vendredi 23 octobre 2009

Seven

Highslide JS
Pour utiliser le terme technique en vigueur: migration hier soir vers Windows Seven.

J’avais fini par m’habituer aux petites contrariétés persistantes de Vista. Des fenêtres qui ouvrent avec des modes de présentation que l’on n’a jamais enregistrés: une fois des icônes de grandes tailles, une fois des petites, une fois des listes. Des sons Windows qu’on finit par ne plus entendre le temps passant, comme le "stong" quand on retire un périphérique USB, même dans les règles de l’art: problèmes connus de compatibilité avec les cartes son. La mise en veille simple qui se transforme en veille prolongée sur un portable quand on est sur batterie alors qu’on a bien configuré le gestionnaire de fermeture. Les anciens logiciels remisés au placard. La définition graphique du fond d’écran qui varie selon la technique utilisée pour sa mise en place. Le petit gadget avec les cadrans d’utilisation du système dont celui de gauche monte régulièrement en flèche et celui de droite indique en continu une occupation copieuse de la RAM par le système. Les mises à jour qui tombent drues...

Le graphisme de l’interface de Vista était quoi qu’il en soit fort réussi avec son mode Aero et la prise en main du système d'exploitation très intuitive et un peu moins pagaille que sous XP.

Le passage à un autre système d’exploitation est souvent éprouvant pour les nerfs dans les heures qui suivent. L’application que vous utilisiez journellement, celle-là et pas les autres, ne fonctionne plus qu’imparfaitement et vous pousse à acheter la dernière version du marché: technique commerciale classique. Et bien, que nenni ! La mise à jour en direction de Seven est longue, certes, pour moi une heure et demie, mais ne nécessite aucunement votre présence. Tout est automatisé jusqu’à l’étape finale des paramétrages classiques obligatoires et de l’entrée de la clef d’enregistrement de la licence.

On fonce bien entendu immédiatement sur les bizarreries antérieures évoquées, pour tester, comme ça, en pensant que tout était peut-être du au concepteur de votre ordinateur : plus rien... tout tourne comme une horloge. Seule singularité, Windows Mail n’est plus présent dans Seven. On vous indique le fait et comment y remédier. Résultat des courses pour moi: juste à importer un carnet d’adresses dans un autre mailer.

Refonte importante et astucieuse de la barre de tâches. L’Aero est toujours présent et devient même Aero Shake et Aero Peek. Resté très gamin, j’adore virer les fenêtres qui encombrent le bureau en secouant celle que je veux conserver ou les rendre transparentes en amenant le pointeur tout à droite de la barre de tâches. La mise en réseau assez galère de Vista est devenue simplissime avec Seven. De nouveaux raccourcis facilitent hautement le positionnement des fenêtres et évitent les redimensionnements laborieux. A noter aussi dans le menu contextuel de la poubelle la disparition de l'option suppression qui m'a fait disparaître plusieurs fois par erreur cette icône du bureau alors que je souhaitais simplement vider la poubelle!

Highslide JS

Le passage à Seven vaut vraiment le coup pour les prudents qui ont conservé XP comme système d’exploitation tout en ayant une machine éligible pour Vista.

L’obsessionnel qui sommeille en moi, et que j’ai évoqué dans un ancien billet, a réussi tout de même, on s’en doute, à planter le système en effectuant ce qui est clairement déconseillé: télécharger des mises à jours facultatives et en particulier la dernière version du pilote de la carte graphique, quand tout fonctionne à merveille. Mode sans échec, dernier point de restauration, sueurs froides et coucouche panier après avoir revêtu mon cilice !

Après utilisation:
- Paint est enfin devenu un outil dessin de base digne de ce nom.
- Présence d'un outil de capture performant pouvant enfin remplacer la touche "Impression d'écran" pour les captures.
- Belle évolution de Windows Media Player en synergie avec Windows Media Center.
- Mise à niveau intéressante des jeux Windows.
- Outils de gravure et de sauvegarde des données moins hermétiques.
- Bonne idée avec l'épinglage possible dans le menu démarrer ou dans la barre des tâches des programmes favoris.
- Bonne ergonomie du centre réseau et partage permettant enfin une bonne compatibilité avec les kits de connexion des fournisseurs d'accès sans ralentissement de l'ouverture des connexions.
- Possibilités de redimensionnement des fenêtres en glissant celles-ci en bordures d'écran.
- Amélioration sensible de la rapidité de certaines applications.
- Windows Live permet enfin de choisir les applications gratuites proposées par Microsoft sans surcharger votre installation en embarquant la totale: Windows Movie Maker est devenu plus ergonomique et à la portée des débutants, Windows Live Mail remplace définitivement Outlook Express. Ces applications doivent être téléchargées et ne sont plus installées d'office.

jeudi 22 octobre 2009

Jardin d'Automne à Nancy

" On devrait construire les villes à la campagne car l'air y est plus pur !"
Alphonse Allais



Photos personnelles

samedi 17 octobre 2009

Postscript, TrueType, OpenType


Les curieux qui ont déjà mis le nez dans le dossier d’installation des polices de caractères ou fontes - en référence aux anciennes techniques d’imprimerie - de leurs ordinateurs, ont sans doute remarqué que plusieurs familles y cohabitaient : pas la même extension de fichier, pas les mêmes lettres sur les icônes.

TrueType est le nom d'un format de fonte numérique créée par Apple vers la fin des années 1980, en concurrence frontale avec le format Type 1 du standard PostScript, développé par Adobe Systems. Comme pour PostScript, les polices TrueType sont définies par des vecteurs grâce aux courbes de Bézier, mais seulement quadratiques, ainsi que par des algorithmes d'optimisation («hinting») sophistiqués. Ceci constituait une avancée importante par rapport au rendu d'images matricielles (ou «bitmap»), car il était possible de synthétiser une police à plusieurs tailles différentes, en atténuant de surcroît le problème du crénelage.

La granulation des pixels pouvant créer des effets optiques indésirables pour certaines petites tailles de caractères, la spécification TrueType admet des indications supplémentaires permettant de les éviter. Celles-ci permettent l'utilisation de techniques que connaissaient bien les concepteurs de fontes depuis que la photocomposition les avaient rendues nécessaires (l'impression au plomb, pour sa part, n'avait pas une précision suffisante pour justifier en son temps l'usage de telles techniques). En revanche, la conception de polices TrueType utilisant les hints est fastidieuse, mais les fontes ne les utilisant pas n'ont pas la même efficacité optique : elles donnent dans certains corps l'impression de « baver ».

Depuis le milieu des années 1990, ces polices sont gérées par une couche logicielle intégrée au système :
* FreeType pour les systèmes libres comme GNU ;
* intégré à GDI pour Microsoft Windows ;
* Suitcase pour Mac OS X.

Ce format a servi de base pour la conception du format OpenType, développé conjointement par Adobe et Microsoft, vers la fin 2002, et reste encore très largement utilisé.

OpenType est un format de fonte numérique pour les ordinateurs, développé conjointement par Adobe et Microsoft.

Annoncé la première fois en 1996, ce n’est qu’en 2000-2001 que les fontes OpenType sont retrouvées en nombre significatif. Adobe a terminé la conversion de toute sa bibliothèque de caractères en OpenType vers la fin de 2002. OpenType a été conçu par Adobe et Microsoft comme successeur des formats précédents de fontes, TrueType (développé par Apple et Microsoft) et des fontes de Type 1 PostScript (créées par Adobe). Il emploie, essentiellement, la structure générale d’une fonte TrueType Windows, mais tient compte des contours TrueType, ou des contours PostScript (stockés sous le format CFF/Type 2).

OpenType a plusieurs caractéristiques spécifiques :

* les fontes OpenType peuvent avoir jusqu’à 65 536 glyphes.
* le codage des fontes est basé sur Unicode et peut être utilisé pour n’importe quel système d'écriture connu d'Unicode, avec un mélange possible entre écritures. Néanmoins, aucune fonte ne comporte tous les caractères Unicode.
* les fichiers des fontes sont indépendants de la plateforme : Windows, Mac OS, Linux, BSD etc.
* les fontes peuvent avoir des fonctions typographiques évoluées, qui permettent le traitement approprié des écritures complexes, et utiliser des effets avancés pour des écritures plus simples, telles que l’anglais.

L’utilisation des fontes est protégée comme celle d’une œuvre artistique.

Sur Windows comme sur Mac OS, l’extension « .ttf » (TrueType Font) a été conservée pour les fontes à courbes TrueType. Les fontes à courbes PostScript utilisent l’extension « .otf ».

Sources Wikipédia.

Mon "dessin" du billet est composé au clavier avec plusieurs variétés singulières de fontes vectorielles. Seul le dégradé d'arrière-plan, le positionnement et le redimensionnement des caractères nécessitent quelques manipulations. Le fichier source, conçu dans un éditeur graphique, supporte ainsi les agrandissements les plus extravagants sans souci. Bien entendu, l’image du blog, au format JPEG, ne peut pas vous en faire la démonstration.

Note: attention! Si la plate-forme de réception des fichiers utilisant les polices ne contient pas celles utilisées par le concepteur, elles devront être remplacées par d'autres présentes sur vos machines par vos applications. A utiliser, donc, avec parcimonie. Pas de problème si le résultat final est un fichier image, comme ici. J'ai constaté cela par exemple au début, sans comprendre le hic, dans des applications Flash utilisant des secteurs de texte non convertis en clip. Ne vous amusez surtout pas à vider des fontes résidentes de votre système, en particulier celles essentielles à vos navigateurs! Effet "space" garanti!

jeudi 15 octobre 2009

Bang, bang !

Dans le but d'éviter la trentaine de pages s’attardant sur un tableau fouillé des lieux -Balzac en avait le secret, et moi la parfaite incapacité - je dirai simplement que la scène avait pour cadre un café de l’ancienne place Royale de la cité des Ducs de Lorraine. Non loin du lieu, se tenait pour quelques jours un important salon du livre. Quelques écrivains s’étaient échappés de la touffeur du chapiteau pour venir s’attabler dans l’établissement devant un rafraîchissement.

Depuis quelques minutes, un Diogène trentenaire soliloquait au comptoir. Il s’entretenait peut-être avec un verre de scotch particulièrement taiseux? Pour l’alcoolique de service accoudé au bar, je dois avoir la tête du type à qui ce serait pure folie de ne pas s’adresser. M’ayant aperçu seul à une table, il ne fut pas bien long à me prendre à parti. Avec une voix de stentor, il se lança alors dans un pamphlet haineux dirigé contre les écrivains du moment. En cette fin d'après-midi d'automne aux lumières et chaleurs encore estivales, allez savoir pourquoi, il souhait traîner plus bas que terre ses dignes représentants.

- Putain, tous ces plumassiers miteux qui posent comme des paons au milieu de nuées de mouches à merdes attirées par leurs derniers étrons!
- Vous pourriez crier un peu plus fort, lui dis-je, je pense que tout le monde n’a pas bien entendu votre panégyrique.

Suite à ma répartie, j’avais une chance sur deux que le gars pète une bouteille sur le coin du comptoir pour venir me placer le goulot brisé sur la carotide. Non, le type tenant simplement compte de mon conseil poursuivit ses vociférations, cinq décibels au-dessus.

- Quel est le dernier livre qui t’a marqué depuis un demi-siècle?

Ne désirant pas continuer à jouer avec le feu, mon cerveau se mit à carburer au propergol. J’accouchai illico d’un nom d’ouvrage pas trop cloche: « L’étranger ». Le tribun se figea en plein effet de manche. Cette fois, je sentais le coup de boule venir.

- Tavernier, servez la même chose que moi à ce gentleman!

Ouf, la chance du débutant! J’avais tapé dans le mille…

- Ah! Albert Camus: «L'absurde naît de cette confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde. Et face à l’absurde, l’une des seules positions philosophiques cohérentes, c’est la révolte ». La salle nous adressait des regards réprobateurs. Lui, au moins, il n’était pas tombé dans les couillonnades maoïstes de Sartre. Et son «Étranger», quel coup de tonnerre dans un ciel serein! Ces cons du salon vous parleraient savamment de sa fameuse écriture blanche. Ni blanche, ni orange Marengo. La nitroglycérine, c’est incolore. Et ces petites bites qui se prennent pour les provocateurs du millénaire, des épées de la littérature, alors qu'ils se vautrent dans la mièvrerie de leurs petits cacas. Meursault se permet de conduire l’absurdité de la condition humaine à son extrémité, le crime d’un inconnu, sans mobile apparent.

Blanc, Meursault, le type ne décollait pas du monde du pinard. Le challenge, avec un poivrot qui vous harponne, consiste à deviner rapidement ce qui l’amène à en vouloir au monde entier. Le dépit amoureux, c’est le pronostic facile, la petite cotte qui a pourtant le mérite de vous faire rentrer dans vos mises. Je n’ai jamais eu le goût d'écourter une conversation avec un type bourré. Probablement une certaine propension à vivre dangereusement. En dix minutes de confidences sous désinhibant, on en apprend plus de sa vie qu’un psychanalyste en une centaine de séances. En cinq minutes chrono, j'étais au cœur du complexe: sa première passion adolescente, son premier amour, le vrai, le seul, l'unique, celui que l'on cherche à retrouver sa vie entière, à reproduire, à revivre dans son intensité originelle. Lui conseiller la lecture du livre d’Alberoni sur la passion amoureuse débutante, n'était pas raisonnable, vu son état d’ébriété avancée. Une lecture, cependant, qui vous met rapidement les yeux en face des trous, vous fait comprendre qu'il existe un terreau propice à la germination de ce désordre amoureux en lisière de névrose. Tout le monde passe sa vie à savoir s’il est suffisamment aimable. En fait, le seul intérêt de connaître la théorie des circonstances de germination, c’est d’éviter de se méprendre à chaque fois sur la pertinence de ses choix d'objets amoureux dans ces moments de la vie. Pour ce qui me concernait, je pouvais revendiquer mon entrée dans le guide des records de choix à la con dans ce domaine. Je décidai donc de continuer à écouter patiemment son histoire, sans m’engager dans les théories du sociologue italien. A un moment, tout de même, je crus bon de l’interrompre.

- Bein oui, elle a fini par te quitter, et t’es le seul à qui une histoire pareille est arrivée. Ce soir, ce serait mieux qu’elle ne te voie pas dans cet état. Tomber sur un pochtron en vrac qui fait le show dans un bistro, ce serait le saccage des bons souvenirs de votre belle idylle. 

Je m’adaptais avec la facilité dérisoire du caméléon de commando au style de ses propos.

- Toi, je te remercie de ne pas m’avoir placé le dix de perdues dix de retrouvées, laissa-t-il tomber à brule pourpoint!
- Oui, au fait, t’en a retrouvé combien depuis?
- J’ai testé tout le panel de ce qui se fait de mieux pour oublier. La Ginette de Prisunic, ramassée à la sortie du Chat Blanc avec son caniche qui vient me lécher les couilles pendant que je l’enfourche dans sa chambrette rose fuchsia. La reine de la Mirabelle, pas sur la bouche à cause du maquillage. Le presque top model chargé à mort en coke qui vomit après sa biscotte de la semaine. Un spécimen de la jeune génération étudiante qui ne peut plus prendre son pied qu’en se faisant sodomiser en coma éthylique, dans un confessionnal, tout en se branlant avec un crucifix. M’a même dit qu’elle me kiffait grave, l’éponge, pour te dire que je suis le coup du millénaire. La chef de PME surbookée, vite fait, deux coups de lime à l’arrière de la Mercédès, tête coincée sous l’appui-tête. La journaliste sadomaso avec mon masque en latex et la boule de ping-pong entre les dents. La polonaise aux nichons icebergs qui se signe après chaque gémissement. L’enseignante à lunette broutée sous le bureau à la cadence des coups de règle. Et même, l’apothéose, la mère de famille nombreuse, reproductrice aux larges flancs, qui ne prend normalement son pied que dans les réunions de défense pour l’allaitement maternel en sortant un nibard en public pour donner la tétée au marmot.

- La foire aux bestiaux! Tu as quasiment l’album Panini au complet! Il te manque peut-être la pipe de la grande bourgeoise emperlousée, derrière le tas de foin, au fond de l’écurie pendant qu’elle se fait prendre par son étalon. Ouf, premier sourire de la soirée de mon interlocuteur! T’es peut-être passé un peu vite du romantisme intégriste à la débauche exponentielle, non? 
- Et c’est pour ça que je bois, hein?
- Et c’est pour ça que tu trinques, Dorian Gray. Tu sais, il y a aussi l'a défonce aux bonbons Haribo pour monter d'un cran dans la décadence, après le saccage à la Hun de ton amour défunt. Ta Juliette, elle s’est barrée à temps!
- C’est vrai, je faisais un peu dans l’outrance en fin de parcours.
- Tu m’étonnes!
- Et tu me conseillerais quoi pour mon salut?
- A part l’ermitage troglodyte, je ne vois pas trop. Mais pour l’heure, un roupillon, ce serait pas mal. Je te raccompagne?
- T’es pas pédé au moins?
- Non, ou je suis passé à coté d’une belle carrière. Et puis, tu sais, je crois qu’ils ont les mêmes problèmes que nous, et bien d’autres encore avec des débiles dans ton genre.
- Je disais ça au cas où t’aurais voulu me donner une image de plus pour mon album. Tu sais, j’ai plein de copains pédés qui ont tenté le coup. Mais j’ai vraiment pas l’âme à ça.
- T’inquiète pas pour ton âme, je n’abuserai pas de la situation. J’épouse le même concept que toi. On ne refait pas sa nature.

Le gars se servait de la sexualité comme une arme pour oublier. La sexualité qu’on veut séparer des sentiments, c’est la bévue. On met en vrac son égo. Cela eut pu constituer "mon" conseil de la soirée, s’il avait été en état de le recevoir. Par chance, le pochard avait réservé une chambre à l’Hôtel de la Reine. Juste la place à traverser. Je confiai le fils de Bukowski aux bons soins du veilleur de nuit qui ne put cacher totalement une pointe de mépris au moment du bonsoir.

Le lendemain matin, en sortant de chez moi pour prendre mon véhicule, je m’aperçus que je n’avais plus mon portefeuille. Je l’avais probablement laissé sur le comptoir du Café du Commerce. Un coup de fil rapide confirma mon hypothèse. Une heure plus tard, le garçon de service me signala, tout en me le rendant, qu’une cliente m’avait laissé un mot sur une carte: 

« Pourrais-je vous rencontrer un soir de cette semaine dans l’établissement où vous avez eu la gentillesse de prendre en charge Alexandre et de tempérer ses diatribes publiques. Anne Rênal»


Adulateur du trait névrotique qui pousse l’individu à déployer des trésors d’inventivité pour multiplier les situations scabreuses, je la contactai le lendemain matin au numéro figurant sur sa carte. La voix qui me répondit au téléphone était tout à fait charmante. Anne Rênal s’exprimait avec aisance et savait mettre son interlocuteur à l’aise. Elle m’apprit aussitôt ce que j’imaginais. Elle était bien la fatale qui avait descendu le cowboy en plein vol, il y a deux ans.

- Je porterai frac et chapeau clac, ainsi qu’un hortensia mauve à la boutonnière, pour la rencontre. Peut-être serait-il préférable de ne pas trop s’attarder sur place au cas où l’amoureux bafoué roderait encore dans les parages?
- Primo, pareille tenue de gala ne sera pas nécessaire. Je vous ai entrevu l’autre soir et saurai vous reconnaître. Deuxio, Alexandre est reparti à Paris, vous n’avez plus rien à craindre.

Coquet par nature, j’hésitai longuement quant à la tenue vestimentaire pouvant convenir à un pareil entretien. On juge un homme à la façon dont il est chaussé, c’est bien connu. Les pieds, et tout particulièrement les talons pour les grecs anciens, avaient quelque chose à voir avec le siège de l’âme. Je n’avais pas de petites ailes à accrocher aux miens. Je gardai les chaussures que j’avais aux pieds le soir de ma rencontre avec Alexandre Bukowski.

J’avais le nez dans un bouquin, quand une très jeune femme, tombée de Vénus et ayant promptement dissimulé son parachute dans son sac à main, arriva à ma table. Attention, rien à voir avec une bimbo de série américaine. Plutôt le style Joan Fontaine. Un mélange de classe et de beauté naturelle. Une fois de plus, je me trouvais être le héros de la soirée dans cet estaminet. Des regards mâles convergeaient en notre direction. Ayant convié l’apparition à s’asseoir à ma table, je ne pus m’empêcher d’y aller d’une balourdise de gros dragueur alors que j’étais aussi intimidé qu’un collégien. 

- Je comprends mieux la cause du désespoir d’Alexandre le Grand. J’imaginais cependant un tout autre style de vamp.
- Monica Belluci, en mieux?
- Une variation sur le même thème. Mais je suis plus sensible au type de féminité que vous développez. Un restant d’éducation judéo-chrétienne.
- Ah bon! J’ai des airs d’icône d’images pieuses?

Plutôt que de m’enliser un peu plus avec mes compliments de bazar, je décidai de lui demander rapidement ce qui l’avait décidée à souhaiter me rencontrer.

- Comme vous l’avez appris sans doute, nous nous sommes séparés Alexandre et moi voilà deux ans. Chacune des rencontres de hasard postérieures ont tourné au drame et aux règlements de comptes sordides. Je l’ai aimé follement dès l’adolescence, et l’aime peut-être encore un peu trop. Je serais heureuse que vous me donniez de ses nouvelles. Vous avez eu l’occasion de vous entretenir hier longuement avec lui.
- Destinée tragique que la mienne… les femmes que je rencontre adorent me parler de leurs amours défuntes avec des trémolos dans la voix. Pour être franc, l’état dans lequel je l’ai trouvé ne me permet pas de vous apprendre grand-chose, sinon son désespoir qui ne vous étonnera pas.
- J’ai aimé Alexandre pour sa force de caractère, son esprit de décision et probablement, pour l’image paternelle rassurante que sa présence dégageait. Vous semblez camper sur l’archétype féminin qui rassure. Moi, j’ai lâché prise quand le mien s’est délité.
- Sage décision. J’imagine mal que l’espèce humaine ait attendu Simone de Beauvoir pour basculer soudainement vers de nouveaux modèles. Comment imaginer faire table rase aussi facilement d’acquis préhistoriques. Vous avez inversé le modèle en fondant un jour pour la version Souchon, non?
- Un peu ça. Je vis depuis un an avec un écrivain à la tendresse et au comportement bien éloignés de l’archétype masculin préhistorique.
- Pauvre de nous les hommes qui voyons partir sans nuances nos compagnes, tantôt pour un cow-boy, tantôt pour un Souchon, au gré des modes que nous imposent les sociétés et milieux auxquels nous appartenons.
- Et vous pensez que c’est plus facile pour nous les femmes ?
- Non. L’époque est trouble. Les repères solides sont évanescents. J’ai cru comprendre qu’Alexandre avait abandonné une belle carrière de juriste suite à ses états d’âme consécutifs à votre rupture?
- Oui, il avait perdu, à ses dires, la foi sacrée.
- Quoi qu’il en soit, dur de continuer indéfiniment à se prendre pour un représentant de Dieu sur terre appliquant la Justice des hommes dans des affaires ou parfois seule l’intime conviction est un alibi pour trancher? Je comprends mieux son amour pour Albert Camus. Après « L’étranger », « La chute ».
- Comment un homme d’une telle solidité a-t-il basculé aussi vite dans le doute absolu, suite à une rupture amoureuse?
- Parlez-en à un psychologue. C’est son fonds de commerce.
- J’aimerais trouver les mots pour le convaincre de reprendre le dessus.
- Ces scrupules vous honorent. Moi, je n’ai jamais eu la chance d’avoir un ancien ange gardien qui continue des années durant à veiller sur moi. Qu’est ce qui l’a mis dans cet état l’autre soir?
- Il m’a vu avec mon compagnon au salon du livre. Alexandre écrit lui aussi à l’occasion avec un certain bonheur.
- Vous ne sortez tout de même pas avec l’ancien journaliste qui s’est fait greffer un paillasson sur la tête?
- Non, je ne fais pas dans la figure nationale. Vous avez constaté comment cette simple confrontation avec la réalité a pu le perturber. Il n’est pas alcoolique, vous savez. Vous avez vu Alexandre dans un très mauvais jour !
- Et encore, c'était de nuit. Dans le domaine de la passion amoureuse finissante, les femmes ont plus d’armes en main pour quitter le bateau à temps en cas de naufrage.
- Qu’entendez-vous par là ?
- On en revient aux archétypes. Les femmes ont du mal à pérenniser une relation qui consciemment ou inconsciemment leur laisse supposer qu’elle n’aura jamais l’assise suffisante pour garantir la protection d'une potentielle couvée à éclore. On n’est pas loin de la génétique animalière dans cette affaire.
- Je n’avais jamais envisagé la chose sous cet angle, mais pourquoi pas? Vous ne me prodiguez pas pour autant de conseil salutaire.
- Grosse demande en ce moment sur le produit. Empiriquement, excusez la métaphore, j’ai souvent constaté qu’il fallait qu’un clou chasse l’autre pour que ces affaires amoureuses évoluent dans le bon sens. Essayez de lui trouver un objet amoureux de substitution: une femme qui tienne la route. Vu son choix de départ, cela va être coton. Ou mieux, retrouvez son ancien doudou, son « Rosebud » à lui...
- Je ne suis pas directrice d’agence matrimoniale et n’ai pas accès au grenier de sa mère.
- Et circonstance aggravante, vous m’avez laissé entendre que vous l’aimiez encore dans cette histoire en miroir, plus complexe encore que celle de la chanson «Bang Bang». Peut-être le pressent-il obscurément?
- J’ai pourtant pris mes distances. Vous le constatez, je fais appel à vous pour obtenir des renseignements que pourrait me donner directement l’intéressé.
- Peut-être pas suffisamment de distance vis-à-vis de quelqu’un qu’on souhaite fuir définitivement? Vous gardez le secret espoir de revivre un jour avec lui ?
- Non, on ne rafistole jamais une histoire qui a mal tourné. Revient sans cesse le temps des reproches. Je vous remercie de m’avoir écoutée patiemment. Peut-être dois-je laisser un peu plus de temps au temps?
- Sans doute. Vous savez, l’angoisse d’abandon est notre lot commun. A chacun de nous d’apprendre à la gérer. A chaque homme sa part de solitude. D’aucuns prétendent même qu’elle constitue une constante humaine.

La jeune femme me regarda un instant dans les yeux, avant de me sourire avec tendresse. Elle me demanda de l’accompagner pour une petite escapade nocturne avant de prendre congé. Deux solitudes en chemin dans les rues de la ville cherchant un temps à oublier ce triste lot.

Une heure plus tard, retourné au Café du Commerce, je demandais au patron de me servir deux scotchs au comptoir.

- Deux! Vous faites des infidélités à votre sempiternel diabolo-grenadine! Un coup de moins bien?
- Servez, servez! Je viens d’accompagner un temps la trajectoire d'une comète. Vous me videz de votre établissement dès que je me mets à haranguer la foule.

Souriant intérieurement de cette fin d’histoire à la Nestor Burma, je me récitai en silence le poème de Gérard de Nerval:


Elle a passé, la jeune fille,
Vive et preste comme un oiseau,
A la main une fleur qui brille,
A la bouche un refrain nouveau.
C’est peut-être la seule au monde
Dont le cœur au mien répondrait,
Qui venant dans ma nuit profonde
D’un seul regard l’éclaircirait.
Mais non, ma jeunesse est finie,
Adieu, doux rayon qui m’a lui,
Parfum, jeune fille, harmonie,
Le bonheur passait, il a fui.



Note :

Je pars assez souvent d'une chanson pour écrire une nouvelle. Ainsi, celle qui m'a inspiré pour celle-ci est un peu l’histoire que raconte l’homme au comptoir du café. Vous savez, la chanson de Nancy Sinatra, "Bang bang!", reprise dans « Kill Bill » de Tarantino. Comme, par bonheur, tout le monde ne parle pas encore anglais de nos jours, je me dois de vous donner la traduction française maison, sans filet :

J'avais cinq ans et il en avait six / Nous chevauchions des chevaux faits de bâtons de bois / Il était habillé en noir et moi en blanc / Il voulait toujours gagner la bataille / Pan, pan, il m'a descendue /J'ai heurté le sol / Ce bruit affreux / Mon amour m'a descendue.
Les saisons ont passé, emportant avec elles cette époque / En grandissant je l'ai appelé mien / Il voulait continuer à en en rire et disait/ Tu te souviens quand on jouait / Pan, pan, je te descendais / Tu tombais / Pan, pan, ce bruit affreux / Pan, pan, chaque fois, je te descendais.
La musique jouait et les gens chantaient /Les cloches de l'église ne sonnaient que pour moi / Maintenant il est parti / Je ne sais pas pourquoi / Et depuis ce jour / je pleure parfois / Il n'a même pas dit au revoir / Il n'a pas pris le temps de mentir / Pan, pan, ... mon amour m'a descendue
.

mardi 13 octobre 2009

Se porter comme un pin Bristlecone


Ma passion pour les arbres m'amène à publier, bien que je ne sois aucunement un spécialiste en botanique, ce court billet qui résume la cueillette que je viens d'effectuer sur des sites américains traitant d'une variété de conifère remarquable par sa longévité et ses capacités d'adaptation au climat. Dans le style, anciens emballages de "Malabar": "Incroyable mais vrai."

Le pin Bristlecone, Pinus longaeva (D.K. Bailey 1970) est un arbre appartenant au genre Pinus et à la famille des Pinacées.
Syn: P. aristata Engelmann var. longaeva (D.K. Bailey) Little (Kral 1993).
Noms communs anglosaxons: Great Basin bristlecone pine (Lanner 1983), intermountain bristlecone pine (Kral 1993).

Description
Arbres pouvant atteindre 16 m de haut et un diamètre de tronc de 200 cm. Couronne ronde ou irrégulière. Écorce brun-rouge, fissurée avec d’épaisses écailles irrégulières à crêtes polyédriques. Branches tortueuses, pendantes. Cônes polliniques cylindro-ellipsoïdes de 7 à 10 mm de long, rouge-pourpre. Maturation des graines des cônes en 2 ans.

Répartition
États Unis: Californie, Nevada et Utah. Altitude: 1700-3400 m (Kral 1993). Sur de nombreux sites il montre une préférence marquée pour les sols riches en carbonates (calcaire, dolomite, marbre). Dans les Montagnes Blanches de Californie, par exemple, la limite du bocage Bristlecone coïncide avec une strate dolomite/grès. Les Bristlecones croissent donc à des altitudes remarquablement élevées.

Arbre remarquable
Sur l'arête nord-est du Mont Charleston dans les Spring Mountains proches de Las Vegas au Nevada, pousse un arbre isolé au tronc de 368 cm de diamètre et de 15,8 m de haut (Robert Van Pelt e-mail du 4 février 2004).

Longévité
L’espèce Pinus longaeva est généralement considérée comme celle à reproduction sexuée non clonale possédant le plus d’individus dépassant les 4 000 ans. En raison de son bois résineux et du froid extrême et sec de son habitat, la décomposition du bois mort est extrêmement lente, et sur le terrain de certains peuplements, a des âges supérieurs à 10 000 ans. Cela a permis la construction d'une chronologie continue de plus de 8000 ans qui a été utilisée pour calibrer l'échelle de temps radiocarbone (le taux de production de radiocarbone dans l'atmosphère n'est pas constante dans le temps, d'où la nécessité d’un étalonnage).

Le plus vieux spécimen vivant est un arbre auquel on a donné le nom de "Methuselah" (Mathusalem), étudié par Schulman et Harlan dans les White Mountains, en Californie. Schulman a compté sur cet arbre, en 1957, 4 789 anneaux de croissance. Il pousse encore actuellement et a donc atteint 4 840 ans en 2008. Sa localisation précise reste cependant secrète afin d'éviter tout acte de vandalisme. Un autre, encore plus ancien, surnommé Prometheus a été abattu par erreur en 1964 alors qu'il avait 4900 ans. La raison de leur longévité est due au fait que ces arbres vivent à haute altitude, sous un climat sec et froid en hiver. Ils se sont adaptés en ne se développant que quelques mois par an, ce qui explique leurs formes particulières et leur petite taille pour leurs âges.

Lieux d’observation
L’endroit le plus connu pour voir des Bristlecones se trouve dans la Forêt Nationale d'Inyo en Californie, où l’ US Forest Service entretient un sentier de découverte qui traverse un bosquet de Bristlecones exceptionnel. Dans le parc national du Grand Bassin (Nevada), le National Park Service offre des installations similaires, quoique beaucoup moins remarquables. D'autres lieux célèbres pour voir ces arbres sont: le Bryce Canyon National Park (Utah) et le Cedar Breaks National Monument (Utah).

http://www.conifers.org/pi/pin/longaeva.htm

vendredi 9 octobre 2009

Le placenta, ce grand oublié de la grossesse


L’accouchement ne se résume pas à l’expulsion du bébé. Celle des annexes qui suit, appelée délivrance, signe en fait sa fin véritable. Avec le cordon ombilical, les membranes de l’œuf et le liquide amniotique, le placenta appartient aux annexes fœtales, formations temporaires destinées à protéger, nourrir et oxygéner le fœtus.

Durant les premières semaines de grossesse, l'œuf a vécu grâce aux réserves embarquées par l'ovule à sa maturité. A partir de la fin du premier mois - grossièrement - l'embryon continue à se développer par l'intermédiaire des apports du placenta. C'est une masse de chair en forme de galette ayant l'apparence d'une éponge et contenant de nombreux vaisseaux par lesquels transitent les sangs maternel et fœtal, sans jamais s'y mélanger. Le placenta possède une face maternelle issue de la modification de la partie interne de la paroi utérine appelée caduque utérine basale au niveau du secteur utérin de nidation de l’œuf. On observe, en particulier, la formation de multiples chambres intervilleuses recueillant le sang maternel provenant des artères utérines. La face fœtale sur laquelle s’insère le cordon ombilical est recouverte par les membranes de l’œuf : chorion et amnios.

Le placenta assure tous les échanges entre la femme enceinte et son bébé. C'est une véritable plate-forme vitale. En physiologie, il sera expulsé naturellement avec le reste des annexes dans la demi-heure suivant la naissance . Le disque placentaire a un diamètre d’une vingtaine de centimètres en fin de grossesse. Son nom vient du latin: gâteau, galette.

Iconographie personnelle libre de droits


Les différents rôles du placenta :

Le placenta est:

- Un échangeur de gaz, oxygène maternel et gaz carbonique fœtal, de minéraux et de vitamines.

- Un lieu de passage pour les nutriments (glucides, lipides, protides parfois transformés par des enzymes placentaires pour faciliter leur passage), les liquides (renouvellement de 3 litres d’eau par heure en fin de grossesse), les anticorps maternels pour protéger le fœtus, mais malheureusement aussi certains toxiques (alcool, tabac), médicaments et virus, voire parasites (toxoplasme entre autres après effraction des parois)

- Une glande endocrine qui secrète des hormones. La plus connue du grand public, avec sa fraction beta qui permet de détecter la grossesse dès les premiers jours, est l’hormone gonadotrophine chorionique ou HCG. Il sécrète aussi en grandes quantités des Œstrogènes et de la Progestérone qui assurent la poursuite de la grossesse et la croissance du fœtus après le troisième mois en relai des ovaires. Enfin, l’hormone placentaire lactogène ou HPL favorisant elle aussi la croissance du bébé tout en préparant la glande mammaire à la lactation.

- Un élément de la chaîne des déclencheurs du travail (rôle particulier de la balance œstrogènes-progestérone) avec ceux d'origine fœtale et maternelle.

Pathologies du placenta :


1 - En mauvaise position du placenta peut poser problème au moment de l’accouchement. Normalement il se loge dans le fond utérin, à distance de l'orifice interne du col. Mais il arrive parfois qu'il se greffe trop bas et que des contractions utérines, même faibles, provoquent des saignements. Un des enjeux de l’échographie est de repérer la situation du placenta et la distance séparant sa périphérie de l’orifice interne du col de l’utérus qui peut s’ouvrir, même avant l’accouchement. Si le bord du placenta est proche du col on parlera de placenta bas-inséré.
Le stade le plus préoccupant est le placenta prævia recouvrant empêchant non seulement le passage du bébé, mais pouvant entraîner une hémorragie mettant en péril le couple materno -fœtal. La césarienne devient alors obligatoire.
Ces termes n’ont leur validité qu’à partir de 18 semaines de grossesse. L’augmentation des volumes respectifs de l’utérus et du placenta font que souvent ce dernier « migre de manière relative » et s’éloigne de l’orifice interne du col.

2- L'hématome rétroplacentaire peut compliquer certaines grossesses. Une collection sanguine de plus ou moins gros volume entre le placenta et la muqueuse utérine, liée à un décollement partiel du placenta, perturbe les échanges foeto-maternels et par suite la croissance ou la survie du fœtus. Cette pathologie peut engendrer chez la mère des troubles de la coagulation redoutables s'ils ne sont pas dépistés à temps.

3 – Parfois, au moment de la délivrance, le placenta reste entièrement à l’intérieur de l’utérus. L’obstétricien doit alors pratiquer ce que l’on appelle une délivrance artificielle pour l’extraire manuellement.

4 – L’examen du placenta expulsé permet de constater parfois qu'il est incomplet. L’obstétricien pratique alors une révision utérine pour recueillir dans l'utérus les parties manquantes et vérifier que la totalité du placenta et des membranes peut être reconstituée avec les parties extraites. Les laisser en place ferait courir le risque d’hémorragies en suites de couches, et parfois même au moment du retour de couches. Le placenta dit accreta (qui reste très adhérent au niveau de la caduque utérine) est une forme compliquée de cette pathologie de la délivrance.

5 – Les tumeurs placentaires:
- la môle hydatiforme ou vésiculaire est un œuf pathologique ressemblant à une grappe de raisin . Elle résulte d’un processus à la fois hyperplasique et dysplasique. Elle entraîne un dysfonctionnement des villosités choriales. Elle peut être embryonnée: présence en son sein d’un embryon développé. Méconnue du grand-public, elle se termine par un avortement spontané dans le premier trimestre de la grossesse. Les signes gravidiques, en particuliers les nausées et les vomissements, sont souvent très importants, au point de mettre le médecin sur cette piste, en dehors d'une grossesse multiple. Ce sont les taux très élevés d’HCG sont à la base de ses manifestations majorées. L'échographie précoce la détecte aisément.
- le redoutable chorio-carcinome ou épithéliome est une tumeur maligne métastatique unique en son genre, inconnue chez les animaux. Très rare, une grossesse pour 15000 grossesses dans les pays occidentaux mais 1/3000 environ en Extrême-Orient. Elle peut faire suite à une môle. Le contrôle de la chute régulière jusqu'à disparition des taux d'HCG signe l'évolution favorable.


Que fait-on des annexes après la naissance ?

Des laboratoires pharmaceutiques recueillaient les placentas dans les maternités pour l'élaboration de certaines spécialités, en particulier en cosmétologie. Désormais, ce sont les laboratoires de recherches spécialisés dans les domaine des cellules souches qui sont présentes dans le cordon ombilical lui-même et surtout dans le sang du cordon qui s'en portent acquéreurs en respectant des règles éthiques: Voir ce lien

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Pour aller plus loin

Le placenta humain est chorio-allantoïdien (la circulation placentaire choriale est reliée à la circulation fœtale allantoïdienne), hémo-chorial, discoïde, pseudo-cotylédoné (les villosités sont groupées en amas, séparés par des cloisons incomplètes) et décidual, c’est un placenta qui lors de la délivrance entraîne une partie de la muqueuse utérine, la décidue.
• le placenta est épithélio-chorial chez le porc, le cheval…
• le placenta est endothélio-chorial chez le chien, le chat…
• le placenta est hémo-chorial chez l’homme, les rongeurs, les primates…

La surface de contact restreinte entre la mère et l'enfant, telle qu'elle se présente en cas de placenta discoïde, ne peut être augmentée que par une interdigitation intense présente au niveau des villosités. La forme la plus simple est le placenta lamellaire. En présence de placenta lamellaire les plis sont fins, allongés et interdigités. Chez l'homme on est en présence d'un placenta villositaire, dont la structure est très complexe en raison de son système d'interdigitations (septa). La section séparant deux septa est appelée cotylédon. Toutefois comme dans le cas du placenta humain ces septa divisent incomplètement le placenta, on parle de placenta pseudo cotylédoné.

La circulation placentaire met en commun deux circulations, situées de chaque côté du placenta. Le débit en est élevé: 500ml/min (80% du débit utérin) et est influencé par divers facteurs tels que notamment la volémie, la tension artérielle, les contractions utérines, le tabagisme, les médicaments et les hormones.

La circulation maternelle

Le sang maternel est injecté dans les chambres intervilleuses par les artères spiralées (80-100 mm Hg), branches dérivées des artères utérines et repart par les veines utérines. Les artères s'ouvrent au centre du cercle formé par les villosités crampons, tandis que les veines en drainent la périphérie. Le sang maternel a un débit de 600 cm3/min et a une pression sanguine de 70 mmHg. Il arrive sous forme de jets qui se brisent sur le toit de la chambre intervilleuse où règne une pression de 10 mmHg. Le sang dans la chambre intervilleuse est changé 2-3 fois par minute. La circulation utérine subit des modifications considérables au cours de la grossesse pour satisfaire aux nécessités métaboliques croissantes du fœtus.

La circulation fœtale

Les capillaires des villosités sont reliés aux vaisseaux ombilicaux. Le sang fœtal arrive par les deux artères ombilicales dans les villosités et repart par une veine ombilicale unique! Son débit représente environ 40% du débit cardiaque du fœtus. Dans les artères ombilicales la pression sanguine est égale à 50 mmHg et passe par les ramifications qui traversent la plaque choriale pour arriver dans les capillaires dans lesquels la pression tombe à 30 mmHg. Dans les veines, la pression est de 20 mmHg. Notons que la pression dans les vaisseaux fœtaux et leurs ramifications villositaires est toujours supérieure à celle qui règne dans les chambres intervilleuses. Cela évite aux vaisseaux fœtaux de se collaber.


NB: en raison de leur désaturation chez le fœtus, les artères ombilicales sont en bleu, alors que la veine riche en oxygène est en rouge.

1 artères ombilicales 2 veine ombilicale 3 capillaires fœtaux

Deux liens sources: un et deux


Un lien d'excellente qualité qui peut vous apprendre encore plein de choses sur le placenta

lundi 5 octobre 2009

Bières Excel


Une des moutures du site "La Mansarde à Pierrot" ayant servi à mes premiers essais de mise en ligne de pages internet, proposait jadis un tableau Excel en mode HTM. Il répertoriait un nombre conséquent de variétés de bières et en détaillait leurs principales caractéristiques. Je n’ai plus en tête le nom de l’internaute qui me l’avait adressé. Je tiens immédiatement à clamer haut et fort que cet oubli est sans rapport aucun avec un supposé abus de consommation de ce breuvage déjà fabriqué à Sumer au IVe millénaire av. J.-C., ce qui ne nous rajeunit pas ma bonne dame et montrerait, même si c'était le cas, que la faute incomberait aux Sumériens tout en tombant normalement sous le coup de la prescription des faits, sinon cela voudrait dire que la Justice a encore le droit de venir vous faire chier dans votre ziggourat après votre mort, ce qui est envisageable avec ces morpions terriblement accrocheurs! En conséquence, toute remarque désobligeante des lecteurs de ce billet allant dans ce sens, formulée intérieurement ou par le biais d'un commentaire, serait considérée par les instances pontificales comme péché par pensée, dans le premier cas, par paroles écrites, dans le second. Dans les deux cas, c’est très vilain et ça peut là, il paraît que c'est vrai, vous poursuivre dans la tombe avec son œil, comme pour Caïn.

Un toilettage vigoureux de mes sauvegardes m’a permis, toujours bon pied bon œil comme vous voyez, de remettre la main dessus au pied levé. Pourquoi alors ne pas le proposer à nouveau aux visiteurs du blog-notes de la Mansarde, me dis-je en moi-même dans ma tête, intérieurement? Cela pourrait éventuellement intéresser quelques amateurs de bonne mousse qui passeraient en passant, au passage. Ils sauraient sans doute, certainement, à n'en pas douter, fort probablement, en faire usage avec discernement et modération, je n’en doute point à la ligne et particulièrement ingambe et redondant aujourd'hui, saut de ligne.

M'étant parfaitement réceptionné, je décide avec aplomb de faire montre une fois de plus de ma belle érudition, en concluant ce billet princeps qui va faire date dans la blogosphère-encore-ce-geste-pour-voir, ou du bruit dans Landerneau, par une courte citation classique mais bigrement hilarante. En ce qui me concerne, elle me fait toujours hilarer copieusement car je suis bon public quand je me raconte des histoires à moi-même que je connais pourtant (les histoires et moi-même, ce qui prouve bien que je connais beaucoup de choses).

Toute la magie de Noël

A la maitresse qui demandait aux élèves de citer un équivalent du double-décalitre, Achille Talon enfant, aurait répondu derechef: "Mon père."