mercredi 24 septembre 2008

Le Kodak de grand-papa

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On m’a fourni des explications plus ou moins convaincantes sur cette impression étrange que le temps avance plus vite au fur et à mesure que les années passent. La datation de mes souvenirs m’amène désormais à jongler avec les décennies et parfois, quand je remonte à l’enfance, à user du demi-siècle. Le narcissisme fringant qui cherche à dénier mon vieillissement en prend alors un méchant coup derrière la casquette. Fort heureusement, on ne passe pas sa vie face à un miroir. Retrouver dans la boîte à chaussures d’anciennes photos, peut vous laisser croire le temps durant lequel les souvenirs se ravivent, que vos traits n’ont pas changé. Pour les paysages vierges de toute réalisation humaine, la datation devient hasardeuse ou approximative. Le noir et blanc augmente d'ailleurs la fourchette d'incertitude. En faisant abstraction de l'évolution de la qualité des supports et du matériel, on pourrait remonter jusqu'à l'invention de la photo, comme fourchette basse...

Ma folle entreprise de numérisation de négatifs familiaux m’en a fait retrouver quelques uns en noir et blanc sur support 6 x 9cm (argentiques dans la pleine acceptation du terme) datant de 1968: photos de vacances à Arcachon. La famille s’y rendait fréquemment. Mon inconscient en marche anticipait la publication de mes pensées profondes sur le phénomène de dissolution des repères temps: j’avais pris le Kodak à soufflet de grand-papa pour effectuer des films que je développerais et agrandirais moi-même dans le laboratoire salle de bain d’un copain de classe. Des photos de paysages quarantenaires m’ont donné l’illusion de provenir d’un passé plus éloigné. Certaines ressemblaient à celles affichées jadis dans les sous-verres au dessus des banquettes des voitures des chemins de fer qui proposaient aux voyageurs des vues de destinations potentielles. Mes photos pouvaient tout aussi bien dater de 1900... M'enfin, faut pas exagèrer tout de même, je figure sur l'une d'entre-elles!


NB: j'ai laissé apparaître quelques bordures montrant les distorsions périphériques habituelles des images dues à ce type de matériel.


Album Kodak Noir et Blanc (clic)

5 commentaires:

procrastin a dit…

mine de rien, le scannage de négatifs, et qui plus est de négatifs anciens (rayés, gondolés, mal exposés, peu tolérants aux écarts d'exposition), demande un sérieux coup de main ! D'ailleurs avoir pratiqué la photo argentique en labo (fusse-t-il de salle de bain) est un sérieux plus pour éviter de faire n'importe quoi. Bon courage !

The Webpupil - a dit…

Proc> Merci, du courage il m'en faut! Cela me prend un temps fou cette lubie soudaine. J'écris ce commentaire avec du scotch sur les paupières. J'étais tellement lucide hier soir que la publication de ce billet simplissime à l'origine m'a pris deux heures. J'ai même dû me plonger dans des modifications en mode HTML pour obtenir un affichage lisible! Aujourd'hui, je corrige les fautes de frappe. Mon entourage va sans doute m'amener chez le véto pour me faire piquer.

bigeard marcel a dit…

Allons, allons ressaisissez-vous mon garçon !

The Webpupil - a dit…

Chef oui Chef !> Quelques pompes, un bon café de campagne dans lequel on peut faire flotter une grenade offensive et rien n'y paraîtra plus! Demain je saute sur Dien Bien Phu pour exploser du citron.
Sans rigoler: j'ai constaté en parcourant mon arbre généalogique que le Génèral Bigeard était accroché à une des branches avec son parachute,coté maternel. Déjà que j'avais dans ma parentèle proche un officier ayant servi sous les ordres des généraux de Gaulle et Leclerc dans la deuxiéme DB. Cela peut expliquer quelques uns de mes troubles du comportement et en particulier ma bouffée hyperactive actuelle. Bigeard, vous avez dit Bigeard, comme c'est bizarre...

freud marcel a dit…

Je me disais aussi...