre de la pathologie habituelle. Ce versant a évolué au cours des époques en fonction des pathologies à la mode susceptibles d'être mimées à son insu par l'hystérique. Le tableau de la grande crise d’hystérie de Charcot copiant des pathologies neurologiques spectaculaires ne se voit plus qu’exceptionnellement. C'est presque à regretter pour la facilité du dépistage qui était à la portée du premier ou du second venu.

Actuellement les manifestations symptomatiques sont beaucoup plus frustres: aphonie transitoires récurrentes sans pathologie ORL retrouvée, vertiges idiopathiques, crises d'allure épileptique, algies rhumatismales sans support objectif, conjonctivites idiopathiques, atopie cutanée, cystites à urines claires, oubli de régler la consultation du médecin, etc.

2- Les manifestations de caractère :

a - Avidité relationnelle avec intensité et instabilité des attachements. Labilité émotionnelle due à l'impossibilité d’intégrer la notion d'ambivalence. Réponses émotionnelles intenses dues à une sensibilité exacerbée: "Docteur, c'est le cœur?". Menaces et pulsions suicidaires. C'est cette période qui sonne le retour des défects de la période œdipienne. L'hystérique continuerait à vouloir le père pour elle toute seule, son admiration qui rassure et valorise. Attention, pères trop présents, symboliquement, ou réellement devant votre télé pour ne pas rater un match du PSG.

b- Suggestibilité et dépendance : transe, possession, fascination face aux phénomènes de mode, groupies exaltées (surtout les adulatrices du sous-genre du rock alternatif qu’est le "grunge"). Recherche perpétuelle de modèles entraînant parfois une pensée imaginaire ou magique proche de la mythomanie... blue... oh manie blue. Puérilisme abandonnique avec dévalorisation de soi. Identifications labiles soumises au désir de l'autre plus qu’à ses propres envies (n'hésitez jamais à préciser à l'hystérique que les toilettes sont au fond du couloir).

c- Théâtralisme ou histrionisme (un histrion est un mauvais comédien). L'hyperexpressivité et la propension de l'hystérique à jouer la femme proviendrait du fait qu'elle n'est pas sure de l'être (s’agirait de lui indiquer les caractéristiques qui font consensus). C'est une demande exagérée au regard, un besoin d'attirer l'attention sur elle et de séduire l'entourage. Cette incapacité à être authentique exprime trop sa volonté de plaire. Ceci amène souvent l'hystérique à se positionner dans le champ du désir de celui ou de celle qui veut bien l’écouter ou l’applaudir. On ne peut pas la rater sur une photo, sur une scène, ou dans un film. C’est plus simple.

d- Quête de la perfection : elle entraîne des hésitations pendant des heures pour le moindre choix. L'hystérique croit devoir cacher des lacunes, des trous, qui exposeraient aux rires et au mépris. L'hystérique ne se trouve jamais assez intelligente. Insatisfaction marquée concernant sa plastique. Qu’on me trouve une femme qui ne ressemble pas vaguement à ce descriptif. Coté peu discriminant de cette manifestation de caractère, m'est avis...

e- Recherche de femmes modèles : l’hystérique leur demande comment assumer sa féminité, car elle n’est pas vraiment sure de l’être. Gynécophilie larvée. Fantasme de la femme fatale avec recherche d'un modèle. Moi, par contre, je recherche une femme modèle, blonde si possible, et à forte poitrine.

f - Perversité : intrigues et recherche de la zizanie. Combat dirigé contre un ordre établi ou certaines instances à connotation d’autorité. Refus de tout ce qui entrave l'expression de son message ou l'évince du rôle principal. L'art avec lequel l'hystérique sait trouver les mots blessants, ceux qui révèlent les faiblesses de l'autre sont une illustration du rôle de la bouche. Cette arme peut être destructrice lorsque celui qu'elle vise est celui-là même qui interdit l'expression du message hystérique, c'est à dire, qui en a peur. Dans le domaine de la sexualité, l’hystérique cherche inconsciemment à mettre l’homme en échec. En effet, lorsqu'elle s'enfuit en courant, l'érection en prend un coup. Elle a du mal à concevoir que les deux partenaires sont à égalité dans l'acte. L'hystérique trouverait plus de plaisir au jeu qu'à l'acte. Certains, allant trop vite en besogne, parlent d’allumeuses de rêves berbères aimant crier au feu. Et, il n’y a pyromane que celui qui ne veut pas entendre.

g- Relations de séduction et de conquête, et leur opposé, bouderie et vengeance (faudrait savoir). Impression pour le spectateur d'hyperadaptabilité de l'hystérique en société. Elle paye le prix de cette volonté de séduction tous azimuts en nourrissant parfois des fixations amoureuses sans espoir, fantasmées quant à leur réelle réciprocité. Il était trop vert et bon pour les goujats, peuvent-elles prétendre quand l'objet de leur désir ne répond pas à leurs attentes. Ou bien, en représailles, elles font cuire le lapin des enfants de l'objet amoureux dans la cocotte minute du repas de famille. Ce dérapage de l'hystérique n'est pas fatal (sauf pour le lapin).

EMC 1994 (les mises à jour de l'Encyclopédie Médico Chirurgicale étant particulièrement onéreuses je les ai arrêtées à cette date...)
Les traits cliniques les plus constants par ordre de fréquence, ou le top sept: 1- Histrionisme 2- Égocentrisme 3- Labilité émotionnelle 4- Dépendance 5- Excitabilité 6- Attitude de séduction omniprésente 7- Suggestibilité.
N.B.: les troubles majeurs de la sexualité sont quasi absents dans les études récentes. Comme quoi...

Hypothèses psychanalytiques :

Le mécanisme de défense prévalent chez l'hystérique est le refoulement. Il se manifeste par l'amnésie de faits anciens importants. La vue d'un poster de Michael Jackson dans l'enfance est un bon exemple. L'analyste constate l'absence apparente de nombreux souvenirs de leur enfance. Ceci entraîne une véritable inhibition intellectuelle. Elle est particulièrement marquée dans les situations à forte charge émotionnelle. Les séquences sociales à valeur promotionnelle et de rivalité induisent des crises: examens; présence d'une adversaire affective; jugement d’un supérieur hiérarchique; clash à la Star Academy.

Le caractère oral qui sous-tend l'hystérie explique l'importance de la bouche et de la gorge comme point électif de somatisation: dysphagie - aphonie - modification de la voix – toux en public dans une atmosphère silencieuse, chut... - boule de l'angoisse - rouge à lèvres au radium – baisers voraces ("Attention, j'étouffe") – colliers, cache-col et autres bimbeloteries. L'hystérique doit toujours se réconcilier avec la parole, avec la voix.

On peut invoquer comme rôle prédisposant à la personnalité hystérique, un dégoût de la mère pour les selles du nourrisson quand elles ne sont plus celles de l'allaitement. Peut-on la condamner catégoriquement? La perte du sein maternel ("Il est passé où ?") associée au discrédit de ses fèces (ce qui sort de lui-même… si ça le fait chier) peut entraîner chez le nourrisson un traumatisme narcissique frontal, amenant la recherche anxieuse future d'une reconnaissance de son image et le souhait de la perfection dans l'objet amoureux, et pour ce qui la concerne. Adulation du compliment et rires de gorge associés (voire le film "Le fabuleux destin d'Amélie Poulain"). Troubles des conduites alimentaires souvent présents dans l'hystérie (Anorexie mentale, oh!, ou excès boulimiques à en vomir).

Pour Freud,  la vengeance, chez l’hystérique consiste à interrompre les expériences au moment où elles sont les plus profitables, comme pour faire payer à l’autre un plaisir qu’elle sentait ne plus pouvoir contrôler. A la place de Freud, assis derrière le divan, j’aurais envisagé une pointe de masochisme, mais il a dû écrire cela quelque part…

Attention, le paragraphe qui suit est à déconseiller aux enfants de moins de la résolution de l’Œdipe !
Les manifestations morbides sont pour ainsi dire l'activité sexuelle de l'hystérique. Les symptômes hystériques apparaissent pendant la continence, la libido revenant à son ancien lit. Dyspnée, gémissements rauques et palpitations peuvent être assimilées à des fragments isolés du coït.
Les dates ne sont jamais sans importance pour l’hystérique comme pour les habitants du Maghreb.
Les sentiments gynécophiles (en douce) doivent être considérés comme typiques dans la vie amoureuse inconsciente des jeunes filles hystériques. Elles ont la volonté de corriger le présent d'après l'enfance. Le roman de la mère devient souvent celui de la fille. Mesdames, ne laissez pas traîner "Madame Bovary" sur votre table de nuit.

Conclusion pompeuse :

Quelque chose de la sexualité humaine est toujours lié à l'insatisfaction. Seuls ceux qui l'assument sont capables d'aimer. La perfection dont on a vu qu'elle était le souci de l'hystérique, existe peut-être dans l'amour, mais sans qu'elle se puisse confondre avec l'image idyllique ou naïve dont on sait trop les origines paradisiaques. En effet, un homme et une femme ne répètent pas le lien d'un nourrisson à sa mère. Ils ont à inventer leur amour, et tous les guides, tous les modèles, tous les exemples ne peuvent que les renforcer dans des moments d'amertume en les privant du recours à eux-mêmes.

Les hystériques ont été surprises dans l'enfance par un événement sexuel réel ou fantasmé dont elles n'ont réussi ni à comprendre le sens ni à maîtriser l'émotion. Seule la psychanalyse peut mettre à jour ce souvenir refoulé et entraîner une guérison spectaculaire de la névrose.

L'hystérique doit renoncer à parfaire le père réel et lui accorder le droit aux imperfections, aux échecs, aux déficiences. A partir de là, elle sera prête à s'accorder les mêmes droits et quitter sa quête anxieuse de la perfection.

A croire que l'hystérique est une fan du mythe du Prince Charmant. Celui qui doit traverser les lacs de lave pour la retrouver, terrasser des dragons abominables, nettoyer les écuries d'Augias, sauver le soldat Ryan, venir les délivrer de leur donjon pour les enlever en croupe sur son fier destrier, et surtout la boucler quand il constate qu'il s'est fait gruger sur la marchandise. La quête de la perfection ne doit pas être confondue avec la recherche d'un débile profond. En admettant qu'il existe, le Prince Charmant, il a peu de chance de se trouver bien longtemps sur le marché. Grosse probabilité d'être déjà en main.  En plus, comme il a vraisemblablement croisé un paquet d'hystériques dans ses aventures, il les fuit désormais comme la peste. Cacher des imperfections pour séduire l'homme parfait, c'est le truc vicelard qu'il a eu du mal à encaisser.

***

Sources et mise en garde:

- un tas de bouquins poussiéreux traînant dans un placard de la Mansarde. Ce billet se voulant essentiellement sarcastique est un résumé de ce que j'avais lu sur la question. Ce n'est pas une étude sérieuse sur le sujet. Je vous ferai grâce de mes références. Les spécialistes préféreront bien entendu les leurs. A chacun ses dogmes. Cette dernière phrase a de quoi d'ailleurs soulever bien des inquiétudes pour les patients.
- un lien - au ton plus sérieux que celui de ce billet - proposant un résumé moderne intéressant qui peut être un bon point de départ à la discussion sur cette névrose. L'hystérie masculine y est rapidement décrite.

Note : à vous de retrouver les passages ajoutés par l’auteur et prière de prendre tout cela au second degré. Sur fond d'observations cliniques connues et rabâchées mais toujours propices aux débats partisans des spécialistes, je voudrais indiquer qu'à mes yeux, l'hystérique court le risque d'aller mieux en se prenant moins au sérieux.