lundi 19 octobre 2009

Bang, bang ! Suite...

Highslide JS

La chanson vous ayant fait vaguement comprendre ce dont il était question dans son histoire-d’amour-qui-finit-mal, mon général, je passe directement à l’excipit. Attention, chers lecteurs, celui-ci n’est pas à mettre entre toutes les oreilles. L’alcool étant connu depuis l'antiquité comme un désinhibiteur redoutable, notre dépravé va déraper dans le classé X. La mise en garde bien comprise, vous pouvez continuer la lecture, bande de voyeurs.

- Bein oui, mon gars, elle est partie et t’es le seul à qui une histoire pareille est arrivée. Ce soir, vaudrait mieux pas qu’elle rapplique. Tomber sur un pochtron en vrac qui fait le show, ce serait le saccage final des lambeaux de souvenirs de ta belle idylle. Je m’adaptais, vous le constatez, avec une facilité dérisoire, tel le caméléon de commando, au style littéraire de ses propos.
- Toi, je te signale que t’as oublié de me faire le coup d’une de perdue dix de retrouvées !
- Oui, au fait, t’en a retrouvé combien depuis ?
- J’ai testé tout le panel de ce qui se fait de mieux pour oublier. La Ginette de Prisunic, ramassée à la sortie du Chat Blanc et son caniche qui vient me lécher les couilles pendant que je l’enfourche dans sa chambrette rose fuchsia, j’ai fait. La reine de la Mirabelle, pas sur la bouche à cause du maquillage, qui fouille mon manteau après un coït hygiénique pour voir si j’ai pas pris de photos avec mon iPhone, because carrière foutue avec Geneviève de Fontenay, j’ai fait. Le presque top model chargé à mort en coke qui vomit après sa biscotte de la semaine, j’ai fait. Un spécimen de la jeune génération étudiante qui ne peut plus prendre son pied qu’en se faisant sodomiser en coma éthylique, dans un confessionnal, tout en se branlant avec un crucifix, j’ai testé aussi. M’a même dit qu’elle me kiffait grave, l’éponge, pour te dire que je suis le coup du millénaire. La Chef de PME surbookée, vite fait, deux coups de lime à l’arrière de la Mercédès, la tête coincée sous l’appui-tête, la journaliste sadomaso avec mon masque en latex et la boule de ping-pong entre les dents, l’enseignante à lunette broutée sous le bureau à la cadence des coups de règle sur le dit bureau, et même, l’apothéose, la mère de famille nombreuse, reproductrice aux larges flancs, qui ne prend normalement son pied que dans les réunions de défense pour l’allaitement maternel en sortant un nibard en public pour donner la tétée au marmot et la polonaise aux nichons icebergs qui se signe après chaque gémissement.
- La foire aux bestiaux ! Quasiment l’album Panini au complet ! Te manque peut-être la pipe de la grande bourgeoise emperlousée, derrière le tas de foin, au fond de l’écurie pendant qu’elle se fait prendre par son étalon.
Ouf, premier sourire de la soirée !
- T’es peut-être passé un peu vite du romantisme intégriste à la débauche exponentielle, non ?
- Et c’est pour ça que je bois, hein ?
- Et c’est pour ça que tu trinques, Dorian Gray. Tu sais, il y a aussi l'a défonce aux bonbons Haribo pour monter encore d'un cran dans la décadence. Après le saccage à la Hun, la technique de la terre brulée armée russe époque napoléonienne, tu abordes, mine de rien, celle du cracheur de feu avec les alcools forts. Ça va finir par un suicide au cure-dent, ton affaire. Bon, t’évite de sortir ton cran d’arrêt, mais ta Juliette, elle s’est barrée à temps !
- C’est vrai, je faisais un peu dans l’outrance en fin de parcours.
- Tu m’étonnes, dans l’épouvante totale, oui !
- Et tu me conseillerais quoi pour mon salut?
- A part l’ermitage troglodyte, je vois pas trop. Mais pour l’heure, un roupillon, ce serait un bon début. Je te raccompagne.
- T’es pas pédé au moins?
- Non, ou je suis passé à coté d’une belle carrière. Et puis, tu sais, je crois qu’ils ont les mêmes problèmes et bien d’autres encore avec les débiles dans ton genre.
- Je disais ça au cas où t’aurais voulu me donner une image que j’ai pas pour mon album. J’ai plein de copains pédés qu’ont tenté le coup. Mais j’ai vraiment pas l’âme à ça.
- T’inquiète pas pour ton âme, j’abuserai pas de la situation. J’épouse le même concept que toi. On ne refait pas sa nature.

Le gars mélangeait allégrement sexualité et sentiments dans sa thérapie héroïque. Cela eut pu constituer "mon" conseil de la soirée, s’il avait été en état de le recevoir. Par chance, le pochard avait réservé une chambre à l’Hôtel de la Reine. Juste la place à traverser. Je confiai le fils de Bukowski aux bons soins du veilleur de nuit stoïque, mais pas au point de cacher totalement la pointe de mépris qui accompagnât son bonsoir.

Le lendemain matin, en sortant de chez moi pour prendre mon véhicule, je m’aperçus que je n’avais plus mes papiers de voiture, probablement laissés sur le comptoir du Café du Commerce. Un coup de fil confirma l’hypothèse. Une heure plus tard, le garçon de service me signala tout en me rendant mon portefeuille qu’une cliente m’avait laissé un mot sur une carte: « Pourrais-je vous rencontrer un soir de cette semaine dans l’établissement où vous avez eu la gentillesse de prendre en charge Alexandre et de tempérer ses diatribes publiques. Anne Rênal»

Sur la carte ses coordonnées. A suivre...

3 commentaires:

Macheprot a dit…

Eh! quand tu recopies mon mail faudrait pas te l'approprier!

Macheprot a dit…

tu testes certains univers Djian, voire Bukowski? J'aime bien et j'ai ri de cette évocation de fin de parcours autodestruction adolescente que prend parfois la passion amoureuse, même chez de supposés adultes.
Tu n'es pas le seul à qui l'alcoolique de service s'adresse invariablement. Malheureusement, le discours est rarement aussi drôle et cohérent.
Maintenant j'attends la fin et la découverte du versant féminin qui me semble poindre, en tout cas c'est ce que le narrateur à la première personne suggère. Mais l'auteur fait ce que bon lui semble, hein!

Pierre PSEUDO, alias The Webpupil a dit…

Mille excuses, c’est vrai que ça prêtait à confusion, mais t'aurais laissé un commentaire normal plutôt que de râler parce que tu n'arrivais pas à poster, et que mon blog déconnait. L’erreur est réparée, même si ton premier commentaire apparaît après le second!

J’avais déjà fait une bévue du genre sur un blog en usurpant par mégarde le pseudo de la personne à qui je souhaitais répondre. Premiers signes de sénescence avancée.

Merci pour ta lecture attentive. L’auteur ne fait pas toujours ce qui lui semble bon avec des personnages ingérables !