vendredi 26 février 2010

Sita Sings The Blues




Sita sings the blues est un film d'animation américain entièrement réalisé, scénarisé, animé et monté par Nina Paley en 2005. Il est distribué sous une licence Creative Commons Attribution-Share Alike, permettant la libre distribution, la copie et la modification. Nina Paley renforce cette licence en interdisant explicitement l'usage de système Digital Restrictions Management (DRM).

Le film est composé de saynètes dans quatre styles différents. Il a reçu le Cristal du long métrage au Festival international du film d'animation d'Annecy en 2008.

Je vous incite vivement à télécharger la version Haute Définition 1080 p au format MP4 proposée sur un des liens du site officiel de l'auteur. J'ai atteint des taux de transfert insoupçonnés lors de ce téléchargement en mode classique, plus de 1000 Kb/sec. L'opération m'a pris cependant plus d'une heure car la taille du fichier est de 4 Go, mais cela valait la peine. Je vous fourni également le lien de la page sur laquelle vous pouvez télécharger les sous-titres français. Les deux fichiers, vidéo du film et sous-titres, doivent se trouver dans le même dossier et porter exactement le même nom - à renommer donc après téléchargement si ce n'est pas le cas - pour la lecture avec VLC Player, en particulier. Résultat garanti: votre moniteur va péter le feu même si vous n'avez pas de lecteur Blu-Ray.

Chapeau l'artiste et merci pour ce partage gratuit et inhabituel d'une œuvre!

mardi 23 février 2010

Et pourtant, il tourne, le radiomètre de Crookes




Le radiomètre de Crookes consiste en une ampoule partiellement vide d’air, dans laquelle on a disposé un système rotatif constitué d’un axe de métal sur lequel peut tourner un ensemble de quatre palettes de mica dont chacune a une face noircie au noir de fumée et l’autre face argentée. Exposé à la lumière, ses palettes se mettent à tourner d’autant plus vite que celle-ci est forte. Il a été inventé par William Crookes pour mesurer les radiations magnétiques, mais les causes de la mise en rotation du dispositif ont été le sujet de plusieurs débats scientifiques. De fait, le radiomètre n’entre pas en rotation uniquement sous les effets de la lumière car on constate que la chaleur de la main est suffisante pour que tourne, même lentement, le dispositif.

- Clarifications (??) thermodynamiques -

Tout appareil destiné à mesurer la température doit détecter une différence de températures. Ici la face noircie du dispositif s'échauffe plus que la face argentée puisque l’énergie radiante provenant de la lumière, ou de la chaleur rémanente, est davantage absorbée par cette face que par la face argentée. La portion de gaz en contact avec la face noircie est donc plus chaude que la portion de gaz en contact avec la face argentée. La première portion de gaz se dilate donc plus que la deuxième et "pousse" la face noircie plus fort que la face argentée ce qui fait finalement tourner le moulin dans le sens de la face noircie "poussant" la face argentée.

William Crookes avait initialement inventé cet appareil pour détecter la pression de la lumière, théorie originalement proposée par James Clerk Maxwell. Si la pression de la lumière met en mouvement les palettes, celle-ci devraient tourner en sens inverse (la face argentée poussant la face noircie) puisque le noir absorbe et le brillant rejette les photons.

Certains scientifiques ont constaté qu’avec un vide poussé, le dispositif tournait alors à l’envers. Du fait de la situation dans laquelle la face noire pousse la face argentée, Arthur Schuler a remis en cause la destination de l’appareil en supposant que les forces agissantes résidaient en fait à l’intérieur du dispositif. Son raisonnement consistait à dire: si une pression légère facilitait la rotation, un vide plus poussé devrait la favoriser davantage. Or, il n’en est rien, comme l’a montré Pyotr Lebedev avec un appareil à vide plus performant.

Finalement, Albert Einstein montra que les pressions exercées sur chacune des faces d’une palette ne sont pas égales et Osborne Reynolds démontra que, en moyenne, les molécules de gaz se déplacent de la face froide vers la face chaude (du brillant au noirci) provoquant une différence de pression sensiblement égale à la racine carrée de la différence des températures. C’est à la fois les forces décrites par Einstein et Reynolds qui paraissent provoquer la rotation de radiomètre de Crookes, sans qu’on sache vraiment si l’une est plus importante que l’autre.

Source: Wikipédia

***

Quant à moi, au lu de telles explications, limpides comme du jus de chique, je m'en tiendrai plutôt à celles données sur cette page lien d'un universitaire: univ-provence.fr/~laugierj/Crookes/Crookes.htm

N.B: le radiomètre de Crookes fait partie de la horde hétéroclite des appareils scientifiques curieux peuplant la Mansarde. Ils compliquent bigrement mes tâches ménagères de dépoussiérage, bien trop parcimonieuses, je le confesse. Même en tenue commando, nu sous mon petit tablier rose en acrylique et mon plumeau bariolé d'assaut en main, le combat est fort rude!
Mais les tâches ancillaires ont aussi leur part de noblesse...

mercredi 17 février 2010

Quel est l’arbre qui détient le record de hauteur ?




Une compilation d’extraits de quelques pages Internet consultées indique clairement que "la réponse n’est pas claire" ! Pour avoir lu à plusieurs reprises que, contrairement à ce qui était communément admis, certains spécimens de Sapin de Douglas ou Pin d'Orégon avaient atteint des hauteurs supérieures à celles citées pour des Sequoïas sempervirens, j'ai choisi la photo d'un spécimen de cet arbre pour illustrer ce billet. Il semble pourtant avoir encore un concurrent plus sérieux.

- Premier candidat :

Le record de l'arbre le plus haut du monde est détenu par un séquoia de Californie ou Redwood ou Séquoia sempervirens (séquoia toujours vert) qui dépasse 111 mètres. Cet arbre est visible dans le Redwood National Park en Californie. Ce séquoia n'a que 600 ans pour une espèce qui atteint 1000 à 2000 ans. Il faut rappeler qu'à partir d'un certain âge, la croissance en hauteur d'un arbre est pratiquement nulle. Les très vieux arbres rapetissent même car le sommet et certaines branches finissent par se casser.

Un séquoïa peut vivre plus de 2 000 ans, ses racines arrivent à s'étendre sur plus de 25 mètres de circonférence et sur une profondeur de 4 mètres. Son écorce qui peut mesurer plus de 30 cm d'épaisseur, naturellement spongieuse et chargée d'eau, peut lui permettre de résister aux incendies les plus violents.

Avec un tronc qui peut attendre 7 mètres de diamètre et surtout un hauteur de 110 mètres, le sequoia sempervirens ou séquoia à feuilles d'if, en fait l'arbre le plus haut du monde.

Le spécimen le plus haut est "Hyperion". C'est le nom d'un séquoia à feuilles d'if de Californie du Nord, dont la taille est de 115,55 mètres, ce qui en fait l'arbre vivant le plus haut du monde.

Il est découvert le 8 septembre 2006 par le chercheur Chris Atkins et le naturaliste amateur Michael Taylor, dans une zone reculée du Parc national de Redwood, achetée en 1978, sous l'administration Carter.

L'emplacement exact de l'arbre n'a pas été rendu public, de crainte qu'un afflux touristique détruise l'écosystème dans lequel vit l'arbre.

- Deuxième candidat :

Le sapin de Douglas, ou Douglas ou Pseudotsuga menziesii est aussi un arbre géant. C'est un Douglas, aujourd'hui disparu, qui détient toujours le record absolu de hauteur (127 mètres, en 1895 en Colombie Britannique).

- Troisième candidat :

Au 19ème siècle, un eucalyptus australien aurait atteint 130 mètres.


Choisissez celui qui vous plait, faute de preuves formelles !




Dans le même style de record hypothétique, cette photo personnelle prise lors d'un séjour au Sénégal. Ce baobab sacré tiendrait le record du monde de la plus grande circonférence de tronc, 34 mètres, âgé de 850 ans, il pousse dans les environs de Palmarin. Record touristique, en fait, car un châtaignier, en Sicile, possède actuellement un tronc de plus de 50 m de circonférence.



Le Châtaignier des Cent Chevaux (Castanea sativa), Sant'Alfio (Sicile)


il castagno dei cento cavalli

Quelques liens consultés : lien 1 lien 2 lien 3 lien 4 lien 5 lien 6

samedi 13 février 2010

Fleggaard pour les filles



Alternative à la pub proposée dans un billet antérieur que d'aucuns jugeaient anti-blondes ou sexiste, Fleggaard rétablit l'équilibre de la balance avec cette vidéo que d'aucuns jugeront anti-bruns ou sexiste. Elle me semble utiliser les mêmes principes d'élaboration que ceux évoqués dans le billet antérieur qui rend celui-ci postérieur...



samedi 6 février 2010

Le Titi


Texte trouvé dans un tiroir du bureau d'Hugo: 



Bistro français plus typique, tu mourrais aussi sec. Zinc époque glorieuse, tables et chaises en bois pseudo Modern Style. Jeux de tarots avec les boîtes de jetons installés sur des rectangles verts râpés de feutrine, dons de la maison Kronenbourg. Troupeau de cruches jaunes pour l'eau du Pastis. Baby-foot au Bulgomme défoncé sous les pieds des joueurs et ses brûlures de cigarettes en périphérie des cendriers d'aluminium scellés sur le cadre. Le casque en plexiglas de la combinaison spatiale de Tintin du distributeur de cacahouètes salées. La pendule Cinzano figée sur dix heures vingt faute de l'avoir alimentée depuis des années en piles neuves. Le poster de l'ASNL épinglé au mur. Pour animer le décor, le patron rougeaud, accroché aux manettes du percolateur, commentant d'une voix qui porte, pour la centième fois sans doute, comment il avait raté d'un numéro il y a dix ans le tiercé du siècle. On était sans conteste dans le domaine de la référence absolue.

Je ne sais plus exactement, à part la soif, ce qui m'avait fait m'arrêter dans ce bar «banlieue rouge»? Plus mystérieux encore, pourquoi ce type était venu s'asseoir à ma table? L'archétype du loulou zonard. Le style a peu évolué au cours des décennies. Seul paramètre de datation exploitable, la longueur des cheveux. Celui-ci avait gardé la coupe "années soixante-dix". Dix-sept heures. Il rentrait du turbin ou avait fait la fermeture de l'ANPE. La quarantaine généreuse, avec en sus, quelques années bonus offertes par la tige de huit et les petits jaunes serrés.

- T'en prendras une autre, me dit-il rapidement après avoir jeté un œil à mon bock qui indiquait danger, niveau minimum. C'est Titi qui régale, mon Prince.

Refuser, signait l'affront mortel. Je sentais que j'allais devoir renvoyer l'ascenseur en écoutant placidement ses confidences à doubler ma dose de Prozac. Ça allait casser de la gueuse, du politicard, ou causer «tuning 309 Peugeot». Si j'évitais les dernières vacances au camping de la Motte sur Mer, c'était tout de même jouable. De toute façon, ma soirée était morte. Laura avait annulé le restaurant. Deux fémurs et une rate l'attendaient au bloc. Plus palpitant que mon myocarde en vrac. Elle rentrerait très tard. Titi assécha son perroquet en deux goulées. Il attaqua alors bille en tête. Le patron nous balançait une zique affligeante. On avait droit à un best of de Florent Pagny.

- Qu'est-ce que t'en penses ?
- Moi tu sais, la musique de supermarché, faut qu'on me fasse remarquer qu'il y en a pour que je l'entende. A croire qu'on a peur du silence, ou encore plus, que les gens s'adressent la parole. On en met partout.

Ma réponse allait dans son sens, et qui plus est, ne contenait aucun imparfait du subjonctif. Titi plissa un œil. L'habit n'allait pas avec le moine qu'il pensait avoir en face de lui. Il m'avait sans doute classé d'emblée dans la catégorie bobo bégueule qui vient s'encanailler en périf.

- C'est quoi ton trip en musique? J'énumère à la volée des groupes Rock des années soixante-dix. Ouh la ! T'en es resté aux vinyles.
- Ouais, les soixante-dix-huit tours en bakélite ne passent pas sur mon Teppaz. J'avais fait l'impasse sur Statu Quo, Deep Purple et MC5. Titi m'en voulait sans doute un peu. Je me refis en sortant rapidement quelques titres de ces artistes de mon Salon des Refusés. Il y alla enfin d'une moue franchement approbatrice. Du lourd sérieux, c'est clair. Une vague lueur d'intérêt se mit à briller dans sa prunelle cernée d'un iris verdâtre colonisé par endroits par des télangiectasies ciselées par la nicotine et l'éthanol. Tu vois, ça fait un bail que je ne trouve plus un con à qui causer Hard Rock ici. Tu bosses dans quoi ?
- Dans une mansarde, j'écris des nouvelles. T'as affaire à un fan rescapé du courant musical. Pas de grosses séquelles, juste les tympans qui ont un peu morflé.

Rassuré de se trouver en face d'un traîne-misère déguisé en bourge, l'amateur de musiques copieuses et répétitives lâcha encore du mou.

- Non mais, sans rigoler - je n'aurais jamais couru le risque insensé d'ébaucher le moindre sourire - tu vois quelque chose à piquer chez le disquaire depuis l'époque glorieuse.
- Peut-être le triple album des concerts californiens de Zep en soixante-douze?
- OK, mais on reste dans l'antique.

Je calais sur ma dernière bière. Le patron venait de mettre une compilation de Larusso. Il aurait commencé à empiler les chaises et à éteindre la moitié des lampes, ça aurait fait le même effet. Titi ne tenait plus en place.

- T'as une heure d'vant toi ?
- Une heure et demi si tu assommes proprement le boss derrière son comptoir avant de partir.
- J'habite à cinq cents mètres. Si on se faisait une ligne de Black Sabath avant que tu te tires ailleurs pour voir si c'est plus bath ailleurs ?

J'avais garé ma voiture en double file. Je lui proposai de monter.

- C'était à toi la Mustang ! Tu pourrais pas décapoter pour remonter la rue ?
- C'est une vraie aventure. Mais tu peux laisser la tête dehors pour saluer la foule.


Par chance ou par goût, ma relique n'était pas rose bonbon, sinon je ramassais le Titi en vrac sur le trottoir. Avant d'entrer dans sa tanière coincée dans une enfilade de maisons clones mitoyennes comme on en voit dans les anciens lotissements sidérurgiques, je m'étais imaginé un descriptif type des lieux. Une fois de plus, la réalité allait dépasser la fiction. Dans l'inventaire je n'avais pas pensé au paillasson en forme de guitare Rock. J'avais besoin d'écluser mes bières. Je lui avais demandé tout de suite le chemin des water-closet. La lunette à l'effigie du King avait aussi échappé à mes élucubrations. Le rouleau de papier hygiénique était fuchsia. Dommage, s'il avait déroulé des billets de faux dollars sur papier ouaté, on frôlait l'apothéose du raffinement. La chambre où m'attendait le maître était un temple érigé à la mémoire de ses idoles. Des guitares électriques sur pieds étaient alignées le long d'un mur comme des stèles païennes. Un ampli Fender râpé par les transports servait de reposoir à une rampe lumineuse avec stroboscope pilotée par un modulateur. Les rayonnages d'une étagère ployaient sous une collection de trente trois tours dignes de la foire annuelle du vinyle. Au dessus d'un cosy, années quarante, une bannière étoilée faisait office de tapisserie d'Aubusson. Titi me pria de m'asseoir dans un fauteuil poire d'où s'échappèrent par une couture éraillée quelques boules de polystyrène. Sur la table basse poussiéreuse qui me faisait face, une vieille collection de Rock And Folk. Sur le lit défait, un tee-shirt fripé d'Iron Maiden. Mais où avait-il déniché son tapis acrylique? Je foulais Alice Cooper et son python élimé aux endroits de passage intensif. Le mur en face de moi était couvert, sans doute pour colmater quelques lézardes du plâtre, de posters de musiciens aux allures de Vikings. Sur les rebords de fenêtres, des canettes de bières vides en métal. On imaginait ces réceptacles garnis de bougies les soirs de messe dans ce haut lieu de dévotion du hard-rock. La pièce était éclairée tant bien que mal par la lumière jaune filtrant d'un abat-jour à têtes de morts moiré de dépôts de nicotine. Cela donnait à la pièce une tonalité roussâtre. Des jacks, serpents torsadés, grouillaient sur le plancher courant de l'ampli aux pédales wah-wah et de distorsion. Titi était parti chercher un pack de Desperados. J'avais pris en attendant une Gibson Flying V au design attractif.

- Tu titilles le manche à l'occase, me dit-il en revenant ?
- Ça remonte à des lustres.

Curieux de voir ce qui restait de ma technique et de tester cette gratte vénérable, j'avais même déjà enfiché un Jack. Power sur "on", gain et saturation sur "maxi plus deux cents pour cents". Les plombs tenaient le coup. J'avais décoché alors deux ou trois riffs de «Space Truckin '» qui firent décoller du sol Titi et son pack. On le prenait en traître. Il bondit sur le coté comme faisait John Wayne pris dans une fusillade pour saisir sa Winchester accrochée à la selle de son cheval: une Fender Telecaster en l'occurrence. Sa réplique se montra largement à la hauteur, fulgurante: premiers accords de «My Woman from Tokyo». Touché à l'épaule gauche, la blessure du héros.

- OK on arrête avant qu'il y ait un mort. Tes voisins sont conciliants ?
- Non, mais trop bourrés pour venir gueuler ici...

Sur cette remarque rassurante, il brancha deux micros et sortit la partition du morceau de Deep Purple en question. Ça allait saigner quand même. Titi était un pro du manche. Aidés par des accompagnements sur synthétiseur préenregistrés, on enchaîna sur «Smoke On The Water », « Born To Be Wild » et «Highway Star». Un bœuf digne d'un grand soir de chez Paulette avait lieu dans ce caveau de Neuves-Maisons. Un typhon acoustique à faire péter les laminoirs de l'usine du coin. L'œil de la spirale: la tanière à Titi. Le bonhomme perdit vingt ans en moins d'une demi-heure.

- Merde, tu touches encore un peu, l'intello! Faudra revenir de temps en temps. Tu connais l'adresse maintenant. Fais sauter la porte de devant à coups de basse pour entrer si j'suis pas là. T'as joué dans quel groupe ?
- Les « Killers » au lycée de Vandoeuvre, tu tâtes la référence !
- Pas possible, en quelle année ?… 1970 ! … mais j'y étais aussi, en première cette année là!
- Titi Blavier, le choc! Je t'avais pas reconnu ! Tu te souviens, t'étais un pote de Karadjof , le fou des «Zeppelin», un bûcheron qui ressemblait à un des membres du «Procol Harum».

La nuit allait être dense en anecdotes arrachées au passé. Laura ne me reverrait qu'au petit matin. Tu te réconcilies avec ce monde pourri quand tu sais que se planque dans un coin de banlieue un sbire comme le Titi. Que dans sa cabane du jardinet de derrière, juste après le faux puits en pneus avec la cigogne en balsa girouette, se trouve, tapie dans l'ombre, une Malagutti sur-gonflée prête à tailler la départementale sixty-six, limite adhérence maxi dans les virages.


Hugo MANCINI



Pierre TOSI - Novembre 2003


Pour faire plaisir à Titi





jeudi 4 février 2010

Que des méchants

Je n'ai pas pu résister à reproduire un classement que seuls les Américains sont capables de nous pondre en l'état. Ne figurent ici que les 50 plus grands méchants du cinéma américain. Pour voir les gentils, c'est moins rigolo, suivre le lien de fin de billet qui vous indiquera du coup ma source. On remarquera qu'il faut vraiment se méfier des Anthony... Et vous, vous auriez classé qui en tête de liste ?

1 Hannibal Lecter (Le Silence des agneaux), Anthony Hopkins
2 Norman Bates (Psychose), Anthony Perkins
3 Dark Vador (Star Wars: L'Empire contre-attaque), D. Prowse & voix de J. Earl Jones
4 Sinistre Sorcière de l'Ouest (Le Magicien d'Oz), Margaret Hamilton
5 Infirmière Mildred Ratched (Vol au-dessus d'un nid de coucou), Louise Fletcher
6 Mister Potter (La vie est belle), Lionel Barrymore
7 Alex Forrest (Liaison fatale), Glenn Close
8 Phyllis Dietrichson (Assurance sur la mort), Barbara Stanwyck
9 Regan MacNeil (L'Exorciste), Linda Blair & la voix, le diable, Mercedes McCambridge
10 La Reine et La Sorcière (Blanche-Neige et les Sept Nains), Lucille La Verne
11 Michael Corleone (Le Parrain 2), Al Pacino
12 Alex DeLarge (Orange mécanique), Malcolm McDowell
13 HAL 9000 (2001 : L'Odyssée de l'espace), Douglas Rain
14 Alien Xenomorph (Alien - Le huitième passager), Bolaji Badejo
15 Amon Göth (La Liste de Schindler), Ralph Fiennes
16 Noah Cross (Chinatown), John Huston
17 Annie Wilkes (Misery), Kathy Bates
18 Le Requin Blanc (Les Dents de la mer)
19 Captain Bligh (Les Révoltés du Bounty), Charles Laughton
20 L'homme dans le film Disney (Bambi)
21 Eleanor Iselin (Un crime dans la tête - 1962), Angela Lansbury
22 T-800, Le Terminator (Terminator), Arnold Schwarzenegger
23 Eve Harrington (Ève), Anne Baxter
24 Gordon Gekko (Wall Street), Michael Douglas
25 Jack Torrance (Shining), Jack Nicholson
26 Cody Jarrett (L'enfer est à lui, James Cagney)
27 Les Martiens (La Guerre des mondes)
28 Max Cady (Les Nerfs à vif), Robert Mitchum
29 Reverend Harry Powell (La Nuit du chasseur), Robert Mitchum
30 Travis Bickle (Taxi Driver), Robert De Niro
31 Mrs. Danvers (Rebecca), Judith Anderson
32 Bonnie P. et Clyde B. (Bonnie and Clyde), Warren Beatty & Faye Dunaway
33 Comte Dracula (Dracula), Bela Lugosi
34 Dr Christian Szell (Marathon Man), Laurence Olivier
35 Hunsecker (Le Grand Chantage), Burt Lancaster
36 Frank Booth (Blue Velvet), Dennis Hopper
37 Harry Lime (Le Troisième Homme), Orson Welles
38 Caesar Enrico Bandello (Le Petit César), Edward G. Robinson
39 Cruella De Vil (Les 101 Dalmatiens), Betty Lou Gerson
40 Freddy Krueger (Les Griffes de la nuit), Robert Englund
41 Joan Crawford (Maman très chère), Faye Dunaway
42 Tom Powers (L'ennemi public), James Cagney
43 Regina Giddens (La Vipère), Bette Davis
44 Baby Jane Hudson (Qu'est-il arrivé à Baby Jane ?), Bette Davis
45 Le Joker (Batman), Jack Nicholson, Heath Ledger
46 Hans Gruber (Die Hard : Piège de Cristal), Alan Rickman
47 Tony Camonte (Scarface), Paul Muni
48 Keyser Sozé (Usual Suspects), Kevin Spacey
49 Auric Goldfinger (Goldfinger), Gert Fröbe
50 Alonzo Harris (Training Day), Denzel Washington


Les 50 gentils




Pour terminer, dans le domaine des classements arbitraires des meilleurs films, j'ai aussi trouvé ça. Il y aurait beaucoup à redire selon moi dans toutes les catégories, mais les goûts les couleurs, etc. L'idée de présentation est amusante. Pour visualiser ou télécharger l'image en HQ, cliquez ici: Plus grande taille



mardi 2 février 2010

Le Dragon 32 qui pète les flammes




Pour faire suite au billet précédant ayant déjà trait aux nouvelles technologies, m’aidant de liens internet ayant eu l’heur de me faire péter une larme au coin de l’œil, j’ai décidé de consacrer celui-ci à la machine de guerre de mes débuts en informatique.

En pleine explosion de la micro-informatique un fabriquant britannique de jouets (Mettoy), va tenter de concurrencer la star anglaise du moment, le ZX Spectrum de Sinclair, en lançant le Dragon 32 sous la marque Dragon Data, un quasi clone du Tandy Color Computer.

Le Dragon 32 sort en 1980. Il est équipé d'un processeur Motorola 6809 avec 32K de RAM, cadencé à 0,9 Mhz. Je sais, ça fait rêver... Contrairement à son clone, pour cet ordinateur domestique on ne parlait pas encore de par chez nous de Personal Computer. Il embarque un « Basic » et un BIOS reprogrammés, un port parallèle et un clavier mécanique sympa. Le hic, comme la machine était fabriquée par des Grands Bretons, celui-ci avait un clavier QWERTY. Ceci m’obligea à une reconversion laborieuse et cruelle sur celles dont je fis l’acquisition dans les années suivantes et dont les claviers étaient, eux, en AZERTY, "UIOP".

Malgré un lancement de la machine aux USA pour élargir son marché, Mettoy jette l'éponge en juin 1984, comme beaucoup d'autres la même année ! A noter que la machine a connu un bon succès d'estime en Espagne. Il il faut dire qu'en fin de vie le Dragon était bradé.

CARACTÉRISTIQUES PRINCIPALES:

Processeur : Motorola 6809 à 0,9Mhz /RAM : 32Ko / ROM : 16Ko avec langage basic intégré/ 1 port cartouches / Texte : caractères 32x16 / Son : convertisseur 6 bits / Graphismes : 256x192 en 2 couleurs ; 128x192 en 4 couleurs ; 9 couleurs au total /Prix de sortie en France : 3000 francs.



Le mode d’affichage principal du Dragon 32 est en noir sur vert pétard, offrant une résolution de qualité exécrable en résolution 128X192 pixels. Par bonheur il existait 4 résolutions plus élevées nommées PMODE 0 à 4, dont une culminait en noir et blanc, le PMODE 4, qui avait une résolution époustouflante de 256x192 pixels ! Chaque mode intermédiaire avait deux palettes de 4 couleurs possibles. La résolution pleines couleurs en 64x192 "semi-graphique" était possible mais occasionnait des difficultés de programmation en "Basic", donc rarement exploitée.

Une de ses caractéristiques, inhabituelle pour l’époque, était un port dédié à un moniteur pouvant servir d’alternative à la connexion péritel vers le téléviseur. Elle était rarement utilisée du fait du prix alors très élevé de ce matériel. Pour ma part, j’utilisais un simple moniteur monochrome qui donnait un meilleur confort de lecture durant les longues heures de programmation en "Basic". Elle se faisait souvent via la recopie pénible de programmes proposés en exercices dans des magazines spécialisés. Le téléviseur était dédié essentiellement aux jeux.



Malgré l’apparition d’un lecteur externe de disquettes 8 pouces en fin de parcours, proposé à un prix prohibitif double de celui de la machine, la plupart des amateurs du Dragon utilisaient un lecteur de cassettes audio pour le chargement et la sauvegarde de leurs précieux programmes en BASIC, ou en assembleur que l’on nommait langage machine. Les jeux du commerce, rares, étaient donc vendus en cassettes, soi-disant protégées. Une fois le jeu en mémoire, rien ne vous empêchait en fait d’en faire une copie sur une cassette vierge. Même, si la protection était plus fouillée, on pouvait aisément la contourner. Je me souviens avoir utilisé une technique de barbare pour obtenir une copie conforme d’un jeu: utiliser un autre lecteur de cassette muni d’un microphone qui copiait la mélodie binaire magnétique originale, assez proche du chant envoûtant des baleines en rut.

Les commandes étaient obligatoirement entrées au clavier en utilisant une syntaxe proche du MS-DOS. On remarquera que dans les films américains, l'informaticien génial (souvent un black, j'ai remarqué) continue à utiliser cette technique sur un ordinateur de pointe pour faire dévier la trajectoire du missile qui va rayer Los-Angeles de la carte du monde. C’est sur le premier Macintosh, bien des années plus tard que je vis, les yeux grands comme des soucoupes, la première interface graphique pilotée par une souris et un lecteur de disquette incorporé d’amorçage.

Miourf, miourf ! vous gausserez-vous. Oui, mais à cette époque on avait l’impression de maitriser toute la chaîne de production et l’illusion de tout connaître des rouages internes de son ordinateur. Le binaire, l’hexadécimal, le code ASCII, le secteur de boute, les FAT, les répertoires racines étaient nos joyeux lurons de programmation. Même les virus qui apparurent tout en fin de parcours de cette machine pour les possesseurs de lecteurs de disquettes (bien fait!) étaient sympathiques. Le langage et le BIOS rudimentaire étant en ROM (mémoire morte), couper l'alimentation réglait le problème illico en vidant la mémoire vive. La lecture du boute secteur de la disquette incriminée avec un éditeur vous permettait de chasser l’intrus vite reconnu, l'ignare, par sa signature et sa présence sur une partie de ce secteur amorce qui ne devait être rempli normalement que par des « 00 » ou des « HH ». Hop là ! dehors la sale bête qui squatte, boutée hors du boot.

Les ordinateurs modernes utilisent toujours en grande partie, les mêmes principes de fonctionnement. Maintenant, cependant, vous devez attendre un temps plus ou moins long selon le nombre de cochonneries que vous avez installées au fil des mois sur les disques durs de vos bécanes aux registres saturés, pour que l’interface et tout le bazar qui va avec, s’installe en RAM (mémoire vive). Vos données stockées sur les disques durs sont à la merci de réécritures malveillantes vous faisant passer vos ordinateurs par la fenêtre les jours de rage. Vous maudissez leurs concepteurs, alors que bien souvent, vous ou d’autres individus malveillants ont souvent saboté sournoisement leur boulot…




Cliquez sur les images pour les agrandir




Sources :
http://jeanrem.info/2009/03/13/douglas-c-engelbart-inventeur-de-la-souris/
http://www.fluctuat.net/blog/7359-L-interface-graphique-a-la-papa-part-IV-
http://en.wikipedia.org/wiki/History_of_the_graphical_user_interface
http://www.pointlessmuseum.com/museum/dragon32manualindex.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/Disquette


Lien connexe du blog: http://blogmansarde.blogspot.com/2007/02/cot-cot-codecs.html

Nota Bene:
mon ordinateur suivant fut en ATARI 520 STF, gonflé par la suite à 4 Mo, du luxe, dont je viens d'apprendre sur le tard que le nom provenait du terme employé dans le jeu de Go quand des pierres n'ont plus qu'une liberté. A propos de cette marque, la lecture du lien qui suit vaut son pesant de cacahouètes Larmes d'obsolescence.



Le lecteur de disquettes bahut normand et sa connectique gracieuse