samedi 2 mai 2009

Blade Runner


Énormément de choses ont été écrites sur ce film de fiction qui honore et dépasse le genre. A son propos, je n'évoquerai qu'une courte anecdote personnelle contemporaine de sa sortie en salle.


La veille, je venais de prendre un uppercut au foie en découvrant «Blade Runner» de Ridley Scott - 1982. La fouineuse de l’appartement du-dessous était montée ce soir faire l’inventaire des transformations récentes que nous avions entreprises. Cela changeait un peu de ses débarquements intempestifs courroucés quand nos enfants faisaient trop de bruit à son gré. Fort possible avec le recul ! Cette personne d’une trentaine d’années vivait en couple avec un scientifique de réputation internationale, plus âgé qu’elle. Je n’ai découvert que bien des années plus tard ses compétences en la matière. Courtois, fin psychologue et beaucoup plus discret que sa compagne, il tempérait régulièrement son snobisme de secrétaire aux gouts de parvenue. La chair est faible...


La conversation avait fini par bifurquer sur les dernières sorties cinéma: "Elle était allée voir hier, avec J., un film indien d’une rare beauté." Je n’ai rien contre le cinéma indien, loin de là, mais le titre qu’elle m’avait donné alors n’est resté que dans les annales des mate-ma-culture-et-mon-masochisme. Prudent, j’avais indiqué que je venais de voir un film intéressant qui risquait de faire date.


- Ah bon ? Quel en était le thème ?... Ah, oui, un film de soucoupes volantes…


Sourire fugace de commisération et nette sensation de suspicion de gout de chiottes en ce qui concernait mes valeurs cinéphiles. Sa remarque modéra mon récent enthousiasme qui ne serait peut-être qu’un feu de paille. L’histoire a jugé.


J’ai vu dans ce film, ma chère voisine, des choses que vous ne pouviez croire. Elles ne se sont pas perdues dans l’oubli, contrairement à votre prétention qui ne me revient que de façon fortuite en rédigeant ce billet.





"J'ai vu tant de choses que vous humains ne pourriez pas croire. J'ai vu de grands navires de guerre, en feu, surgissant de l'épaule d'Orion. J'ai vu des rayons fabuleux, des rayons C. briller dans l'ombre de la porte de Tannhauser. Tous ces moments se perdront dans l'oubli comme les larmes dans la pluie… Il est temps de mourir."


- Le "Chelsea Hotel" de New-York, peu avant sa restauration, a servi de cadre à plusieurs scènes du film pendant sa fermeture.

- Le titre du film est difficilement traduisible en français. "Commis faucheur", utilisé un temps dans le sous-titre du défilé texte du générique d'introduction, a été abandonné pour conserver l'expression anglaise originale.





Deux autres monuments dans le domaine des films d'anticipation

4 commentaires:

  1. Fox> Scott voulait travailler avec Bilal mais cela n'a pas pu se faire bien que les décors du film s'inspirent de certains de son œuvre. En plus, un scénario tiré d'un bon livre, ça aide au résultat.

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  2. D'ailleurs je suis encore un novice de K Dick : le film est une bonne adaptation du bouquin ?

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  3. Fox> roman et adaptation cinématographique l'éternel débat. Je ferai un billet sur le sujet concernant un film de Jeunet. J'ai lu le roman de Dick, il y a une bonne trentaine d'années. On dira que le thème principal est conservé dans le film, mais Scott ne répond pas à la question fondamentale du livre: "Est-ce que les androïdes rêvent de moutons électriques?" !!! bon, je rigole...
    A mes yeux, un cas de figure inhabituel où un film amplifie un roman. Pour citer un contre-exemple: "Les raisins de la colère". Mais s'attaquer à du Steinbeck, c'est une toute autre affaire, bien que le film de Ford soit un grand film.

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