dimanche 23 octobre 2011

Seule la défaite est belle


L’histoire ne retient que les vainqueurs, tout comme les imbéciles et probablement la grande majorité des journalistes sportifs (*). Le sport, ce jeu que s’autorisent les adultes en tentant d’oublier qu’il est la persistance d’une des principales activités de l’enfance, pourrait leur faire imaginer qu’on ne peut les aimer que victorieux. Pour ce qui me concerne, cette équipe de bronzés qui font du rugby en Coupe du Monde m’est apparue bigrement plus sympathique que celle de ces pur-sangs de commando gavés dès la naissance au biberon du sport national au Pays des gens qui marchent la tête en bas. Les «dindons», comme certains d’entre eux surnommaient les membres de l’équipe qui ont affronté leur sélection nationale en finale, ont failli leur jouer une bonne farce. L’histoire aurait-elle été plus belle s’ils avaient remporté le match ? Pas sûr du tout, répondrait peut-être Raymond Poulidor qui a pourtant remporté bon nombre de courses. Beautiful losers, mes amis, mes frères.

En plus, aux dires des spécialistes, l'arbitrage était tout pourri. N'allez pas me dire que la montre en or a pesé dans les décisions d'un arbitre au nom français, ou que les pays anglophones prisent peu le fait de ne pas pouvoir jouer ensemble tranquillement ce genre de compétition. Déjà que les Grands Bretons alignent trois équipes pour multiplier leurs chances, ce serait fort de café de la part de buveurs de thé... Bon, les Irlandais, je les mets à part.

Le sport à contre-pied

(*) pour ne pas tomber dans la caricature, j’exclue de "l'équipe" ceux qui ne tueraient pas père et mère pour un scoop juste bon à faire frissonner leurs ovaires, ceux qui n’envient pas en secret la vie de leurs cibles favorites, n'ayant que le don de noircir poussivement de temps à autre une colonne de leur feuille de chou, et ceux qui ne s'abandonnent pas, au moindre spasme abdominal, à des élucubrations diarrhéiques, genre psychodrames de bazar, pour alimenter leur imaginaire en jachère tout en exaltant au passage les vils instincts du blaireau lecteur ou spectateur de base.

Dans un tout autre domaine, beaucoup plus intéressant et pouvant réconcilier avec le journalisme: cet article du Monde


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