mardi 30 juin 2009

J'aurais voulu être un artiste

Highslide JS

Le fou du roi des temps anciens avait, en plus de celui de divertir la cour, le rôle de modérer le monarque, autorisé qu’il était à se moquer de tous ses travers.

De nos jours, à la télévision, les animateurs, Jolly Joker des temps modernes, sont d’anciens lycéens médiocres ayant souvent choisi par défaut cette filière professionnelle. Ceux-ci, côtoyant l’espace d’interviews des personnages d’exceptions, se croient probablement touchés par la grâce ou investis miraculeusement de leur aura alors qu’ils ne savent dissimuler le fait qu’ils les envient, jusqu’au jour où ils décident de les poignarder publiquement, par caprice.

Je tiens à remercier la principale chaîne cryptée de télévision française, contrairement à celle qui porte le numéro 1. Alors que certains voient dans son mode de retransmission une injustice pénalisant les plus pauvres, j’y vois au contraire une avancée libertaire: le con doit payer pour voir des bouffonneries dont il est la cible sans vraiment le comprendre.

Que cette fabrique à la chaîne de présentateurs et d’humoristes à l’adolescence tenace se la joue transgressive etHighslide JS provocatrice, c’est parfaitement son droit. Qu’elle se fantasme intellectuelle, frôle le délire. Tous ces braves gens vont s’emmerder ferme après avoir tout transgressé: pipi, caca, prout... Ma génération qui a vécu la course aux armements dans le domaine de la provocation, scénique en particulier avec ses groupes musicaux, a eu le plaisir de faire légèrement bouger le monde quelques années. L’emploi calqué de la technique, est devenu vain et sent désormais le réchauffé. Oui, il est urgent de rire de tout, mais après, il faut savoir affirmer quelques convictions. En fait de convictions ou d’idées novatrices, on nous ressert la recette du parvenu: se faire le maximum de blé sur le dos des cons maintenant qu’on est sensé n’en plus faire partie. Depuis que le monde est monde, l’arnaque est au pouvoir. Alors, tu parles d’une idée novatrice. Le cynisme est parfois salutaire, mais croire que c’est une philosophie de vie devient pathétique. Subtil d’écorner le pouvoir alors qu’on ne fait que lui emboîter le pas.

Les politiques entrent dans le jeu. Ils prennent des cours de showbiz et sont prêts à toutes les génuflexions pour se faire admettre dans ces caravansérails où l’on propose les attractions les plus disparates. On les voit suer sang et eau pour s’adapter à tous les numéros de clown qu’on leur demande d’exécuter pour ressortir avec un Zavatta d’or en main. Pour se faire aimer, imaginent-ils donc qu’il faut faire jeune et peuple? Erreur funeste, l’esclave attend de son maître, prestance, décorum, prestige, et autorité. Comment continuer à en imposer en voulant ressembler à tout prix à ceux qu’on dirige? Je ne tiens aucunement à faire l’apologie du chef mais à montrer à quel point ce paradoxe courre à sa perte.

Travailler plus pour rester con serait la solution pour s’en sortir. Réfléchir plus pour gagner un peu de liberté voilà quelque chose de bien plus inquiétant. M’est avis que c’est ce qui paralyse la gauche en ce moment, malgré l’abondance de bouffons dans sa distribution.

2 commentaires:

NOHAIN Jean a dit…

Personnellement, je n'ai jamais regardé autre chose que "Le petit conservatoire" à la tévé...

The Webpupil a dit…

Jean> déjà limite limite ce truc de zazous. Le grand Charles du cadre de la Mansarde opine du chef. Du coup, il est obligé de tenir son képi.