jeudi 25 juin 2009

Boulevard du crépuscule




Nième vision de ce petit bijou à porter à la filmographie - qui en contient bien d’autres - du réalisateur autrichien, Billy Wilder: «Sunset Boulevard», Boulevard du crépuscule à sa sortie en France en 1950. Il traite des extravagances de l’univers du cinéma hollywoodien de son époque et des déboires d’une ancienne étoile du muet (Gloria Swanson jouant avec courage un rôle pouvant faire allusion à sa propre histoire), qui, suite à sa retombée dans l’anonymat, s’est murée dans son ancienne demeure, palace qui n’est plus que ruines, sise le long de ce boulevard, en compagnie de son valet (Erich Von Stroheim, acteur exceptionnel et réalisateur hollywoodien à son heure) dont on apprendra à la fin du film noir l’étrange destin. L’âge, l’évolution des techniques et des goûts du public, sa personnalité hystérique parangon, l’ont conduite à y vivre en ermite. C'est un mort en voix off qui narre l’aventure dans laquelle le hasard l'a impliqué.

« Nihil nove sub sole »

Le monde du spectacle a envahit le quotidien et tout particulièrement celui du politique et de la télévision. Il m’est donc possible d’imaginer le destin cruel des histrions, un temps glorieux ou retournés le lendemain même de leur grand morceau de bravoure à l’anonymat le plus total, des acteurs de la comédie burlesque de nos antennes, paraboles et liaisons filaires du siècle naissant. Ces gloires éphémères hypnotisées par les éclats des paillettes et des strass suivront probablement la trajectoire classiquement dévolue à la pathétique reconversion de ce type de personnalité psychiatrique assez bien partagée entre hommes et femmes alors qu’on voudrait faire de ces dernières les porteuses principales. Quand leurs gambades de paillasses et l’exhibition impudique de leurs sentiments si outranciers qu’ils auraient pu appartenir à une troupe donnant ses pantomimes sur le Boulevard du Crime à Paris au XIX ème siècle, n’auront plus l’heur d’intéresser les générations futures, elles partiront dans la débâcle. L’audimat vénéré devenu cruel, ces individus n’arrivant plus par leurs contorsions simiesques à se projeter suffisamment dans le champ du désir des spectateurs pour en tirer l’énergie capable d’entretenir leurs modes de défenses névrotiques, ne feront plus la une que de gazettes jaunies par le temps. Les tournées d’adieu itératives, les rétrospectives condescendantes, les réunions d’anciens combattants, n’y feront rien. Quelques automates creux aux réflexes archaïques aborderont en somnambules les lisières de la déraison.

La mécanique du film de Wilder est implacable. La sortie de scène est certes grandiloquente à souhait, mais, quelques pincements de cœur des spectateurs plus loin, la diva quitte les feux de la rampe pour partir en compagnie d'infirmiers psychiatriques vers son dernier asile. Une scène d'anthologie, Herr Wilder.


vendredi 19 juin 2009

Learning To Fly




TOM PETTY et les "bourreaux des cœurs" sortent en 1998 un album de la série "rien à jeter": Into the Great Wide Open. C'est du tonique pour les journées de blues cette chose là. Ma petite application en Flash propose leur célèbre "Learning To Fly" à la sauce Mansarde: "Windowbreakers, push the volume, hundred per cent plus fifty."


" Bon, certains disent que la vie vous met au tapis,
Brise votre cœur, vole votre couronne.
Je partais pour Dieu sait où,
Espérant l’apprendre quand j’y serais."

A noter que la mise en place de ce type d'application Flash, demande une préparation assez laborieuse. Le lien ci-dessous présente quelques étapes.

lundi 15 juin 2009

La ut : do mi si la do ré


Le "private joke" extrémement subtil auquel je me suis laissé aller dans mon titre de billet, traduit note à note, garantit le bide absolu en pays germanophones et anglophones.


Pourquoi donc cela se faisse ?

Guido d'Arezzo
— en français Gui ou Guy d'Arezzo, voire Gui l'Arétin — était un moine bénédictin italien, né vers 990 et mort, d'après certaines sources, le 17 mai 1050. Il a élaboré un système de notation sur portée que nous avons conservé.

Il eut l'idée d'utiliser les premières syllabes d’un chant grégorien, l’Hymne de Saint Jean-Baptiste, présentant une particularité: chaque vers latin commençait sur un degré de l’hexacorde plus haut que le précédent.

À l'époque, la portée "neumatique" ne comportait que quatre lignes, et le "si" n'a été ajouté qu'à la fin du XVIe siècle par Anselme de Flandres. On remarquera qu'il a utilisé les initiales de Saint-Jean en latin, le "I" remplaçant le "J" qui n'est apparu que très tard chez les Romains.

Enfin, pour faciliter la vocalisation, "ut" a été remplacé par "do" au cours du XVIIe siècle par Giovanni Battista Doni.

Dans les pays germanophones et anglophones on a remplacé Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si par des lettres majuscales de l'alphabet et leur gamme commence au "la". Notre gamme devient chez eux: C, D, E, F, G, A, B .

AC: CEBACD, ça tombe à plat! Non?


Sources Wikipédia.

vendredi 12 juin 2009

Ornithose


Le livre de Patrick Süskind, «Le pigeon» m’a évité de peu de me lancer dans une psychanalyse à vie. Après sa lecture, j’ai compris qu’il y avait encore plus malade que moi.

En pleine floraison des messages médiatiques sur le fragile équilibre des écosystèmes, j’en étais venu à remettre en question mes pulsions exterminatrices à l’encontre de tout ce qui pouvait ressembler à un pigeon dans les moindres recoins de l’univers. La dénomination de nuisible n’est plus à l’ordre du jour. Cependant, cet animal redoutablement prolifique, bruyant colonisateur des toits, monstrueusement diarrhéique, grand badigeonneur de nos monuments, échappant sournoisement à tous mes assauts automobiles, méritait sans conteste à mes yeux de pérenniser le vocable. Plus condamnables encore, certains éclairs de délire imaginant l’éradication conjointe de toutes les grand-mères nourrissant ces prédateurs me posaient encore plus question. Je ne demandais pas que s’abatte sur la ville un déluge de feu comparable à ceux qui ont rayé Dresde, Stalingrad ou certaines villes de la côte normande de la carte, ni de réduire en cendres des secteurs urbains entiers au point de les transformer en paysages apocalyptiques comparables à certains secteurs de Meuse au décours de la Grande Guerre. J’imaginais simplement des frappes chirurgicales volatilisant les balcons et les squares qui servent de lieux de ravitaillement habituels à ces trucs en plumes et de base avancées aux nourrices sénescentes favorisant leur multiplication exponentielle. Je reconnais que l’idée d’une infiltration des services d’aide à domicile aux personnes âgées visant à ajouter de la mort aux rats aux repas des vieux qui s’adonnaient à cette triste entreprise m’a même parfois traversé fugitivement l’esprit. De là à passer à l'acte, non!

La névrose décrite est familiale. Mon frère en est porteur à un degré tout aussi avancé. Chez moi, le traumatisme primaire remonte à l’adolescence. Grand adepte du roupillon devant et derrière l’Éternel, le fait qu’à cette époque, une colonie de pigeons se soit mise à nicher sous les tuiles de la mansarde pour me réveiller systématiquement aux aurores a déclenché les premiers symptômes. Pour mon frère, l’anamnèse se résume à une lente descente aux enfers. Des études de pharmacie, ça aide à la cristallisation d’une personnalité obsessionnelle ou phobique. Le fait d’avoir choisi d’effectuer son service militaire à Djibouti, ça n’arrange rien. Prendre un poste de pharmacien hospitalier en Alsace et sortir un temps avec une fille d’officier militaire, ça ouvre à grands battants la porte à cette pathologie. Son achat récent d’un vaste appartement au sommet d’un immeuble au cœur de la ville parlementaire fut le coup de pied dans la fourmilière. Les pigeons ont commencé à l’attaquer. Un investissement ruineux dans du matériel de la dernière guerre mondiale pour établir une ligne de défense du même acabit que la ligne Siegfried a renforcé si besoin était sa haine de l’animal. Barbelés, pointes acérés, ingénieux système électrique envoyant des décharges normalement utilisées pour les électrochocs ont fini par le mettre en bisbille avec le voisinage. Ce n’était pas tellement le coté gracieux des fortifications mais les coupures de courant régulières dans l’immeuble et quelques voisins de paliers foudroyés, envoyés aux urgences, qui en furent responsables.

A nos amis lecteurs qui imaginent qu’en avançant vers l’Est de la France, la Champagne franchie, l’usage de la langue allemande est vivement recommandée pour se faire comprendre par l’autochtone, je tiens à signaler que la géométrie bizarre en forme d’oie de la Meurthe et Moselle est due à une scission de l’ancien département de la Meurthe en deux autres départements, suite à l’annexion allemande de 70: le premier cité et la Moselle. Déjà qu’on se fait très mal voir en Moselle et en Alsace quand on leur signale qu’ils ont un léger accent allemand alors qu’ils n’ont jamais parlé que le Platt ou le patois alsacien, qui n’ont rien à voir avec l’Allemand mon cul, sachez que cela deviendrait une méconnaissance de l’histoire coupable que de croire que l’usage de cette langue est utile de par chez moi: dans mes terres, on n’a jamais parlé que le patois Lorrain qui a laissé chez certains d’entre nous un léger fond d’accent presqu’aussi mélodieux que celui des Vosgiens.

Pour en revenir au sujet, nous dirions plutôt chez nous «Un minimum d’ordre et de civisme sont nécessaires pour vivre harmonieusement en collectivité» alors qu’on a du dire à mon frère, suite à ces épisodes déplorables, un truc se rapprochant d’ «Ordnung muss sein ». Vous remarquerez l’ergonomie linguistique du parler de Goethe. Aucun article ou adjectif superflus. Un nom commun et deux verbes. Le müssen signalant le devoir absolu, contrairement au sollen qui ne représente qu’un devoir moral, pourrait d’ailleurs suffire.


Charlotte, le Faucon pèlerin (Falco peregrinus) femelle adulte,
basilique Notre-Dame de Lourdes, à Nancy , janvier 2006
Photo : Patrick Behr

Un fond historique différent engendre des pratiques distinctes. Dernièrement, des pigeons ont tenté l’annexion du chien assis de la mansarde. Oui, c’est ignoble, des Columbidae qui s’en prennent à un placide canidé. Par bonheur, voilà quelques années, plusieurs couples de faucons pèlerins étaient venus nicher dans le clocher de la Basilique Notre-Dame de Lourdes proche de la mansarde. Les rapaces eurent tôt fait de ravager la population "pigeonnesque" et de lui faire plier bagages. Mais on ne peut jamais bien longtemps compter sur ses alliés. Ceux-ci se sont envolés depuis plusieurs mois à la recherche d’autres perchoirs. En attendant l’arrivée des condors pour attaquer les grand-mères, la réplique devait être foudroyante! Pas de pot pour la Luftwaffe. La mansarde, en plus d’une chaîne haute fidélité munie d’enceintes Celestion Ditton de quatre mégatonnes, venait de se renforcer. Un système audio puissant et au son cristallin avec caisson de basse Altec Lansing, comme le précise la notice, venait d’être attaché au PC portable. Du lourd.

La basilique Notre-Dame de Lourdes - hiver 2008 - Photo personnelle
Un après-midi blitz à feu continu alimenté par des obus de la taille de ceux utilisés pour Grosse Bertha, anthologies d’Alice Coooper, MC5, Led Zeppelin et Nirvana, finit par avoir raison des velléités des nidificateurs. J’avais lu en plus quelque part que les étourneaux régulaient leur fertilité par le biais d’un feed-back acoustique. A partir d’un seuil sonore donné, dès que la population devenait trop importante, une contraception naturelle s’enclenchait. Je faisais de la sorte d’une pierre deux coups. Tant pis si mes spermatozoïdes ont également trinqué dans l’affaire. Pour mes nerfs, ce n’était pas terrible non plus. Afin de me détendre un peu, je suis allé faire un brin de causette au Centre des Nations avec un des vigiles tenant fermement en laisse un Doberman muselé. Pour les nerfs, me dit-il, la faculté a beau préconiser Mozart en boucle, moi, quand ma femme me casse les couilles, j’écoute du Bach. Ce fin mélomane, précisa derechef:

«Je te dis pas que Mozart c’est de la merde, mais moi, je chiale comme une gonzesse et mon chien hurle à la mort quand on écoute le largo ma non tanto de la suite n°3 en ré Majeur BMW 1060 de Jean Sébastien. Et après, ça va mieux. Même plus envie de lui coller une schlague. »

lundi 8 juin 2009

Lambda

Highslide JSFrance Culture propose depuis 1984 une émission dominicale à base de jeux radiophoniques littéraires, impertinents ou poétiques: Des papous dans la tête. Elle est actuellement animée, de 12h45 à 14h, par Françoise Treussard, seule après la mise à la retraite forcée de Bertrand Jérôme décédé en 2006. Le site de la station possède un secteur podcasts m’ayant permis de retrouver et de proposer l’ultime chronique de Jacques A.Bertrand, Les gens c’est rien que des sales types, consacrée, le 7 juin de cette année, au fameux individu lambda. Mon jogging automobile de cette fin de matinée où le soleil se cachait continument derrière des nuages menaçants, s’en est vue un instant égaillée.



Highslide JS

jeudi 4 juin 2009

Flash Memory



Je me suis attelé hier à la programmation en Flash d'une mouture personnelle du classique et célèbre "Memory". Les codes sources que j'avais glanés çà et là me semblaient bien trop brouillons ou hermétiques.

Le challenge: pondre un code spartiate et obtenir une compilation de poids minuscule. Mon application ne dépasse pas 10 ko. Pour y parvenir, je n'importe aucune image et utilise des caractères de la police "Webdings" comme substituts. Les seuls éléments alourdissant la programmation sont l'introduction du jeu, les lignes pour la réinitialisation et quelques fonctions visant à limiter la triche ou les plantages. Cliquer plusieurs fois sur la même image ou sur plus de deux cases en utilisant la "technique pivert", font partie de ces vilenies...

Le code source en Flash 8: Clic D ... Enregistrer la cible du lien sous... Le lien