mercredi 14 novembre 2007

Loreena Mc Kennitt, le Manitoba répond toujours.

Avis aux persifleurs oublieux qui affirment que les «maudits canadiens» nous balancent régulièrement par dessus l’Atlantique des armes vocales de destruction massive: chanteuse responsable du naufrage du Titanic ou stentor bodybuildé incriminé dans les lézardes de Notre Dame de Paris pour exemples. Il existe des contre-arguments à faire valoir. D’abord signaler qu’ils donnent copieusement dans l’anachronisme avec les causes des sinistres! Ensuite, qu’ils font une impasse drastique sur des ressortissants de la Belle Province et des environs qui firent ou font encore la nique à nombre de nos chanteurs locaux emphysémateux. Pour ne pas remonter trop loin et n’en citer que quelques uns, «le Robert Charlebois», «la Lynda Lemay» , «l’Alanis Morissette » et «le Léonard Cohen », c’est du cataclysme ambulant ça ? A signaler au passage, pour le dernier-cité, son splendide album en concert de Londres en 1979: Field Commander Cohen. Shania Twain, c’est dévastateur, d’accord, mais là, on parlera plutôt de bombe anatomique! Ce billet tient à faire le bref éloge d’une canadienne aux talents unanimement reconnus sur la planète: Loreena Mc Kennitt. Après une interruption de quelques années due à un drame sentimental, elle nous propose un album en 2006: An Ancient Muse. Cette magnifique interprète-auteur-compositrice accordéoniste et pianiste native de Morden près de Winnipeg, province du Manitoba, n’est pas irlandaise comme beaucoup l’imaginent. Il y va seulement d’une part de son ascendance : dans ses veines coule du sang parental irlandais et écossais. La méprise est probablement due au fait que son inspiration puise en grande partie dans la culture celte. Non contente de posséder la palette musicale robuste précitée, cet elfe roux a une exigence professionnelle redoutable. En quête perpétuelle de ces origines culturelles, elle parcoure les lieux inspirés pour se produire ou enregistrer. Sa recherche de l’excellence se niche aussi dans les textes qu’elle met en musique. Vieux poèmes anglais, textes de Shakespeare ou de William Butler Yeats. Excusez du peu. Tout ceci constitue un univers particulièrement envoutant. A preuve, le fin analyste, ami mien, qui me fit part de ses impressions à l’écoute de l'artiste en termes lapidaires bien arides de poétique. Le résumé donc frôle le syllabique: «Sûr, ça fout les poils!». Un peu court mon ami, mais effectivement très organique!
*

Pour les internautes curieux ou méconnaissant sa musique, je me suis fendu d’une page proposant une application Flash assortie d’un de mes poèmes favoris de Yeats mis en musique par la chanteuse: The Two Trees. Aux adolescents adulateurs forcenés de la saga du Seigneur des Anneaux qui nous proposent quelques vidéos sur des images de cette trilogie, on pourrait signaler que Loreena Mc Kennitt a travaillé sur la musique de Princesse Mononoké. Le truc que j’ai pondu tente de donner dans le registre celte médiéval onirique : du coup, quelques patches me sont revenus sur le menton !
*
*


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Commentaire de :