vendredi 9 mars 2007

La décennie prodigieuse suite et fin

8- Who’s Next – The Who – 1971

J’avais demandé cet album pour mon anni attisé par une critique dithyrambique dans Rock & Folk. Je n’ai pas regretté la commande. Le 33 tours a fini par souffrir du passage en boucle sur ma platine tourne-disque. Les petits gars de Londres avaient fait un excellent boulot. Un truc à redonner à Tommy ses cinq sens et à lui faire péter un tas de parties gratuites sur le flipper du quartier. J’ai mis l’extrait où Daltrey se refait la mise en pli avec le faux contact de son micro branché directement sur le secteur. C’était l’époque où Townsend après quelques moulinets, galipettes et doubles saltos à partir de son ampli finissait par achever sa guitare au sol en fin de concert avant que ses producteurs ne le calme en lui montrant l'addition. La période de l’escalade des outrances en spectacle était en marche. Keith Moon n’allait pas tarder à rejoindre Syd sur la face cachée of the moon.

9- Rock and Roll music to the World – Ten Years After – 1972

Ah le solo dantesque d’Alvin Lee à Woodstock sur « I’am Going Home »! La période de la guerre froide était celle de la course aux armements. Le groupe tourne encore de nos jours. Il est passé l’année dernière à Nancy et n’a rien perdu de sa virtuosité. Les amateurs de Rock et de Blues auront la larme à l’œil en revoyant la pochette de cet album abouti sans effets ou morceaux de bravoures superflus et clinquants. A écouter les jours où l’on n’a pas la pèche ou plus de café à la maison.

10- Transformer - Lou Reed - 1972

La petite frappe intello de la côte Est des Etats-Unis et sa voix nasillarde hante l'underground en compagnie de son velvet éponyme. Ses textes grinçants en plein Flowerpower font sécession. Les années commençaient à donner dans les tenues de scène androgynes ou échappées de la cage aux folles. Pour le coup, le minet sortait ses griffes mettant en scène quelques personnages marginaux de la grande cité newyorkaise. Il militait à l’époque pour la défonce du consommateur avant de se faire l’apôtre du blanchiment de pedigree. Certains disent punk avant l’heure : plus complexe que cela le personnage. Les textes de ses scénettes urbaines provocantes ou iconoclastes ont une bonne qualité d’écriture et ne manquent pas de pittoresque. Jack Lang qui l'a décoré de la Légion d'honneur trouvait que c'était un fort bel homme.

11- Yes – Close to the Edge – 1972

On aborde la tendance planante et l’exploration des capacités des synthétiseurs et autres Mélotron apportés par les électroacousticiens en pleine expérimentation technique. Yes sort un album novateur particulièrement inspiré qui nous plonge dans des ambiances aquatiques ou amazoniennes envoutantes. Je ne sais pas trop où les conduisait leur cabotage en lisière d’océan? Continuaient-ils à penser que la terre était plate et que les mers se jetaient dans l’abîme ? C’est bien connu, l’espèce humaine a des habitudes proches de celles des bovidés qui ont une fâcheuse tendance à vouloir tendre le cou au travers des barbelés pour brouter l’herbe qui se trouve de l’autre coté plutôt que celle du milieu du champ. Un album qui suivit porta d’ailleurs le titre : « Tales from topographic Oceans »

12- Harvest – Neil Young – 1972

Avec cet album du célèbre canadien au cœur d’or on aborde les genres folk-rock et country. Membre du non moins célèbre groupe Crosby Still Young and Nash à ses débuts, ce parolier guitariste prolixe ne reste pas cantonné aux styles évoqués. Avec son nouveau groupe « The Crazy Horse » il explore étrangement une forme de hard rock lancinant et copieux en décibels dans l’excellentissime « Weld » de 1991. Que ceux qui ne connaissent pas Harvest ou au moins un de ses titres laissent un commentaire sur le blog pour que je leur en colle une !

13- Ziggy Stardust - David Bowie - 1972

Miourf! J'allais oublier le bô Bowie, ses yeux vairons et son légendaire Ziggy Stardust tapinant au coin d'une rue obscure. Cet album, pour le coup, frôle le sans faute. Anecdote presse people: à l'époque il sortait avec une certaine Angie D. dont Jagger s'était entiché et pour laquelle il créa son fameux tube. On parle même d'un truc à trois où qui faisait quoi... cela ne nous regarde pas.
*
1 4- The Dark Side of the Moon – Pink Flyod – 1973

Je ne sais pas pourquoi bon nombre de francophones soutiennent que le nom du groupe peut se traduire par flamand rose. C'est en fait un amalgame de deux prénoms : ceux de Pink Anderson et de Floyd "Dipper Boy" Council que Syd Barret (le "lunatic" exilé du coté obscure de de la force de notre satellite) appréciait bigrement. J’ai choisi cet album qui inaugure une nouvelle mouture de concept albums. Les intégristes du groupe vont hurler devant ce choix d’album sans Barret pour cause de dérangement plus que temporaire. On va les laisser fulminer dans leur coin. Je garde un souvenir ému de leur concert nancéen de présentation de ce qui était leur nouvel album. Quinze minutes de sonagramme cardiaque avant le lever de rideau dans une ambiance enfumée aux senteurs d’herbiers exotiques suivies de coups de basse à faire sauter les rivets du hangar qui hébergeait le spectacle.

15- Natty Dread – Bob Marley – 1974

"Non, femme, pas de pleurs", opposé à, "Pas de femmes, pas de pleurs". La première traduction semble la bonne au grand damne des féministes chicaneuses. Le Bob n’est pas le seul à avoir fait du Reggae, mais c’est le plus connu et celui qui a commencé à imposer le genre. Cool (comme un concombre), Brother, et peace and love à jamais sur la Jamaïque oppressée par les tyrans. Pour Michel Blanc, le reggae c’est génial les trente premières minutes et chiant les trois heures qui suivent. L’album en question ne dépasse pas la durée limite.

6 commentaires:

  1. au même moment, la France pompidolienne dansait sur "Paroles, paroles" de Dalida en duo avec Alain Delon. Misèèère....

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  2. Proc> Ouaip et Annie Cordy faisait gondoler le pays des Lumières avec "T'as pas vu Monte-Carlo? - Non j'ai vu monter personne." et ça ne faisait pas rire les anglosaxons qui ont un humour vraiment à part...

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  3. Un lecteur mécontent13 mars 2007 à 14:36:00

    Et Deep Purple, c'est de la merde ?

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  4. lecteur mécontent> On m'a piqué le 33 t. "Deep Purple in Rock" dans une boum. Au fait, c'est pas toi ?

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  5. un lecteur mécontent13 mars 2007 à 17:43:00

    Non ce n'est pas moi ! De toutes façons je préfère mieux ma chinaide et je l'ai en cédé alors...

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  6. lecteur pas content> garde ta chinaide, moi j'aime encore plus mieux statue de squaw !

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