mercredi 26 mars 2008

La Mangano


















Silvana Mangano naît le 23 avril 1930 à Rome. Sa mère est anglaise et son père Sicilien. D’un milieu très pauvre, elle découvre la danse à l’opéra. Pendant 7 ans, sa mère se prive pour lui payer des cours. Silvana devient ensuite mannequin à l'atelier Mascetti puis est élue “Miss Rome” à l'âge 17 ans. L’Italie d'après-guerre est friande de ces concours de beauté, viviers dans lesquels puise le cinéma national pour ses starlettes et jeunes premières: Gina Lollobrigida et Claudia Cardinale en sont deux autres exemples célèbres. Elle prend ensuite des cours de comédies et effectue quelques rôles de figurantes. C’est à cette époque qu’elle a une liaison amoureuse de courte durée avec Marcello Mastroianni. La consécration arrive quand Guiseppe De Santis l'engage en 1949 pour être la partenaire de Raf Vallone dans “Riz Amer”. La publicité en avait déjà faite une célébrité avant même la sortie du film. Les contrats affluent rapidement ensuite et elle signe avec la Lux-Films. Le 17 juillet 1949, elle épouse Dino De Laurentiis dont elle sera la femme jusqu’à sa mort le 16 décembre 1989 à Madrid. On oublie parfois la présence de la belle actrice alors plus âgée dans le chef d'œuvre de Visconti, "Mort à Venise": photo d'inclusion du texte.

Premier «sex-symbol» italien de l’après-guerre, les formes généreuses de l’actrice ont fait rêver la génération de nos grand-pères. Étrangement moins reconnue en France que les deux autres actrices citées plus-haut, quelques discussions avec des italiens de souche de cette génération m’ont confirmé qu’elle était pour eux en tête de liste de leurs fantasmes adolescents. Évocation savoureuse des scènes d'onanisme en salle du film «Cinéma Paradiso». Ma grand-mère paternelle a travaillé dans sa jeunesse dans les rizières de la vallée du Pô. Elle m'a souvent raconté la dureté du travail heureusement compensée par l'ambiance d'amitié chaleureuse régnant au sein des équipes de planteuses et les soirées festives la journée terminée.



video

Un extrait vidéo à la chorégraphie furieusement rétro



samedi 22 mars 2008

Signe des temps






Pour clore le reportage photographique du quartier, après l'évocation de la ronde des saisons, deux photos témoins du temps qui passe:
-La première montre mon ancienne école primaire, Jean Macé à Vandoeuvre-lès-Nancy: je passerai rapidement sur les récents travaux de peinture et d’isolation aux normes des fenêtres et portes du bâtiment pour signaler la disparition totale de la zone de démarcation entre l’école des garçons (partie gauche) et celle des filles (partie droite, logique implacable) anciennement matérialisée par un muret partageant la cour de récréation et des inscriptions murales signalant les secteurs respectifs.



-La seconde vous propose un bâtiment d’habitation à l’architecture étrange : l’ancien château d’eau de la commune de Vandoeuvre dont la population est passée en deux décennies de quelques milliers d’habitants à près de 45000 marquait dans mon enfance le début d’un secteur de friches au milieu duquel trônait encore pour quelques années une usine de noir de fumée, vestige des activités industrielles du XIX. Il a pris ce curieux mode de reconversion et jouxte désormais un vaste parc public superbement arboré et le Centre International de l’Eau de Nancy, NANCIE. L’écologie a triomphé de la pollution. Non loin cependant, une ZUP exubérante surgit au milieu des années soixante a transformé la jungle végétale où se déroulait beaucoup de nos jeux d’enfants en jungle urbaine.

Clic sur les images du billet pour les agrandir


mardi 11 mars 2008

Hugo, vous connaissez !



Portrait de Victor Hugo

Il y a quelques jours, je baillais aux corneilles rue des Maréchaux, à Nancy, quand mon regard s’est posé sur une plaque apposée à la façade d’un bâtiment indiquant qu’était né en ce lieu, en 1773, Léopold Hugo, futur capitaine de l’armée napoléonienne et père de notre célèbre écrivain national, Victor Hugo. L’homme fit ses études au Lycée Royal de la ville puis, au décours de campagnes militaires et d’affectations multiples, revint y vivre quelques années au cours desquelles naquirent ses deux premiers garçons. La légende veut que Victor, lui, fût conçu sur les hauteurs du Donon, un sommet des Vosges, avant de voir le jour plus prosaïquement à Besançon. L’écrivain prolixe à la personnalité hors du commun, auteur phare du Romantisme littéraire français, est devenu un classique des classiques avec la connotation un tantinet barbante qu’il est de bon ton d'attacher, avec une facilité coupable, à ce genre de monstres sacrés. La foule immense qui prit part au cortège de ses obsèques nationales rappelle cependant à quel point l’homme et l’écrivain de génie étaient adulés. Le «Totor» possédait ce don exceptionnel d’écrire comme il respirait et de vous torcher des textes au kilomètre dans un style époustouflant. Oui, bon, on va avoir droit à la référence à son archiconnu «Les Misérables». On connaît par cœur ! Je serais cependant curieux de savoir combien d’entre vous ont lu ce classique in extenso? Après avoir baillé aux corneilles, un mouvement cervical antagoniste m’amena à me replonger le nez dans l’ouvrage pour en recopier ici un court extrait qui démontre, si besoin était, à quel point le vieux barbon avait la plume facile.

" Il y avait un bac de pierre dans un coin, une ou deux statues moisies, quelques treillages décloués par le temps pourrissant sur le mur; du reste, plus d’allée ni de gazon; du chiendent partout. Le jardinage était parti et la nature était revenue. Les mauvaises herbes abondaient, aventure admirable pour un pauvre coin de terre. La fête des giroflées était splendide. Rien dans ce jardin ne contrariait l’effort sacré des choses vers la vie; la croissance vénérable était là chez-elle. Les arbres s’étaient baissés vers les ronces, les ronces étaient montées vers les arbres, la plante avait grimpé, la branche avait fléchi, ce qui rampe sur la terre avait été trouver ce qui s’épanouit dans l’air, ce qui flotte au vent s’était penché vers ce qui traîne dans la mousse; troncs, rameaux, feuilles, fibres, touffes, vrilles, sarments, épines s’étaient mêlés, traversé, mariés, confondus; la végétation dans son embrassement étroit et profond avait célébré et accompli là sous l’œil satisfait du créateur, en cet enclos de trois cents pieds carrés, le saint mystère de la fraternité, symbole de la fraternité humaine. Ce jardin n’était plus un jardin, c’était une broussaille colossale, c'est-à-dire ce qui est impénétrable comme une forêt, peuplé comme une ville, frissonnant comme un nid, sombre comme une cathédrale, odorant comme un bouquet, solitaire comme une tombe, vivant comme une foule."

Victor HUGO - Les Misérables - Le jardin de la rue Plumet.